samedi 10 septembre 2011

Dolmen de la pierre de la fée (Draguignan, Var)


La légende locale de la Péiro de la Fado :
Il était une fois une fée qui aimait à se déguiser en bergère. Ainsi travestie, elle s'en allait, sous les bosquets d'orangers et de grenadiers, et jouait de la mandoline. La fausse bergère, gràce à sa beauté et, peut-être, à quelque mélodie magique, parvint à inspirer une grande passion à un jeune génie du voisinage qui finit par lui demander sa main. La fée consentit à la lui accorder, s'il acceptait , de son côté, que le mariage fût célébré sur une table formée de trois pierres dont elle lui fit un portrait minutieux.
Le jeune homme reconnut dans la description de sa bien-aimée les pierres qui, depuis dix siècles avaient dévalé la montagne de Fréjus pour s'entasser au bas de la gorge voisine. Réunissant toutes ses forces physiques et surnaturelles, il parvint à dresser les deux premières pierres, mais fut incapable de déplacer la troisième. Accablé, il crut avoir perdu la main de la bergère. Mais la fée, à qui il n'était pas indifférent le prit de pitié.
La nuit suivante, elle s'approcha de la pierre récalcitrante et traça autour d'elle un cercle magique. Sur le champ, une immense flamme s'éleva et la lourde dalle fut transportée sur les deux autres. A l'aube, la bergère magicienne surveilla son amant pour partager sa joie au moment où il découvrait le prodige.
Mais le jeune homme comprit seulement qu'il était un bien modeste génie et qu'il était condamné à mourir parce qu'il aimait une fée plus habile que lui.
Il mourut donc, bientôt suivi par la fée folle de désespoir.

***
Ce superbe mégalithe dont la dalle de couverture avoisine les 20 tonnes est connu depuis fort longtemps ce qui lui a valu de nombreuses fouilles clandestines. Les premières études sérieuses remontent à la fin du XIXe siècle, début du XXe siècle : Doublier et Fournier en 1856, Barbe et 1858 et 1867, Mortillet en 1904, Audiffred et Coste en 1907, Cotte en 1924 et plus récemment Courtin en 1974.

Restauré en 1951 par les monuments historiques, la terre extraite lors ce ces travaux a été tamisée et du matériel archéologique a été récolté :
Une douzaine de perle en rondelles (callaïs et jadéïte), 2 perles en rondelle en calcaire amorphe blanchâtre, 9 perles vraisemblablement en lignite, 1 crache de cerf perforée à la racine, 2 perles en tonnelet en serpentine à perforation biconique et 3 opercules de "cyclostomas elegans" à perforation naturelle. Des restes humains fragmentaires révèlent la présence d'un sujet âgé.

Des fouilles de Léon Compagnon en 1844 (Cotte) ne subsistent qu'une pointe de flèche en silex, 2 boutons en os et une perle en plomb.

La datation proposée est le néolithique final / chalcolithique

Il est étonnant de voir ce mégalithe encore debout après toutes les agressions qu'il a subi, jusqu'à un dynamitage en 1975.

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