samedi 13 février 2010

BONNE SAINT VALENTIN

A vous tous... amoureux ou pas
Nous vous souhaitons une belle journée,
Remplie d 'amour, de tendresse, de bonheur

A tous nos ami/es aussi,
Nous tenons à vous dire tout simplement que nous vous aimons...
Vous savez tellement être là pour nous réconforter,
nous soutenir, nous aider
C'est là notre plus beau cadeau !

Amitié ou amour
Que de joies en ce 14 février

Aby et Mélusine

***
Création : Isis

Lui faire la cour, autrefois...

La Saint-Valentin est une occasion, par billets doux, fleurs, cartes postales ou menus présents, de déclarer son amour à l’élu(e) de son cœur !
Cette fête des amoureux n’existe que depuis une quarantaine d’années mais il y avait autrefois quantité d’autres façons d’exprimer la même idée…


Le rite des mais
Dans de nombreuses régions, ce n’était pas le 14 février mais le 1er mai qui était l’occasion pour les jeunes gens de déclarer leurs préférences. Les garçons plantaient cette nuit-là des mais, c’est-à-dire des branches, des fleurs ou de jeunes arbres fraîchement coupés devant la porte ou sur le toit des jeunes filles à marier.
Chaque feuillage avait un sens : en Champagne, le charme était louangeur, le boulin (bouleau) ou sapin (qui riment avec putain) beaucoup moins. En Bresse, où la tradition s’est maintenue jusqu’en 1914, on préférait accrocher des fleurs : les bleuets et les millefeuilles signifiaient l’amour, le gui du respect, le chèvrefeuille stigmatisait la fille volage et la luzerne la fille bête à manger du foin !
Si le message était tendre, le garçon dressait parfois un chemin de feuilles de la maison de sa belle à la sienne : une façon de déclarer son amour sans le dire. Dans le Berry enfin, on ajoutait aux branches des dentelles, des rubans et des bonbons pour l’aimée.

Les petits cadeaux
On le sait : les petits cadeaux entretiennent l’amitié, voire plus… De tout temps, offrir un présent à une jeune fille revenait à lui faire la cour.
Epingles ornées de perles, châles, rubans, mouchoirs… étaient de grands classiques. En Alsace, on achetait pendant les foires des cœurs en pain d’épices (à grignoter ensemble ou à conserver) ou bien on faisait peindre un petit tableau représentant un "bouquet d’amour" qui serait plus tard accroché bien en vue si tout cela aboutissait à un mariage. En Auvergne, on offrait à sa belle des sabots ferrés avec des pièces de monnaie (deux francs ou deux sous selon sa fortune).

Dans la Loire, les garçons, qui avaient toujours dans leurs poches du sucre (une denrée bien rare autrefois), l’offraient à l’aimée pour s’attirer ses bonnes grâces. En Ille-et-Vilaine, offrir une pomme dont on venait de croquer une bouchée équivalait à une déclaration.

Les petits gestes
Dans la rue, quelques petits signes permettaient à chacun de témoigner de son amour ou de l’indiquer aux autres. En Auvergne par exemple, les amoureux se tenaient par le petit doigt dans la rue. En Corse, le jeune homme jetait sur la robe de la jeune fille des fruits de bardane (petites boules piquantes qui s’accrochent au tissu) ; s’ils étaient aussitôt arrachés, le malheureux n’avait aucune chance ; si en revanche la belle les gardait un peu sur elle, l’espoir était permis. En Normandie, il était conseillé de porter le panier de la jeune fille lorsqu’elle revenait du marché : c’était perçu comme un geste tendre.

Enfin, en Franche-Comté, pour déclarer sa flamme, l’amoureux devait venir accompagné d’un violoniste jouer une aubade devant la maison de la jeune fille.

Les petits mots
Enfin, chaque région avait autrefois une expression locale pour traduire l’idée de fréquentation régulière. Pour indiquer qu’un garçon voit régulièrement une jeune fille et est admis comme son prétendant, on disait ainsi :
— qu’il "va avec" ou "s’est mis en promesse avec" (en Artois)
— qu’il est son "inclineux" ou qu’il "va en blonde" (dans le Berry)
— qu’il "court" (en Bresse)
— qu’il "blonde", qu’il "flogne" ou qu’il "commence" (en Champagne)
— qu’il "blonde" ou qu’il "courate" (en Franche-Comté)
— qu’il "fait l’amour" ou qu’il "fait de la cendre" (en Gascogne)
— qu’il "est son bon ami" ou qu’il "parle aveuc" (en Picardie)
— qu’il "cause avec" (à La Réunion)
— qu’il la "hante" ou qu’il est son "bonemi" (en Normandie)…

A vous maintenant d’exprimer la même idée avec les mots d’aujourd’hui !

