lundi 26 juillet 2010

PAUSE VACANCES


Après de longues années sans prendre de vacances,
nous partons enfin prendre un peu de repos !
Cela ne fera pas de mal et nous en avons bien besoin:
travaux dans la maison, jardin,
gros bobos de l'âme et du cœur et petits bobos de santé...
Il n'en fallait pas moins pour tenter de se ressourcer !!
Mille excuses à toutes celles et ceux qui ont écrit des commentaires
et dont nous n'avons pas pu répondre :
ce sera chose faite à la rentrée
Et si vous souhaitez toujours rester dans notre domaine,
surtout attendez nous
on revient vers la mi-août

BONNES VACANCES A VOUS TOUS
A BIENTÔT


Mécompte de fées

Il y avait une fois deux beaux enfants dont l'un se nommait Daphnis et l'autre Chloé, et qui ne savaient rien de la vie, parce qu'ils avaient reçu une éducation très cléricale.
Advint qu'ils se perdirent dans un bois, la veille de leurs noces, et se trouvèrent fort dépourvus, n'osant plus marcher à travers les ténèbres, de crainte de s'égarer plus encore. Et, comme la nuit était pleine de mystère, Daphnis et Chloé tremblaient ainsi que des innocents devant un juge d'instruction.
La lune se leva soudain et leur fit voir qu'ils étaient parvenus dans une clairière déserte ; mais bientôt arrivèrent, à la file, un loup pelé, un petit chafouin très laid, une fille rougeaude et moustachue, une splendide personne à l'air ensommeillé, un gros homme, une souillon, une femme vêtue d'une peau d'âne, etc., etc.
Lors, le gros homme s'avançant vers le couple :
- Ne craignez point, nous ne vous voulons que du bien. Vous allez entrer demain en mariage et vous ignorez la philosophie de l'existence ; nous allons vous l'enseigner. C'est votre bonne étoile qui vous égara en cette clairière. On vous a bourré la tête de rêvasseries ridiculement optimistes, on vous a persuadés de croire aux bonnes fées qui mènent à bien les projets des pauvres mortels ; tout ça, mes enfants, c'est de la blague, et vous devez prendre tout juste le contre-pied de ces fariboles.
Sachez d'abord qu'il n'est pas de bonnes fées ; les mauvaises les ont tuées depuis longtemps. Il n'y a plus de rois qui désirent des enfants ; au contraire moins ils en ont, plus ils sont heureux. Il n'y a pas d'autres talismans que les pinces-monseigneur pour ouvrir les portes, et vous auriez tort de compter sur la baguette qui découvre les trésors - , d'ailleurs, ils vous seraient sûrement réclamés par l'État. On ne change plus les princes en animaux ; tout ce qu'on peut faire, c'est transformer les bêtes en fonctionnaires.
Et voici mon histoire pour votre édification :

Histoire de l'ogre


"Je n'avais pas de bottes de sept lieues, pas même de bicyclette, mais seulement de gros souliers ; bien loin de dévorer les petits enfants, je recueillais les orphelins ; je donnais à manger aux voyageurs sans exiger de salaire. Ce petit gredin de Poucet m'est tombé sur les bras avec toute sa famille, il a fait bombance chez moi, lui et ses frères ont lutiné mes filles sans d'ailleurs que j'y visse grand mal (faut que les enfants s'amusent !). Puis, un laid matin, à mon réveil, plus personne !Ils avaient tous fui, m'emportant jusqu'à mes souliers. Et, par surcroît, ce vaurien de Poucet a débité des horreurs sur mon compte pour me faire fermer le mien chez les fournisseurs. Ne donnez jamais asile aux vagabonds"
L'ogre se tut ; le Loup parla à son tour :

Histoire du Loup


"Je me promenais dans un bois, affamé quand je vis venir le Petit Chaperon Rouge qui me dit :
- A cinq cents mètres d'ici demeure mère-grand, une méchante vieille qui me fait mille misères ; petit Loup, tu serais gentil comem un petit loup chéri d'aller lui tordre le cou. Elle est très grasse.
Comme un imbécile, j'étranglai la mégère ; pendant ce temps, le Petit Chaperon Rouge prévenait les gendarmes de m'arrêter comme anarchiste. j'ai fait vingt ans de Nouvelle, et la drôlesse a hérité les économies de sa grand-mère, qu'elle convoitait pour épouser un garçon coiffeur. N'essayez pas de venger les rancunes d'autrui."
Le Loup se tut ; la belle femme qui bâillait dit en s'étirant :

Histoire de la belle au Bois 


"Je dormais dans le château ; le prince vint me trouver ; je ne l'avais pas appelé pourtant. J'attendais l'Amour, et je me pris à aimer le premier qui se présentait en son nom. Las ! Au bout de peu de jours, le prince s'ennuya, se mit à bâiller ; il ne m'écoutait guère et me laissait entendre qu'il était las de moi ; enfin il s'endormit, je ne parvins pas à l'éveiller malgré mes caresses et, dans son sommeil injurieux, il rêvait d'autres femmes ! Alors j'ai fui et, encore que j'aie grande envie de dormir, je ne puis clore les paupières. Mon joli songe est fini et jamais plus je n'éviterai la Réalité qui me crève les yeux. Je suis punie pour avoir cru à l'Amour
La souillon se leva :

