mardi 17 mai 2011

Les dames vertes


La Vologne


Le Saut-des-Cuves

Ne sont-ce pas aussi des fées les "Dames vertes" que l'on aperçoit, parfois, au fond de mystérieuses retraites dans les bois , le long des cours d'eau, comme celle dont parlent encore les gens de Martimpré, et qui se montrait à minuit sur le pont de la Vologne ?
Malheur au voyageur attardé qui venait à passer à pareille heure en ce lieu ! Il connaissait tôt la sueur d'angoisse. A peine avait-il mis le pied sur le pont, qu'une Dame Verte, toute verte, se dressait devant lui, l'entraînait au Saut-des-Cuves, et, le saisissant par les cheveux, le balançait au-dessus de la cascade. Quand le pauvre hère était devenu bien blême, avait bien tremblé, bien recommandé son âme à Dieu, elle courait le déposer à la place où elle l'avait pris, et disparaissait en déchirant le silence de la nuit par un long éclat de rire .


Le Pont-des-Fées
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Cette légende des "Dames Vertes" se situe donc sur un pont qui enjambe la Vologne (près de Gérardmer, et qui est appelé le Pont-des-Fées) et à un endroit du torrent qui est très connu sous le nom du Saut-des-Cuves.
Dans un article du "pays Lorrain" de 1929, René Barret fait conter un récit similaire au Père Thanase (le dernier sorcier de la Vôge) dont la ferme était près d'Eloyes et qui localise ces fées ainsi : " Elles habitent non loin d'ici le ravin profond qui longe dans la montagne le chemin qui conduit de la grande route d’Épinal aux Cuveaux". Mais on ne sait si cet auteur se fait réellement l'interprète d'une légende locale ou s'il s'agit seulement d'une adaptation délocalisée de celle de Gérardmer.
Il semblerait que ce qualificatif de "vertes" qui fait sans doute référence à la nature et à la végétation fasse appel au souvenir de la déesse-mère germanique "Herta" ou "Erda" (c'est-à-dire la terre), appelée Berthe en Allemagne et devenue "Verte" en langue romane, et qui aurait succédé à une certaine "Anna" ou "Dana" celtique. On mesure ainsi les transformations que les traditions séculaires font subir à certaines de leurs composantes, transformations auxquelles se livraient autrefois nos Dames Vertes, ces fées d'un genre particulier, et qui n'ont pourtant rien à voir - du moins pas encore - avec les sorcières qui leur succéderont au Moyen Age.


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Tiré du livre "Légendes lorraines de mémoire celte"
par Roger Wadier
aux Éditions Pierron

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Photos : Bernardfrog

4 commentaires:

  1. la Vologne garde pour moi une triste consonance. Je n'ai connu d'elle qu'une actualité terrible dont l'événement me semble-t-il n'a toujours pas trouvé
    d'aboutissement. Ta légende Mélusine n'est pas faite pour me rassurer. Merci de ton passage sur mon Theil nouveau. Je t'embrasse. Continue à nous faire rêver.

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  2. Comme toi, la Vologne reste un triste souvenir et je suppose que tous les lorrains l'ont mémoire, ce pour longtemps encore !!
    Sinon, j'adore ce coin de Gérardmer... je te rassure, je m'y rend fréquemment en été et tu vois? je suis toujours là ! la Dame verte ne m' a pas prise !! oui, mais moi, j'y vais le jour et pas à la nuit tombante...

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  3. Et oui Mélusine ... Certain lieu sont habité par une puissance "tellurique" telle que des êtres malfaisant issu de nos peurs ancestrales surgissent du néant pour nous happer dans leur monde de ténébreux ... A moins que se soit nous qui sommes consumé par notre propre noirceur ?
    Bien la bise !

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  4. Adultes et enfants ont toujours peur de l'obscurité et les êtres malfaisants en profitent ! Happer nos peurs pour s'en nourrir...
    Bisous Noémie, Martine et Olivier !

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