jeudi 17 juin 2010

Les bêtes reconnaisssantes - 1

Les contes sont en général bienveillants pour les animaux sauvages qui savent reconnaitre les services, même minimes, que les hommes leur ont rendus. 
Les uns remettent au passant, qui a fait un partage équitable entre eux et d'autres bêtes, des talismans qui consistent parfois en des fragments de leur personne, grâce auxquels celui qui les possède peut prendre la forme de l'animal qui les lui a donnés ; d'autres aident celui qui, lors d'une famine, leur a fourni de la nourriture. 
Les bêtes témoignent aussi leur gratitude à ceux qui les ont tirées d'embarras : un renard vient au secours d'un prince qui l'a délivré d'un piège, toutes les fois que celui-ci prononce une formule ; il en est de même du loup blanc d'un conte alsacien qu'un prince a débarrassé d'un serpent ; le loup, le singe et le lion tirés d'une fosse par un homme, le protègent contre un voleur qu'il avait délivré en même temps qu'eux.
La reine des souris fait des dons à la jeune fille qui l'a réchauffée mourante, et elle accourt chaque fois qu'elle est appelée.
En Basse-Bretagne, un renard, des lièvres secourent l'héroïne : en Haute-Bretagne, un lièvre joue le même rôle que le renard-âme des contes où le héros a donné la sépulture à un pauvre ; dans un autre récit du même pays, qui se rattache à ce type, le renard secourable est une fée déguisée.
Parfois le secours donné n'a pas été précédé d'un service : dans des récits de Basse-Bretagne un lion, un lièvre, viennent en aide à un personnage embarrassé ; une biche allaite des enfants. Cet épisode figure aussi dans une légende chrétienne du même pays ; maintenant encore on étend, la veille du pardon, de la paille sous le porche de la chapelle des Sept Saints, pour que la biche qui allaita ces sept frères puisse venir y dormir.

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