samedi 12 novembre 2011

Le Pin Huon de Tasmanie : 10.500 ans.

 
Un groupe d’arbres, des Pins Huon situés au nord-ouest de la Tasmanie 
a révélé un âge de 10.500 ans
Chacun des arbres du bosquet est un mâle
génétiquement identique à tous les autres, 
de sorte que ce bosquet peut être considéré 
comme formé d’un seul individu. 
Pas assez protégés, 
ces conifères restent très menacés par les compagnies minières qui les entourent.
A la naissance de cet arbre, vers 8500 avant JC,
la ville de Er Riha (Jéricho ) est une des premières villes au monde 
à voir progressivement le jour. 
L’homme se sédentarise.

La harpe féerique


La compagnie de fairies qui demeurait dans les recoins de Cader Idris avait coutume de faire le tour des maisonnettes dans cette partie de la région afin de tester les qualités de leurs occupants. Ceux qui leur réservaient un accueil mal embouché étaient assurés d'avoir le mauvais œil pour le restant de leur vie ; par contre, ceux qui se montraient généreux avec le petit peuple qui leur apparaissait sous un quelconque déguisement recevaient de sa part de substantielles faveurs.
Le vieux Morgan ap Rhys était un soir assis au coin de sa cheminée et il trompait sa solitude en fumant sa pipe et en buvant de la bière de Llangollen. L'alcool aidant, Morgan se sentait le cœur léger. Il se mit à chanter - enfin, il avait l'impression de chanter.
Sa voix, en effet, n'avait rien de mélodieux. Un barde qu'il avait insulté - c'est une chose bien risquée de heurter la susceptibilité des bardes du pays de Galles car ils ont souvent la langue fielleuse - avait comparé son chant au meuglement d'une vieille vache ou au jappement d'un chien aveugle au beau milieu d'une étable.
Son chant donnait pourtant à Morgan une très vive satisfaction, et ce soir-là en particulier, il était encore plus content de la mélodie harmonieuse qu'il réussissait à produire. La seule chose qui tempérait son plaisir était qu'il manquait de public. Juste au moment où il atteignait le point culminant de son oeuvre vocale, il entendit qu'on frappait à la porte. Enchanté à l'idée qu'il y avait quelqu'un pour l'écouter, Morgan se mit à chanter à tue-tête, mettant dans son chant toute la puissance dont il était capable. Selon son opinion personnelle, sa note extrême était un véritable petit chef-d'œuvre d'une exquise beauté, un ravissement pour tous.
Quand il eut presque terminé, il entendit à nouveau frapper. Il s'écria :
- Est-ce que la porte vous empêche d'entrer ? Allez, rentrez, qui que vous soyez.
Morgan, comme vous pouvez le constater, n'était guère porté sur la politesse. La porte s'ouvrit et trois voyageurs entrèrent, crottés par le voyage et paraissant épuisés.
En réalité, il s'agissait de fairies de Cader Idris déguisés ainsi afin de se rendre compte de la manière dont Morgan traitait les étrangers.
Mais lui ne se doutait pas le moins du monde qu'ils puissent être autres que leur apparence.
- Mon bon monsieur, dit l'un des voyageurs, nous sommes réellement épuisés, mais nous ne vous demanderons rien d'autre qu'un peu de nourriture que nous mettrons dans nos sacs avant de reprendre la route.
- Bon sang, dit Morgan, c'est tout ce que vous voulez ? Eh bien alors, regardez donc ! Là, il y a du pain et du fromage, et même un couteau. Prenez ce que vous voulez. Mangez votre content et remplissez vos sacs. Il ne sera dit nulle part que Morgan ap Rhys refuse le pain et le fromage aux étrangers qui se présentent sous son toit.
Les voyageurs se servirent donc tout seuls et Morgan, pour respecter les règles de l'hospitalité, poussa la chansonnette pendant qu'ils se sustentaient, sans oublier de s'humecter le gosier avec de la bière de Llangollen quand celui-ci devenait sec. Les voyageurs féeriques, après s'être rassasiés, se levèrent et dirent :
