mardi 13 novembre 2012

Le tour de l'arbre


Dans un bois de l'Ain, on voyait vers 1840, deux chênes qui avaient été plantés à 60 centimètres l'un de l'autre, puis, on les avait rapprochés à deux mètres du sol, fait une longue entaille dans l'écorce, lié et cimenté les deux tiges sur une longueur d'un mètre, laissant les deux têtes en liberté ; des visiteurs tournaient autour, passaient et repassaient sous la voûte formée par les deux tiges comme en faisait foi l'usure de l'écorce à l'intérieur.
En Périgord, pour se guérir des furoncles, il faut passer neuf fois sous une tige de ronce que le hasard aura plantée par les deux bouts :
à Guernesey, cette opération devait être faite neuf matins de suite et à jeun.

L'espèce de procession circulmaire autour de l'objet réputé puissant, fréquente auprès de mégalithes ou des gros blocs naturels, est moins souvent en relation avec les arbres :
En Basse-Bretagne, celui qui conjure les panaris, après avoir adressé au mal une formulette menaçante, fait faire trois fois au patient le tour d'un buisson d'épines, et il intime aussi par trois fois au panaris l'ordre de s'arrêter en ce lieu.
Ceux qui viennent parfois de très loin, au taillis du Buisson Saint-Sauveur (Seine Maritime) pour les chevaux malades, les font tourner trois fois autour du Buisson, mais en sens inverse du soleil.
Dans le département de Seine-et-Oise, on portait , il y a 150 ans, l'enfant atteint de hernie sous un chêne, et des femmes qui vivaient sans doute de ce petit métier dansaient autour de l'arbre en marmottant des oraisons tirées d'un manuel inconnu. Les enfants affligés de cette infirmité étaient aussi autrefois passés à travers un arbre.

2 commentaires:

  1. Votre blog est passionnant, rempli de magie et de légendes, merci pour cet enchantement si agréable :)

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