mercredi 2 juin 2010

Les fées et les jeunes femmes changées en oiseaux

Le prince d'un conte breton auquel un magicien a confié le soin de sa volière, se pique le doigt en caressant un moineau, et ayant enlevé l'épingle qui était cachée sous ses plumes, il voit la fille du roi de Naples, métamorphosée ainsi que les autres oiseaux à l'aide de cet objet.
Le prince Charmant du joli conte littéraire de Mme d'Aulnoy est changé pour sept ans en oiseau bleu par la fée Soucio ; dans une version ardennaise qui n'en est guère qu'un abrégé, c'est sa marraine qui le métamorphose aisni pour qu'il puisse aller voir sa belle amoureuse.
L'oiseau qui figure dans une légende de Guernesey était vraisemblablement une fée, soumise comme plusieurs de ses congénères à revêtir à certains jours une forme animale : un meunier qui passait près de son bief entendant le bruit d'un superbe canard qui était empêtré, le tira de l'eau, le déposa dans son moulin et s'absenta quelques instants. Quand il revint, il fut bien surpris de voir à la place de l'oiseau, une belle dame richement vêtue, qui le remercia de son assistance, et lui dit que aussi longtemps qu'il garderait le secret de cette aventure, il trouverait toutes les fois qu'il en aurait besoin, une somme d 'argent déposée sur la roue de son moulin.

Plusieurs récits parlent d'oiseaux sauvages qui parfois sont des filles de magiciens ; leur plumage est une sorte de vêtement qui s'élargit ou s'apetisse, et qu'elles peuvent revêtir ou dépouiller à volonté ; mais si un homme parvient à le leur dérober, il acquiert sur elles un certain pouvoir.
Un jeune pâtre de l'île d'Ouessant qui gardait son troupeau sur le bord d'un étang, surpris de voir s'y reposer des cygnes blancs, d'où sortaient de belles jeunes filles nues, qui, après le bain, venaient reprendre leur peau et s'envolaient, raconta la chose à sa grand-mère ; elle lui dit que ce sont des filles-cygnes, et que celui qui parvient à s'emparer de leur vêtement, les force à le transporter dans leur beau palais retenu dans les nuages par quatre chaines d'or ;
Un autre conte de Basse-Bretagne présente des incidents analogues.
Trois jeunes dames d'un récit basque laissent sur la berge, avant d'entrer au bain, leur plumage de colombe. Les filles de Barbe-Bleue, personnage d'un conte assez fruste de l'Ille-et-Vilaine, arrivent sous forme de canes au bord d'un lac et redeviennent femmes pour s'ébattre dans l'eau.
Trois cigognes d'un conte lorrain se changent en trois belles filles et pendant qu'elles se baignent, leur peau reste sur le rivage ; celui qui la prend et s'en enveloppe peut devenir oiseau.

Dans une tradition picarde, il ne s'agit plus de femmes, mais de nains.
Une mare de Warloy était hantée à l'heure de minuit, par une foule de canards que plusieurs personnes avaient entendues pousser des can ! can ! qu'on aurait dit articulés par une voix humaine. Un paysan muni d'une grosse pierre, se cacha et vit des petits hommes qui tenaient tous une peau de canard à la main. Celui qui paraissait le chef fit un signe, et les lutins métamorphosés en canards se jetèrent à l'eau. L'homme lança sa pierre et atteignit l'un des volatiles ; après avoir ôté la peau qui le couvrait, le paysan reconnut un jeune homme enlevé quelques années auparavant par les gobelins. On l'ememna, mais il resta lutin, s'échappa avec sa peau et rejoignit les lutins ses camarades.

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