samedi 26 septembre 2015

Protection des abeilles

Plusieurs observances, en même temps qu’elles constatent l'attention que l'on accorde aux abeilles, ont pour but de les préserver des mauvaises influences. Au XVIIe siècle, bien des gens  ne voulaient pas acheter des mouches à miel, mais seulement les échanger, de crainte qu’elles ne profitent pas s'ils les achetaient. Cette croyance est encore très répandue, mais on peut les échanger contre un objet de même valeur.
En Haute-Normandie, on ne doit pas marchander la ruche.
A Guernesey, on la vend impunément si le prix est payé en or ; dans le Lauraguais, contre une quantité de blé ; lorsqu'on donne la cire gratuitement les essaims profitent mais si on la vend, cela leur porte malheur.
Il faut aussi se garder de compter les ruches ; dans les Landes, cet acte leur porte malheur ; dans l'Albret, il y fait venir le blaireau ; dans la Meuse, il suspend ou arrête le travail des abeilles.
Dans les Côtes-du-Nord, on tâche de disposer les ruches de façon à ce qu'on ne puisse facilement les dénombrer, et en Limousin, on en laisse toujours quelques-unes vides.

A la fin du XVIIIe siècle, on croyait dans quelques parties du Finistère comme de nos jours en Basse-Normandie, que si une ruche venait à être volée, les autres dépérissaient, et l'on négligeait dès lors de les entretenir ; en Basse-Bretagne, vers 1830 lorsque les abeilles avaient été volées, le propriétaire qui urinait, avant le lever du soleil, sur l'emplacement de la ruche reconnaissait le voleur ; les cheveux de celui-ci devenaient rouges. On est persuadé dans quelques parties des Vosges que les abeilles ne peuvent prospérer si le bois ou la paille de leur panier provient d'un vol.

L'usage de placer des talismans dans la demeure des avettes est courant en Haute-Bretagne : pour les empêcher de s'en aller, on met entre la pierre et la ruche un fragment de cierge béni ; un morceau d'acier ou de fer placé dessous préserve ses habitants du tonnerre.
Dans les Ardennes, l'essaim est déposé dans une ruche aspergée d'eau bénite. on a vu que les abeilles peuvent être fascinées ; il en est de même des vers à soie ; en Provence, la Mala-vista est contraire à leur réussite ; nombre de paysans du midi partagent cette croyance et ne consentent qu'avec la plus grande peine à laisser pénétrer des étrangers dans leurs magnaneries.

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