jeudi 10 décembre 2009

Légende de St Genest (suite)


La légende de saint Genest se lie enfin étroitement à un épisode du règne de Dioclétien. Genest était comédien. Il représentait un jour devant l'empereur les mystères des chrétiens. D'après son rôle, il était catéchumène et devait recevoir un dérisoire baptême. Il s'était déjà agenouillé avec force contorsions, et se préparait, au milieu des rires des spectateurs, à la cérémonie de l'ondoiement : lorsque tout à coup il se lève, repousse violemment l'autre acteur, se tourne vers l'empereur et lui adresse les plus vifs reproches sur sa cruauté envers les chrétiens.
Les assistants crurent d'abord à une scène arrangée pour produire plus d'effet, mais ils furent bien vite désabusés quand Genest lança sur les marches du trône la coupe qui contenait l'eau, en s'écriant : "Je suis chrétien". Il fut arrêté et conduit en prison. Le préfet Plautien chercha par tous les moyens, même par la torture, à le faire renoncer à la nouvelle religion. Genest resta inébranlable. Il racontait à ses bourreaux que sur le théâtre il avait vu un ange qui tenait d'une main une feuille toute noire d'écriture, et de l'autre une palme verdoyante ; l'ange appliqua la palme contre la feuille et celle-ci devint aussi blanche que la neige ; et il ajoutait : "La page souillée, c'est ma vie passée, ce sont mes désordres que je veux effacer".

Genest fut mis à mort quelque temps après. Comment ce fait historique très peu connu, si ce n'est à Novéant, a-t-il pu produire la légende ? C'est ce qu'il serait probablement impossible d'expliquer aujourd'hui. Une petite église, d'un fort beau style du treizième siècle, et sur le portail de laquelle s'étalait fièrement la croix de Lorraine, s'élevait à côté du château et fut démolie au début du XIXe siècle. On lit dans le Pouillé du diocèse de Metz que le patronage de cette église appartenait à l'abbaye de Gorze dès la moitié du VIIIe siècle, et que "ce fut le roi Pépin qui le lui donna le jour qu'elle fit faire la dédicace de son église à laquelle ce prince était présent. Il ne se contenta pas de lui donner ce droit honorifique, mais, à l'exemple des seigneurs qui assistaient à cette cérémonie et qui firent de grandes largesses à cette abbaye, il lui donna la ville de Novian avec toutes ses dépendances". La charte de cette donation est du mois de juin 762.
Par ailleurs, on lit qu' "Adalbéron, évêque de Metz, nous apprend dans une charte de l'an 933 qu'il y avait deux églises dans la ville de Novian, une en l'honneur de saint Martin et l'autre en l'honneur de saint Genest ; que l'abbaye de Gorze en était en possession, ainsi que de la ville de Novian. Cette bulle fut expédiée pour confirmer ce droit et celui qu'elle avait sur plusieurs autres églises. Adrien IV en donna aussi une pour confirmer ce même privilège l'an 1136. Bouchard, évêque de Metz, unit à cette abbaye de nouveau l'église paroissiale de Novian, avec tout ce qui en dépendait, pour servir à la pitance des frères et pour en jouir à perpétuité, à la charge de présenter à l'archidiacre et à l'évêque, le vicaire qu'ils mettront à leur place pour avoir soin des âmes. Cette réunion fut confirmée par Louis Jeandelaincourt, archidiacre. Gérard, évêque de Metz, la confirma par une charte datée du 21 novembre 1299, enjoignant à l'abbaye et aux religieux de donner de quoi vivre honnêtement au vicaire qu'ils mettraient pour desservir en leur place".

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Photo de l'église St Genest de Novéant
par Jacky, le 27-10-06

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