vendredi 11 mai 2012

Télégraphie optique entre les châteaux


On raconte en plusieurs pays de France que des seigneurs ou des dames dont les châteaux étaient voisins avaient établis entre eux une sorte de télégraphie lumineuse. Ceux qui habitaient une haute tourelle dont on voit encore les ruines sur une colline de l'Auxois, montaient chaque soir à son sommet et ils élevaient une lumière qui était répétée au même moment sur trois ou quatre de ces châteaux forts, assez éloignés les uns des autres : Thil avec Mont-Saint-Jean et Montfort ; ces cousins se disaient ainsi bonsoir.
En Nivernais, des récits semblables s’attachent aux châteaux de Chandiou et d'Arzembouy.
Deux reines enfermées, l'une dans le château qui couronnait la butte de Nonette, l'autre à la tour de Montecelet (Puy-de-Dôme), se faisaient, la nuit, des signaux avec leurs lumières.

Sur le territoire de Pointre, au bois de Cronge, on dit qu'il y avait un château et qu'une sœur de la chasseresse du château de Moissey y habitait. Ces deux dames avaient établi entre leurs donjons pour correspondre, des signaux faits avec tel nombre de bougies qui avaient telle ou telle signification différente.
Deux frères qui demeuraient l'un au château de Saint-Ulrich, l'autre à celui de Girsberg à Ribeauvillé, séparés l'un de l'autre par un ravin, se servaient d'un autre moyen de correspondance. Chaque jour, au premier chant du coq, le seigneur de Saint-Ulrich envoyait une flèche dans le volet de la tour qu'habitait son frère, afin que le bruit le réveillât et l'avertît qu'il était temps de partir pour la chasse. Un matin, ce dernier, réveillé naturellement et étonné de ne pas entendre le signal habituel, entrouvrit le volet ; à ce moment, son frère qui venait d'ouvrir le sien, lui envoya la flèche destinée à l'avertir ; elle le tua.
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