- Mon cher monsieur, nous vous remercions pour votre divertissement. Et puisque vous vous êtes montrés si généreux, nous allons vous témoigner de notre gratitude. Il est dans notre pouvoir de satisfaire l'un de vos vœux : dites-nous ce qui vous ferait plaisir.
- Eh bien, dit Morgan, j'ai toujours eu envie d'une harpe qui vibrerait sous mes doigts, même si j'en jouais mal ; une harpe qui jouerait des airs engageants, vous comprenez, je n'aime pas la musique mélancolique. Mais vous êtes sûrement en train de vous moquer de moi.
Ce n'était pas le cas : il avait à peine fini de parler que, à sa grande stupéfaction, là, juste devant lui, il découvrit une harpe splendide. Il regarda autour de lui ; ses invités avaient disparu.
- C'est la chose la plus incroyable que j'ai jamais vue, se dit Morgan. Ça devait être des fairies.
Il en était si abasourdi qu'il se sentit obligé de reprendre de la bière. Cela lui permit de se remettre de sa perplexité. Il décida alors d'essayer cet instrument qui était si mystérieusement apparu devant lui. Dès que ses doigts en effleurèrent les cordes, la harpe se mit à jouer un air endiablé. A ce moment, il entendit un bruit de pas. C'était sa femme qui rentrait en compagnie de quelques amis. A peine eurent-ils entendu les accords de la harpe qu'ils se mirent à danser, et aussi longtemps que les doigts de Morgan restèrent posés sur les cordes, ils marquèrent le pas comme des pantins désarticulés.
La nouvelle que Morgan était entré en possession d'une harpe dotée de pouvoirs mystérieux se répandit dans le pays comme une traînée de poudre. On venait de partout pour voir le musicien et son instrument. Et chaque fois qu'il en jouait, l'assistance se mettait irrésistiblement à danser et ne pouvait plus s'arrêter avant que Morgan ne le décide. Mêmes les boiteux se mettaient à cabrioler ; jusqu'à un unijambiste qui lui avait rendu visite et qui dansa aussi joyeusement que n'importe quel bipède.
Un jour, parmi la foule de curieux qui avaient fait le déplacement pour vérifier que les allégations qui circulaient à propos de cette harpe étaient vraies, Morgan reconnut le barde qui lui avait fait une si désobligeante remarque à propos de sa voix. Il décida de lui rendre la monnaie de sa pièce. Au lieu de s'arrêter comme d'habitude après quelques minutes de danse, il continua de jouer. Il joua et joua jusqu'à ce que les danseurs épuisés lui crièrent d'arrêter.
Mais Morgan trouvait cette scène tellement divertissante qu'il ne voulait plus s'arrêter. Il riait à gorge déployée, à en avoir mal aux côtes et des larmes ruisselaient le long de ses joues au spectacle que lui procuraient ses visiteurs, et plus spécialement le barde. Plus il jouait, plus la danse devenait folle. Les danseurs virevoltaient, tournoyaient, se cognant brutalement contre les meubles, quelques-uns bondissant si haut qu'ils en heurtaient le plafond à s'en faire éclater le crâne. Morgan ne cessa pas de jouer avant que le barde n'eut eu les jambes brisées et que les autres soient pratiquement disloqués. A ce moment là, sa vengeance fut complète. Il avait tellement mal aux côtes et aux mâchoires d'avoir ri qu'il retira ses doigts de dessus les cordes. Ce fut aussi la dernière occasion qu'il eut de décharger son dépit contre ses ennemis. Le lendemain matin, la harpe avait disparu et on ne la revit plus jamais.

Les fairies, fâché du mauvais usage qui avait été fait de leur cadeau, étaient venus le reprendre durant la nuit. Ceci est une mise en garde à tous ceux qui détournent de leur usage, les cadeaux que font les fairies.

***
CONTES FÉERIQUES DU PAYS DE GALLES
Welsh Fairy Stories © W. Jenkyn Thomas et publiés en 1907
Traduits par Jean Louis Laurin © 2003
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