***
Source : Marie-Odile Mergnac
auteur du livre "Amours et Mariages en France d'autrefois".

Les philtres d'amour

Demain 14 février, c'est la Saint-Valentin ! On aime. Mais comment savoir si l’amour est réciproque ? Comment s’en assurer alors que rien encore n’a été dit… Nos grands-mères avaient quelques secrets, qui semblent parfois bien difficiles à réaliser aujourd’hui…

Créer une "pomme d’amour"
Dans le Massif Central, on conseillait de fabriquer une pomme d’amour : 
"Il faut cueillir un vendredi, avant le lever du soleil, la plus belle pomme d’un verger.
Prendre ensuite deux petits papiers. Sur le premier, on doit écrire, avec son sang, son nom et son prénom, à la ligne suivante le nom et le prénom de la personne dont on veut être aimé. Il faut avoir trois de ses cheveux, on y joint trois des siens pour lier le petit billet.
Sur le second, on écrit, toujours avec son sang,  seulement le mot "scheva". On fend la pomme, on ôte les pépins ; à la place, on met les billets. Après quoi les deux moitiés de pomme doivent être reliées avec deux brochettes de myrte verte (symbole d’éternité).
Il faut faire sécher au four doucement pour que la pomme devienne dure, après quoi on l’enveloppe dans des feuilles de laurier et, sans qu’elle s’en aperçoive, on la met sous le chevet du lit de la personne." (R. Crozet)

Utiliser du sang
Dans les campagnes de la Drôme, les vieilles femmes des montagnes savaient, disait-on, fabriquer des philtres d’amour avec du sang de coq ou de mouton noir. La jeune fille pouvait aussi faire boire au garçon recherché quelques gouttes de son sang dans du vin, du gâteau ou du café : une mixture radicale, affirmait la tradition populaire, pour provoquer un attachement éternel.
La même recette existait dans le Languedoc ou en Gironde, où cette pratique était encore courante vers 1900.
Dans le Berry, c’était l’inverse : c’était le sang de la personne dont on voulait se faire aimer qu’il fallait parvenir à boire !

Recettes diverses
En Auvergne, on conseillait au XVIIIe siècle, aux jeunes gens soucieux de séduire, de prendre de la moelle dans le pied gauche d’un loup et d’en faire une pommade à faire respirer à la jeune fille souhaitée. Chaque respiration augmenterait son amour !
En Limousin, au cours des bals, le danseur pouvait placer dans le sabot de sa cavalière et à son insu (ou la cavalière dans le sabot du cavalier) une tige de l’herbe dite du Saint-Sacrement : les deux jeunes gens ne pourraient dès lors plus se quitter.

Autres solutions : saupoudrer l’épaule du veston du jeune homme aimé, sans qu’il s’en aperçoive, d’une pincée de "poudre de chauve-souris" (cendres d’une chauve-souris incinérée par les bons soins d’une "sorcière" de village) ; ou bien cueillir une feuille de lierre sans la regarder, la placer sur le cœur du garçon quelques instants, puis la rapporter chez soi et la glisser sous son oreiller...

On pouvait aussi écrire sur un petit papier "Aumus Porte aunnus bretingué", l’entourer de beurre et le faire avaler quand le soleil est couché à l’aimé(e)... mais sans qu’il soit découvert et recraché, c’est là toute la difficulté !
Dans le Berry, c’est plus simple : la jeune fille doit simplement faire manger au garçon un morceau de galette dans laquelle elle a mis du fil, symbole du lien qui va désormais les attacher. Encore plus simple : dans les Pyrénées, le garçon doit inscrire le prénom de la demoiselle sur trois feuilles de laurier et parvenir à les glisser en secret sous son oreiller.

La recette du Petit Albert
Le Petit Albert était un livre de sorcellerie que l’on utilisait parfois dans les campagnes autrefois.
Pour se faire aimer d’une personne précise, il donnait aux jeunes gens les conseils suivants :
"Vivez chastement, au moins pendant cinq ou six jours, et le septième, qui sera le vendredi, si faire se peut, mangez et buvez des aliments de nature chaude, qui vous excitent à l’amour, et quand vous vous sentirez dans cet état, tâchez d’avoir une conversation familière avec l’objet de votre passion et faites en sorte qu’elle puisse vous regarder fixement, vous et elle, seulement l’espace d’un Ave Maria ; car les rayons visuels, se rencontrant mutuellement, seront de si puissants véhicules de l’amour, qu’ils pénétreront jusqu’au cœur, et la plus grande fierté et la plus grande insensibilité ne pourront leur résister.
Il est assez difficile de convaincre une jeune fille qui a de la pudeur de regarder fixement un jeune homme durant quelque espace de temps, mais on la pourra obliger à cela, en lui disant, en badinant, qu’on a appris un secret à deviner par les yeux, si l’on doit être bientôt mariée, ou si l’on vivra longtemps, si l’on sera heureuse dans son mariage, ou quelque chose autre semblable qui flatte la curiosité de la personne, et qui la fasse résoudre à regarder fixement".

Le filtre d'amour de Tristant et Yseult

S’il est bien un breuvage qui assure l’amour à tout coup, c’est bien le philtre d’amour qu’avait préparé la mère d’Yseult en prévision du mariage de sa fille avec le roi Marc de Cornouailles. La tragique histoire de Tristan et d’Yseult, qui l’avaient bu par erreur avant les noces, en a assis la réputation d’efficacité par-delà les siècles !
Bien sûr, ce n’est qu’une légende. Mais cela n’a pas empêché des générations d’amoureux désespérés, de charlatans ou de grands-mères désireuses d’aider un malheureux éconduit d’en chercher la recette miracle…

Rassurez-vous : on trouve quand même l’amour sans être obligé d’en passer par toutes ces recettes !
***
Texte : Marie-Odile Mergnac
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