mardi 27 octobre 2009

Joyeuse Halloween !

Mi fée, mi sorcière, notre association "Aby-Mélusine"
ne peut s'empêcher de venir vous souhaiter
une JOYEUSE HALLOWEEN,
et plus particulièrement

un moment de rencontre agréable avec votre famille,

en visite sur les tombes de vos chers disparus !

C'est le cas précis pour nous,

où vous vous doutez bien que cette période est assez pénible
par la perte récente de notre maman et mamy

C'est pourquoi je ne suis pas très assidue

dans mes rendez-vous avec vous et chez vous...
mais je vous promets de régler cela très bientôt


A bientôt
Gros bisous
Aby et Mélusine


Les amants de la forêt de Chiny

C'était il y a bien longtemps, quand il y avait encore des fées dans les forêts. Le comte de Chiny n'était pas bien riche, et il aimait la fille du duc de Lorraine. Il n'avait pas la moindre chance d'être reçu. Pensez ! Il n'avait qu'un vieux château tout humide, au milieu de forêts où on ne voyait guère que des charbonniers. La fille du duc méritait meilleur parti.
Un jour, le duc de Lorraine vint avec sa fille et sa suite visiter son vassal, le comte de Chiny. Le comte les reçut du mieux qu'il pouvait, et évidemment il ne pouvait s'empêcher de regarder la fille du duc. A un regard, il a compris que son amour était payé de retour. La fille l'aimait aussi ! mais ça n'arrangeait rien, c'était le duc qui décidait, pas la fille.
Ils se sont parlé, le comte et la fille, et ils se sont enfuis dans la forêt, au plus profond, aussi loin qu'ils pouvaient. Là, ils ont rencontré une fée. la fée le sa pris sous sa protection, elle leur a fait apparaître un magnifique château qui n'était visible que d'eux seuls. Alors, pendant des mois et des mois, les deux amoureux ont vécu dans le château. De temps en temps, la fée passait les voir. Elle se plaignait des évangélisateurs qui pénétraient son domaine, des forestiers qui commençaient à adorer ce qu'elle appelait un supplicié sur une croix... En disant cela, elle jetait toujours un œil méchant vers la petite croix d'or que la fille du duc portait autour du cou.
Les deux amoureux n'avaient qu'une distraction : la chasse. Un jour qu'ils poursuivaient un sanglier, ou un cerf, je ne sais plus, ils tombèrent au milieu d'une troupe de soldats du duc de Lorraine. Les soldats les reconnurent et les menèrent au duc.
La colère du duc était tombée. Puisque sa fille aimait le comte, et qu'elle vivait avec lui depuis des mois, il autorisa le mariage. Que pouvait-il faire d 'autre ?
Ils se sont mariés, et ils ont eu beaucoup d'enfants. Le comte a essayé de retrouver le château de la fée, mais il ne l'a jamais revu, pas plus que la fée d'ailleurs. Lui aussi avait trahi les anciennes croyances, puisque c'est un curé qui avait béni son union avec la fille du duc.
Ce récit recueilli auprès de Mme Maria Pierret, d'Alle-sur-Semois, née dans ce village, en 1906, connaît d'autres versions. Celle-ci, populaire, relie les fées aux croyances pré-chrétiennes, d'où son intérêt.

