jeudi 15 septembre 2011

Le grillon porte-bonheur

Des noms comme : Cheval du bon Dieu (Loiret), Petit cheval du bon Dieu, en français dialectal, montrent le respect que l'on a pour cette bête du foyer. On dit en Béarn : Où il y a des grillons, Dieu habite.
Suivant une croyance assez répandue, les sorciers n'ont aucun pouvoir sur les personnes qui ont chez elles ces insectes de bon augure : dans la Loire, on dit qu'il ne peut y avoir dans un logis où réside un grillô ; en Anjou, si on l'entend chanter, c'est l'indice qu'il n'y en a pas dans la maison.
Cette idée semble en contradiction avec un passage de Richard "Guide aux eaux d'Aix", d'après lequel l'agriculteur qui devient riche tout d'un coup, passe pour avoir des grillets, c'est-à-dire pour avoir fait un pacte avec le diable .
Le chant du grillon présage le bonheur ou la richesse ; en Haute-Bretagne on lui dit, pour l'engager à venir se faire entendre :
Guersillon
Viens dans ma maison ;
Chante ta petite chanson,

Et répands ta bénédiction

En Berry et dans la Gironde, lorsqu'il chante, c'est signe qu'il y aura des louis d'or dans la maison.
On dit dans la Flandre française que si les boulangers ne font pas plus souvent banqueroute, c'est qu'ils ont toujours des crinchons autour d'eux.

Lorsque au contraire, le grillon se tait, c'est un présage de perte ou de malheur.
En haute-Bretagne et dans les Vosges, dans la Meuse, en Wallonie, il y aura bientôt un mort au logis.
Il s'intéresse, parfois d'une manière touchante, à ceux qui lui donnent l'hospitalité. Dans les Hautes-Vosges, si quelqu'un tombe malade dans la maison où il se plaît, il baisse la voix, on l'entend à peine ; le malade est-il en danger de mort, il se tait tout à fait ; meurt-il, il reste silencieux pendant six semaines en signe de deuil ; en Ille-et-Vilaine, il ne chante pas dans le logis où il y a un cadavre.
Dans les Côtes-du-Nord, s'il s'agit du chef de la famille, il est muet pendant six mois.

Dans la tradition chinoise, il est considéré comme un porte-bonheur que l’on garde sur soi, dans une petite boîte ou une cage en bois. Très apprécié des lettrés, il suscite l’inspiration poétique, ce qui explique qu’on trouve encore, dans certaines boutiques de calligraphie et de peinture, dans des petites boîtes de bambou tressé.  Les dames de la Cour Impériale gardaient même un grillon dans une cagette en or placée près de leur oreiller pour s’endormir.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...