mercredi 21 décembre 2011

La noyade des fées des bois Noirs



Dans l'Allier, comme ailleurs, les fées, jadis toutes puissantes, finirent par disparaitre, vaincues par l'ire des hommes et les armes de la religion. Ainsi fut-il à ferrières-sur-Sichon.
Jadis victimes d'une terrible épidémie, les habitants se persuadèrent que les fées n'étaient pas étrangères à ce désastre. Après avoir tenu conseil, ils décidèrent d’aller enfumer la grotte dans laquelle elles vivaient. Ils firent un grand feu de branches et d'herbes devant leur demeure, mais les fées eurent tôt fait de l'éteindre. En guise de représailles, elles, décidèrent de noyer la ville.
Elles édifièrent un grand barrage de rochers pour retenir les eaux du Sichon, dans l'intention de le mettre à bas lorsque le réservoir ainsi formé serait plein. Lorsque les habitants comprirent le terrible dessein des fées, ils adressèrent à Saint Vincent, leur protecteur, moult prières. C'était là leur dernier espoir.
Le saint répondit à leur souhait et détruisit le barrage, noyant les fées sous le reflux des eaux. Avant de périr, elles lancèrent un énorme rocher sur Ferrières, mais le saint le détourna et il alla s'échouer sur la montagne. C'est en hommage à leur sauveur et à ses prodiges que ce rocher fut nommé le "Roc de Saint-Vincent". Et c'est ainsi que les fées, qui avaient pourtant fait don aux hommes de précieux présents, finirent  noyées, victimes de leur ingratitude.
La grotte dans laquelle vivaient ces dernières fées, sur les bords du Sichon, dispose de concrétions calcaires aux formes étranges. On peut y voir dans un bloc allongé le corps d'une femme nue enveloppée dans un linceul. C'était, disait-on, celui d'une fée qui s'était changée en pierre afin d'échapper au magicien qui la poursuivait.

***
Tiré de "Sur la Trace des Fées" 
de Marie-Charlotte Delmas
Éditions Glénat

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