jeudi 1 août 2013

L'eau des grottes guérissante ou fatidique

Grotte de Saint Honorat
La Provence compte une vingtaine de grottes miraculeuses, et peut-être davantage. Les unes sont simplement révérées d'une façon générale, anonyme peut-on dire, tandis que d'autres étaient l'objet à certaines époques de l'année, de cérémonies religieuses. Le jour de l'Assomption, les fidèles venaient entendre la messe dans celle de Châteauneuf, près de Moustiers. Jusqu'à ces dernières années, on est allé processionnellement à la grotte de Notre-dame de l’Estérel où se trouve une curieuse particularité, qui avait dû exciter de bonne heure l'attention des habitants de la contrée. Elle est disposée de telle sorte que les eaux de la pluie y font une citerne naturelle ; une ouverture s'y trouve placée si heureusement qu'à un certain moment de l’année, un rayon de soleil vient éclairer les parties qui restent dans l'ombre pendant tout le reste du temps.

Ce pèlerinage, ainsi que plusieurs autres, est en relation avec l'eau qui se trouve dans l'intérieur des cavernes. La fontaine formée par les infiltrations dans la grotte de l’Estérel et qui passe pour inépuisable, guérit les maladies, prévient celles qu'on pourrait avoir, fait trouver aux jeunes filles un mari suivant leurs désirs, et rend les femmes fécondes !

L'eau d'une grotte du Chablais possède aussi de propriétés guérissantes. l'eau de pluie qui se conserve dans une cavité de la grotte de sainte Diétrine à Saint-Germain-des-Champs a la propriété de faire disparaître les dartres ; le malade peut envoyer un mandataire qui récite neuf Pater et neuf Ave en l'honneur de la sainte. S'il doit guérir, la pierre de la grotte sue à grosses gouttes ; si elle demeure sèche, tout remède est inutile.

Au XVIIe siècle, on attribuait des vertus miraculeuses à l'eau des bassins des grottes de Féternes en Savoie.

L'eau qui séjourne dans les cavités de la grotte de sassenage (Isère) passait autrefois comme celle de certaines fontaines, pour être prophétique : " on y voit, dit un voyageur du XVIIè siècle, deux creux ronds médiocrement profonds, que la nature a faits dans un rocher solide ; elles sont vuides pendant toute l'année ; mais le jour des Rois, l'eau y entre à travers le rocher, quoiqu'il n'y ait ni trou ni crevasse, et le lendemain il n'y paroit plus ; les habitants du voisinage connoisent à la quantité d'eau qu’elles reçoivent chaque année, si la récolte sera bonne ou mauvaise : l'une de ces cuves annonçant la fertilité du bled et l'autre celle des vignes : et une longue expérience fait voir qu'ils ne s'y trompent jamais"
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