mardi 19 janvier 2010

Le squonk


Le squonk vit au nord de la Pennsylvanie. C'est une créature très laide, consciente de son physique. A cause de sa peau plissée, recouverte de verrues et autres marques peu ragoûtantes, il se cache afin de ne pas être aperçu, et passe son temps à pleurer douloureusement sur sa propre laideur. Les chasseurs ayant essayé d’attraper des squonks se sont bien vite aperçus que cette créature était capable de s’échapper par une dissolution complète impliquant une transformation en une mare de larmes et de bulles quand il devenait captif.
On raconte qu’un certain J.P Wentling aurait réussi à en amadouer un et à le mettre dans un sac. Il le ramena chez lui,  mais le trouva bien léger. En l’inspectant, il vit que le sac n’était plus rempli que d’un liquide, seul vestige de la mélancolique créature.
La légende du squonk tient son origine probablement à la fin du XIXe siècle, lors de l'industrie du bois.

Le nom scientifique du squonk est 'Lacrimacorpus dissolvens' (corpus, signifiant corps, lacrima, larmes, dissolvens, qui se dissout)"

L'image de cette pochette de disque dévoile un squonk pensif parmi les arbres. Elle a déjà inspiré Donald Fagen et Walter Becker de Steely Dan pour une chanson de Pretzel Logic (1974) mais aussi deux années plus tard Phil Collins pour une plage de A Trick the Trail dont

voici la traduction de leur texte :

Squonk (Squonk)

Tel père, tel fils
Ni chair, ni poisson, ni os
Un lambeau rouge pend d'une bouche béante.
Vivant aux deux extrémités mais un peu mort au milieu,
En un tourbillon et une virevolte il s'enfuira.
Tous les chevaux du Roi, et tous les hommes du Roi
Ne pourront jamais faire sourire ce visage.

C'est un rusé, c'est un timide
Ne le serais-tu pas toi aussi
Effrayé d'être livré à toi-même
Il n'a pas, il n'a pas d'ami pour jouer avec lui, le Vilain Petit Canard
La pression augmente, la bulle va éclater devant nos yeux.
Pendant ce temps, parfaitement synchrone
Ses larmes tombent sur le sol
Mais si tu ne te relèves pas, tu n'auras aucune chance.

Avance un peu plus vite maintenant, il se pourrait que tu l'attrape à temps.

Miroir, mon beau miroir,
Son cœur était brisé bien avant qu'il ne vienne à toi.
Cesse de pleurer,
Le sillage qu'ils ont laissé est très visible pour tout ceux qui voient la nuit
Pour tout ceux qui voient la nuit.

En pleine saison, hors saison
Qu'importe lorsque tu ne connais pas la raison.
Avec du pain dans une main, dans l'autre une pierre
Le chasseur pénètre dans la forêt.
Tous ne sont pas chasseurs qui peut souffler dans le cor de chasse
En jetant un coup d'œil sur celui-ci tu n'as pas grand-chose à craindre.

Je suis là, je suis très féroce et effrayant
Je viens confronter mon savoir au tien.
Maintenant écoute moi ici, écoute moi, ne t'enfuis pas
Je suis un ami, je voudrais vraiment jouer avec toi
Mon ami à fourrure poussera des couinements
Je lui jouerai un tour, ensuite je le flanquerai dans mon sac
Tu ferais mieux de faire attention... Tu ferais mieux de faire attention.

Je t'ai eu, je t'ai eu, jamais tu ne t'enfuiras.

Je rentrai chez moi cette nuit-là,
Avec mon sac sur le dos, le bruit de sanglots sur mon épaule.
Quand soudain il cessa,
J'ouvris le sac, et tout ce que j'avais
C'était une mare de bulles et de larmes ? Juste une mare de larmes.

Finalement tu es une espèce très menacée
Qui place sa confiance dans un monde cruel.
Tu n'as jamais eu les choses que tu pensais devoir obtenir
Et tu ne les auras pas maintenant,
Et pendant tout ce temps, parfaitement synchrone
Tes larmes tombent sur le sol


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...