Histoire de Cendrillon 

 Illustration Jennie Harbour

 " Comme les peuples malheureux, j'ai eu des histoires, mais sans intérêt. Je me suis sacrifiée pour mes rosses de sœurs ; je leur ai amassé des dots ; elles m'ont battue.Alors je me suis amourachée d'un cordonnier qui, à son tour, m'a gourmée. Et mes enfants ont imité leur père. Car telle est la destinée des femmes, recevoir des coups et garder la maison en rêvant d'aventures qui n'arriveront jamais. Nulle marraine, fée ou non, ne m'a protégée, les souris ont rongé mes jupes et, en fait, de pantoufles de vair, je n'ai possédé que des savates. La vie de ménage, quelle duperie !"
Un seigneur à grande barbe s'écria :
Histoire de Barbe-Bleue
" M'a-t-on assez calomnié ! J'ai eu sept femmes ; les six premières m'ont planté là pour courir le monde avec des ténors. La septième, elle, s'est enfuie avec un contralto, après avoir soigneusement emballé les richesses de mon palais, aidée de ses deux frères et de sa sœur ; tandis que ces sacripants cambriolaient, Anne faisait le guet. Au cours de l'instance en divorce, on m'a chargé de tous les crimes, et la légende s'est accréditée. Jeune homme, méfiez-vous de votre femme ! Si j'avais tué les miennes, elles ne m'auraient ni ridiculisé ni volé, et je jouirais d'une réputation exellente."
Le petit chafouin s'avança lestement dans le cercle :

Histoire de Riquet à la Houppe


" Riquet à la Houppe, pour vous servir ! Vous vous plaignez de la calomnie ? Que dirai-je donc, moi ! J'avais de l'or, du cheveu, de l'esprit, et je me suis toqué d'une petite niaise, méchante comme une fouine. je la voyais douce, bonne, je me croyais aimé, quand elle ne convoitait que mes titres de rente. Une fois Madame Riquet, elle m'a ruiné, trompé, torturé, et j'ai dû la tuer parce que je ne pouvais plus vivre avec elle. Donc, ne vous imaginez pas que l'amour transforme tout ce qu'il touche."
Une jeune femme prit la parole :
Histoire de la Fille aux perles

" J'étais si bonne et si belle qu'une fée m'accorda de cracher des bijoux.Ma laide et méchante soeur reçut le plus enviable don de cracher des vipères et des crapauds, si bien que chacun s'efforçait de ne point se brouiller avec elle. Jalouse, elle me dénigra férocement, acharnée à jeter le discrédit sur ma marchandise :
- D'où venaient ces bijoux ? de quelque vol, sans doute ; et puis c'était du doublé, du strass, du toc.
De sorte que mon commerce périclita et que je dus quitter le pays. Ma soeur racheta la maison de joaillerie pour un  morceau de pain, épousa le premier commis, vécut heureuse. Pour réussir en ce vilain et bas monde, il faut être méchant."

Le Chat Botté expliqua comment, volé dans l'affaire des terrains de Carabasville, après avoir eu l'imprudence de servir de prête-nom à son maître, il lui avait encore fallu supporter toute la responsabilité du meurtre de l'Ogre.

Les quarante voleurs avaient si bien floué Ali, qu'il en était encore Baba.

Peau d'Âne traînait une vie misérable, lâchée par le fils du Roi qui regrettait de s'être mésallié avec elle.

L'Ogre résuma le situation :
- Mes petits, ne croyez pas aux contes de fées, et achetez plutôt des Manuel-Roret, cultivez votre jardin et jetez des pierres dasn celui d s autres ; volez, calomniez, vous serez heureux.
Le lendemain matin, ayant retrouvé le chemin de la maison paternelle, Daphnis et Chloé résolurent de ne pas se marier. D'ailleurs, ils n'avaient pas perdu leur temps pendant la fin de la nuit, et Chloé n'était plus qu'une demi-vierge.
Ce conte ne comporte pas de morale.

***
Willy
1859-1931

***
Et vous ? Qu'en pensez vous ? Êtes-vous certains que ces "stars" des contes de fées disent la vérité ? Ne croyez-vous pas plutôt que ce sont les méchantes fées, déguisées en ces personnages tant aimés qui viennent semer le trouble en vous ? Moi, Mélusine, je peux vous affirmer que les contes de fées existent ! Sinon, pourquoi serais-je là à vous les raconter ? J'aimerai apporter à nos descendances ces quelques bouts de rêve, parce que la vie est ainsi faite qu'on a besoin d'y croire et que ces illusions nous permettent d'affronter le quotidien...
Croire en ce monde où les héros sont comme anonymes, figures plus qu’êtres, où les distances et le temps varient, où toutes sortes de créatures peuvent se manifester, où tout, de la forêt à la clef, peut se révéler Fée.
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