mercredi 26 juin 2013

Le Grand Livre des Esprits de la Nature



Dans ce blog, j'ai déjà du vous parler des tisanières, des farfadets, des tiffenottes, et autres fées, lutins, farfadets, mais connaissez-vous les trottes-vieilles, les lumerottes, les fossegrim…? Non ?

Pour réparer cet oubli, je ne saurai vous conseiller alors de pénétrer au cœur du Grand Livre des Esprits de la Nature… Une œuvre qui vous entrainera au pays de ces créatures qui peuplent nos légendes et nos traditions. Richard Ely vous donne ainsi 1500 noms issus de ce monde magique entre conseils, poésie, croyances et curiosités… et joliment illustrés par la fée Frédérique Devos.

Égarez-vous, en espérant tout de même qu'au moment de la nuit de la Saint-Jean, vous ayez pris soin de cueillir la fougère censée produire une graine magique, pour posséder le don de l'invisibilité, vous permettre de toujours retrouver votre chemin… et écouter la nature vous entonner ses chants les plus beaux !



Mais pour en savoir un peu plus sur ce livre, Richard Ely a eu la gentillesse de répondre à nos questions. Entrez dans son jardin où s'entremêlent cris, rires et folies… 




 - Une première question très simple : Richard Ely, qui êtes-vous ?
Un banni de Féerie qui a été renvoyé de l’Autre Monde car il portait trop d’attention aux humains… Cet amour pour la race humaine m’a valu de perdre mon immortalité…
Plus sérieusement, je suis un passionné de folklore féerique, posant un regard d’ethnobotaniste sur ce qui lie plantes, hommes et légendes. Poète, également, lorsque je m’évade dans la Nature et sur papier…

- Avez-vous toujours été écrivain ?
Non, j’ai d‘abord du apprendre à lire et à écrire, donc cela n’a commencé que vers 7, 8 ans… Mais plus qu’écrire, c’est l’envie de décrire ou de raconter des histoires, d’en vivre surtout…

- Comment est apparue votre envie d'écrire ?
Il n’y a pas vraiment eu d’envie d’écrire. Communiquer par l’écrit m’est vraiment une chose naturelle que ce soit par un poème, une nouvelle, un conte ou un article rédactionnel. Je passe des heures et des heures à écrire…

- Et plus précisément ce livre "Le Grand Livre des Esprits de la Nature" ?
Là, le Grand Livre des Esprits de la Nature provient d’une question qui me taraudait depuis des années : l’origine des fées. D’où venaient-elles ? Et ces lutins, elfes, korrigans, lamina, farfadets… Ont-ils toujours existé ? La rencontre avec Frédérique Devos, fée de l’illustration, m’a permis de concrétiser ce projet de faire un livre, une sorte d’encyclopédie poétique et imagée du vrai monde des fées. Du coup, cela a pris trois belles années à se documenter, échanger avec des personnes du monde entier, recueillir toutes les infos possibles sur ce Petit Monde fantastique. Le résultat fut fabuleux : 1150 noms de fées et de lutins, un vrai tour du monde passant par l’Australie, la Chine, la Colombie… Avec, partout, cette petite mythologie merveilleuse, ces petits êtres grimaçants, ces belles déesses dansantes…

- D'où puisez-vous votre inspiration ? Quels sont les écrivains qui vous ont inspiré pour écrire sur les  fées, les lutins et toutes ces créatures ? Car votre livre me fait penser à Pierre Dubois, Claude Seignolle... de bien jolies références avec lesquelles je vous identifie de suite...
Pierre Dubois, je l’ai croisé il y a une quinzaine d’années dans mon village de l’étrange. Je balbutiais une envie d’écrire sur cet univers à l’époque. Il m’encouragea à continuer. J’ai gardé de très bonnes relations avec lui. C’est quelqu’un que j’admire beaucoup pour sa vision de la Féerie… Claude Seignolle, c’est un vrai exemple à suivre. Un homme de terrain, d’écoute, qui est a pu récolter beaucoup de choses et qui a écrit des livres fantastiques, que tout le monde devrait lire. Si Thomas Owen m’a donné le goût du fantastique, Claude Seignolle m’a ramené à mon enfance, à mes terres à travers ses livres et son parcours. Ces trois-là sont mes muses, en quelque sorte, ils m’ont chuchoté à l’oreille la bonne direction à suivre… Celle qui mène à l’Ailleurs, ce chemin où aiment à vagabonder nos âmes…

- Est-ce que vous avez du débusqué une sorcière ou une fée au fond des bois qui a bien voulu répondre à vos questions ?
Plusieurs ! Au fond des bois mais également des ruisseaux, au-delà des nuages et sur les plus hautes montagnes…

- Avez-vous visité des lieux ? Écouté de la musique particulière pour vous immerger dans l'ambiance ?
Non, pour ce livre-ci, aucune musique. Il a demandé beaucoup de concentration. Si une chose m’a inspiré, c’est la Nature : à côté des heures de travail derrière l’ordinateur, beaucoup de balades dans une nature silencieuse du bruit des hommes mais animée des chants, des cris, des petits bruits de pas, du bruissement des feuillages… Voilà la seule musique entendue tout au long du Grand Livre…

