mercredi 27 octobre 2010

Les fées en bonne relation avec les hommes

Les Guernesiais rapportaient un épisode de la vie des fées : lorsqu'elles avaient quelque ouvrage à faire qui nécessitait l'emploi d'une charrette, ceux qu'elles favorisaient entendaient une voix qui la leur demandait, en promettant de la rendre en bon état, et même de la réparer si elle avait quelque chose à refaire. Elles avaient même une formule pour solliciter ce service ; après avoir prononcé le nom de celui à qui elles s'adressaient, elles disaient :

Prête mé ten quériot,
Pour que j'allons à Saint-Malo,
Querre des roques et des galots,
Rindelles, roulettes ou roulons,
S'il en manque, j'en mettrons.


La permission n'était jamais refusée, car elles rendaient tout en parfait état, et si durant le voyage nocturne, les parties en métal éprouvaient quelque avarie, on les retrouvait réparées le matin avec de l'argent pur.

Ces fées se plaisaient à rendre service aux hommes. Les vieilles gens du voisinage de l'Epée assurent que, jadis, si l'on portait le soir une écuellée de soupe au lait au Creux des Fées, si l'on y déposait un tricot que l'on voulait voir promptement achevé, en mettant de la laine et des aiguilles à tricoter, on retrouvait le lendemain l'écuelle vide et le tricot achevé à la perfection.
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