jeudi 24 juin 2010

L'herbe qui égare

La croyance à l'herbe qui égare est très répandue : au XVIIe siècle elle s'appelait "l'herbe de fourvoiement".
Plusieurs plantes, que l'on redoute sans savoir quelle est au juste leur forme, font perdre le sens de la direction, ou font revenir sur leurs pas ceux qui ont posé le pied dessus.
Telles sont en Normandie "l'Egaire", en Saintonge "l'herbe maudite" appelée aussi "l'herbe des tournes";
"l'herbe à adirer" connue en Anjou, où l'on raconte plusieurs histoires qui constatent sa puissance, "l'herbe d'oubli" en Haute-Bretagne, en Lorraine, etc.
En Basse-Bretagne, l'herbe, ar Iotan, est habitée par un esprit qui fait perdre le chemin ; elle répand la nuit une lueur phosphorescente égale à celle des vers luisants, mais on peut faire cesser sa puissance en retournant son vêtement.
Dans le Léon, celui qui est monté sur l'herbe qui trouble la vue doit, pour retrouver sa route, changer ses sabots de côté.
En Franche-Comté, le dicton veut que l'on perde son chemin si on a marché sur du plantain.

On dit aussi en plusieurs pays que le pic peut rentrer dans son nid lorsque celui-ci est bouché, au moyen d'une certaine herbe dont on parlait au XIVe siècle 
Actuellement, l'herbe du pic communique une force surnaturelle à ceux qui s'en frottent les membres ; il faut pour se la procurer épier attentivement le vol et les allures d'un pivert, et, lorsqu'on le verra s'arrêter près d'une herbe à laquelle il frottera son bec, on pourra se flatter d'avoir rencontré ce précieux talisman.
Il se trouve aussi quelquefois dans le nid même de l'oiseau ; cette herbe est, dit-on, en toute saison et à toute heure, couverte d'une rosée abondante. Pour la cueillir ou pour l'arracher, il faut éviter de se servir d'un instrument de fer ; à son contact, elle perdrait toute sa vertu.
Dans le pays de Guérande, cette herbe a le don de changer tout en or.
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