- Comment expliquer que ce monde féerique plaise encore à nos concitoyens ?
Je ne sais pas. Certains parlent d’une fuite… Ce serait dommage. Je pense au contraire plus à d’éternelles retrouvailles. Plonger en Féerie, c’est revenir au temps de nos enfances, ressentir toutes ces petites choses oubliées qui faisaient nos joies vers 2, 3 ans… L’émerveillement devant son image qui se déforme dans le reflet d’une casserole, le jeu du chat, l’odeur de la terre après la pluie ou la voix rassurante de cette grand-mère chérie…

- Quelle méthode de travail utilisez-vous ? Je suppose que vous avez eu un travail de documentation énorme pour rechercher tout ce qu'il y avait à dire sur ce monde féerique !
Pour ce livre, j’ai mis une année à me documenter, à rassembler un maximum de sources et à définir le plan de l’ouvrage. Ensuite, après avoir sélectionné les 100 créatures, vedettes de l’encyclopédie, je les ai travaillées les unes après les autres, explorant en profondeur essais, articles, témoignages à leur propos. Je me mettais alors à écrire la « fiche » en prenant un ton plus poétique, envolé, choisissant de raconter une histoire si celle-ci jaillissait, de m’attarder sur le paysage si c’est lui qui prenait le dessus dans ma rêverie d’alors. Une fois la page écrite, je passais à une autre créature. Ceci, avec le travail d’illustration de Frédérique mené de front, nous a pris deux années de plus.

- Combien de temps passez-vous en moyenne par jour pour l'écriture ?
Entre deux heures et six heures par jour, tous les jours, ceci compris lecture, documentation et écriture.

- Comment s'est passé le parcours de l'écriture à l'édition ?
Pour le livre, j’ai d’abord envoyé 23 dossiers à 23 éditeurs différents. Trois y ont été favorables. Une fois choisi de partie avec Guy Trédaniel, je me suis entouré d’autres talents pour la mise en page, la couverture… Nous avions envie de maîtriser toutes les étapes de création du livre.

- Comment avez-vous choisi votre illustratrice : Frédérique Devos ?
Ce sont les fées qui nous ont choisis. Frédérique avait envoyé un jour un dessin pour le blog Peuple-feerique.com que je tiens. J’avais remarqué son style et l’avais contacté. Première surprise : elle habitait à cinquante kilomètres de chez moi. Seconde surprise : elle vivait dans un univers féerique, un atelier rempli de lierre, de green men, de fées… Illustratrice professionnelle pour la jeunesse, elle avait à ce moment mis un terme à sa carrière. Fort heureusement, ce projet l’a convaincue de reprendre les pinceaux. Et avec le recul, personne d’autre n’aurait pu mieux développer cette image, l’atmosphère complètement réussi, naissant de l’alliance des mots et des images qu’elle a créées.


 - Avez-vous déjà eu des réactions à votre livre ? Quels sont ceux qui vous ont le plus touché ? Le plus énervé ?
Oui, beaucoup de réactions. Une chose qui m’a beaucoup plu, c’est que les lecteurs se sont mis à photographier le livre dans leur jardin, dans la forêt, près d’un cours d’eau… et à m’envoyer les photos que j’ai alors publiées sur la page facebook du livre. C’était une merveilleuse idée pour un livre sur les esprits de la nature de se retrouver au cœur de cette nature !
Le commentaire qui m’a le plus énervé ? Pour le moment, pas encore reçu… De toute façon le risque est bien plus grand de froisser les follets, fradets et farfadets qui entourent ce livre que de vraiment m’énerver !

- Que ressentez-vous après avoir terminé ce livre ?
Beaucoup de fatigue. Cela a été très difficile et ça l’est encore de me replonger dans mes autres projets.

- Quels sont vos projets pour l'avenir (un autre livre sur le monde féerique )?
Plusieurs livres jeunesse, pour les plus petits ; un livre illustré avec Pascal Izac, un illustrateur génial !, et la suite du Grand Livre des Esprits de la Nature que j’espère pour 2015.

- Quel est la créature de votre livre dont vous vous sentez plus proche ? Ou tout simplement amoureux ? Et celle qui vous a fait peur ? Ou vous a étonné ?
Je suis proche des créatures de mon pays, les marluzines, de ces saules-têtards qui se déplacent la nuit sur les chemins campagnards… Tout comme je crains les pépés crochets qui se tapissent au fond des puits pour vous agripper et vous noyer si par malheur vous vous penchez…

- Et vous ? Qu'aimez-vous lire ?
J’aime le fantastique de l’époque «collection Marabout» avec Owen, Jean Ray, Seignolle aussi… J’ai été nourri également de nombreuses bandes dessinées, avec des coups de cœur pour La Quête de l’Oiseau du Temps, Sambre, Le Retour à la Terre. Je lis également beaucoup d’essais, presque tous les livres de Jean-Marie Pelt que j’admire beaucoup. Parfois, je prends un livre au hasard chez moi et en lis une ou deux pages, juste comme ça, par amour des mots et m’arrête sur une phrase, petite clé qui m’ouvre alors à de longues escapades songeuses…

- Y a t-il une question que vous auriez aimé qu'on vous pose et que tout le monde oublie ?
Quel est mon arbre préféré ? Question à laquelle j’aurais répondu : je ne peux choisir entre le chêne ou le pommier…

Un grand merci à Richard Ely ! On lui souhaite de continuer à nous faire rêver au travers de ses livres merveilleux....

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Photos : Mélusine

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