***
Tiré du livre : La Lorraine des légendes
de Roger Maudhuy
Éditions France-Empire

Les copeaux d'or

Il était une fois, dans un village, un menuisier sans fortune qui s'appelait Simonot. En manière de plaisanterie, les gens du voisinage l'avaient baptisé Sycomore, et le sobriquet lui était resté.
Tout le jour, Sycomore était penché devant son établi, mesurant, sciant, clouant, poussant le ciseau ou la varlope et façonnant avec adresse des bancs, des tables, des armoires, des commodes ou des bahuts.
Un jour où notre ébéniste était occupé à faire chauffer sa colle forte sur le petit poêle à trois pieds qui occupait un coin de l'atelier, une femme, pauvrement vêtue, s'en vint cogner à la porte et entra dans la boutique. Le menuisier ne se souvenait pas d'avoir jamais vu cette femme. Elle paraissait très âgée, elle avait un visage ridé comme le cou des poulets plumés. Elle se tenait toute bossue sous le fichu loqueteux qui lui couvrait les épaules. Elle portait une méchante robe qui ne valait pas quatre sous ; Sycomore se dit en lui-même :
- C'est sans doute quelque bohémienne, comme on en voit de temps à autre sur les chemins. Elle va me proposer de me dire la bonne aventure...
Cependant, la visiteuse n'avait pas la mine hardie de ces vendeuses de corbeilles. Elle se tenait là, sans bouger, pareille à une mendiante qui n'aurait pas osé tendre la main. L'ouvrier en eut pitié et demanda d'un ton cordial :
- Eh bien ! grand-mère, qu'y a-t-il pour votre service ?
- Monsieur le menuisier, dit poliment la femme, j'aurais besoin d'une armoire. La mienne est à bout d'usage. Les planches ne tiennent plus ensemble, et les souris se glissent par tous les trous...
- Ah ! je comprends, fit en riant le compagnon, vous avez peur que ces bestioles dévorent votre bas de laine !...
- Hélas ! non, mon bon monsieur. Je suis une pauvre veuve, sans fortune d'aucune sorte. Par les mauvais jours de l'hiver, je ramasse le bois mort dans les chemins, pour allumer mon feu. Au temps de la moisson, je vais glaner dans les champs. Je fais aussi la cueillette des mûres et des prunelles. Je vends le cresson de fontaine, l'aigremoine et la verveine.
- Ainsi, demanda-t-il, vous voulez une armoire ?
- Oui, monsieur le menuisier, une solide armoire de chêne, s'il vous plaît. Toutefois, je dois vous dire que vous devrez sans doute attendre assez longtemps le règlement de votre compte... Les écus sont rares chez moi.
- Bah ! répliqua Sycomore, je vous ferai le plus juste prix.
- Vous êtes un brave garçon, monsieur le menuisier. Ne tardez donc point, je vous prie, à vous mettre à ce meuble que je vous demande. J'en ai le plus pressant besoin. Pour bien faire, il faudrait que le travail fût achevé dans la huitaine. Songez-y.
Après qu'elle eut achevé ces mots, la vieille s'en alla clopinant, du même pas qu'elle était venue. Quand la femme eut disparu, le menuisier se gratta le menton.
- Eh bien ! voilà pour moi de belle besogne !... Une solide armoire de chêne que je dois livrer dans huit jours et qui ne me sera jamais payée ! Par ma foi, cette cliente aurait mieux fait de passer son chemin !
Et, tout en attisant le feu pour réchauffer son pot à colle, Sycomore se disait encore, tout mal gracieux :
- Vraiment, je serais bien sot de travailler dans de pareilles conditions. Ah ! mais non, mille fois non, je ne ferai pas cette armoire.
Au bout d'un petit moment, l'ouvrier se ravisa :
- Tout compte fait, cette quémandeuse a l'air d'une honnête personne... Cela m'ennuie de savoir que les souris entrent dans son placard, dévorent le peu de pain qu'elle a à manger... Allons, je ferai l'armoire, et même, je vais m'y mettre tout de suite ; mais je la ferai en sapin.
Et déjà, le menuisier commençait à choisir les planches qu'il voulait utiliser, quand il eut un remord au cœur. Il se prit à dire tout haut :
- Ah ! Simonot, mon ami, ce n'est pas beau, ce que tu fais là ! Du méchant sapin de deux sous pour cette pauvre grand'mère ! On croirait véritablement que tu veux lui fabriquer son cercueil !
Il posa la planche de sapin et déclara d'un ton décidé :
- Je façonnerai l'armoire dans du bois de merisier. C'est élégant, c'est solide ; la cliente sera contente...
Et, pour la seconde fois, Sycomore met de côté les planches dont il a besoin. De sa poche il tire son mètre et commence ses mesurages. Puis, la première lame de bois déjà serrée dans l'étau, prêt à pousser la varlope, le menuisier réfléchit :
- Eh bien, non ! Je me ferais honte ! Cette pauvre mère Carabosse m'a commandé une solide armoire de chêne, je dois faire le travail comme elle me l'a demandé.
Alors, il desserre son étau, il choisit dans sa boutique la plus belle planche de chêne et, cette fois, sans plus attendre, il entreprend son ouvrage. Et dzz, et dzzz, et dizizz... trois grands coups de rabot pour débuter.
La fine lame de l'outil écorche le bois tout vif. Les copeaux volent en sifflant, se recroquevillent sur eux-même et s'abattent au pied de l'établi. Sycomore ne s'arrête plus. Il a retroussé ses manches... Il pousse à grands élans son outil sur la planche... Il a chaud, son front ruisselle. L'homme veut rattraper le temps perdu. Il songe à cette infortunée glaneuse. Il s'est juré, cette fois, qu'il ne la ferait pas languir. Au bout d'une vingtaine de minutes, il sue à grosses gouttes.
Sycomore souffle un instant. Les poignets et les épaules lui brûlent d'avoir tant besogné. Il s'arrête quelques secondes et, d'un geste machinal, chasse du revers de la main, les copeaux demeurés sur l'établi... Mais, quelle est cette merveille ? Sycomore se frotte les yeux... Il ramasse au creux de sa paume quelques-unes de ces minces lamelles de bois échappées de sa varlope. Il les soupèse et les regarde avec des yeux égarés : les copeaux luisent comme de l'or ! L'artisan vient à sa fenêtre et les examine plus attentivement... C'est bien de l'or ! Des copeaux d'or ! Tout le sol en est couvert ! A la vue d'un tel miracle, notre homme est tout ébloui.
- Ah ! je comprends, s'écria-t-il. La pauvresse de tout à l'heure était une magicienne, une fée déguisée en mendiante. Elle est venue me mettre à l'épreuve. Elle a voulu savoir si j'aurais pitié de sa misère, et maintenant elle me remercie en me faisant cadeau de ces précieux copeaux dont chacun vaut un écu d'or. Ah ! me voilà riche à présent, plus riche que le roi en personne.
Tout en criant de la sorte, le bonhomme s'agite, gesticule comme un insensé. Il se remue tant et si bien que sa tête s'en vient cogner contre le couvercle du pot à colle...
Simonot se réveille en sursaut... Il regarde autour de lui... Rien n'est changé dans la boutique, et les copeaux qui jonchent le sol ne sont que d'honnêtes copeaux de hêtre et de noyer ! Aucune visiteuse n'est venue : tout cela n'était qu'un songe. L'ouvrier soupire un peu, et puis il rit tout de même :
- Bah ! fait-il sans amertume, peut-on être sot quand on rêve ! Des copeaux d'or, voyez-vous ça ! Allons, compagnon Simon, assez de songerie pour aujourd'hui. L'or ne donne pas le bonheur et les gens qui roulent carrosse ont leurs soucis tout comme nous !
Là-dessus, le menuisier frotte la bosse qu'il s'est faite au front, reprend son mètre pliant, sa scie au fin ruban d'acier et puis se remet à l'ouvrage en sifflotant.

***
Une légende de Georges Riguet

La fée du lac enlevant une jeune fille


En période d'Halloween, difficile de parler des fées... les sorcières sont plutôt les stars du moment . Si vous souhaitez en savoir plus sur leur monde, rendez-vous au grimoire d'Abigail

Et pour rester dans les jours de la "peur", voici une gracieuse légende de la vallée d'Aoste, où l'intervention du génie qui emporte une malheureuse au fond des eaux a été provoquée par une incantation imprudente. Trois jouvencelles qui venaient folâtrer sur les bords du joli lac de Forneil et se plaisaient à s'y baigner, chantaient parfois et disaient en s'adressant au lac : "Lèi, lèi, pren la piu bella de nu trè ! Lac, lac, prends la plus belle de nous trois ! Un jour d'été, vers le soleil couchant, lorsqu'elles répétaient ce refrain en se baignant les pieds, la plus jeune poussa un cri de détresse, et attirée par une force invincible jusqu'au milieu du lac, elle disparut.
La fée du lac avait pris la plus belle des trois filles et elle ne l'a jamais rendue.
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