jeudi 15 octobre 2009

La Danthienne

On connaît d'elle peu de chose.
Cette jolie lutine est apparue vers le milieu de la préhistoire, dès que les jeunes filles ont commencé à se parer. Sa venue coïncide avec la naissance du peigne d'os, du premier collier de bois, du premier diadème de fleurs tressées.
Malgré sa grâce et son physique avantageux, la Danthienne n'est pas une fée - à son grand regret, d'ailleurs ! Elle n'a pas de don particulier et malheureusement ne possède pas d'ailes, ce qui l'arrangerait pourtant beaucoup dans ses diverses acrobaties. En fait, cette petite nymphe se nourrit exclusivement de sucreries ; un rien la ferait soit-disant grossir et quand on voit ses hanches légèrement épaisses et ses mains un peu fortes, on l'imagine dodue sans peine, surtout que vêtue d'un maillot moulant, style justaucorps de cirque sur lequel elle coud dentelles et frou-frou, on peut lui reprocher facilement la cuisse un peu lourde et le derrière un peu encombrant !
Le mystère demeure néanmoins entier autour de ce lutin furtif et insaisissable, qui vit solitaire avec son seul reflet pour compagnon. On la signale surtout aux époques sophistiquées. Elle abonde aux 17e et 18e siècles, au temps des belles demoiselles et des marquises. Elle se fait oublier et réapparaît vers 1870, se raréfie pour ensuite envahir les armoires 1900. Boude. Revient en 1930. S'éclipse encore. Ignore l'arrivée des jeans, et timidement, se laisse séduire par le rétro...
Son activité principale, faire sa toilette !
Dès qu'elle se sait seule, elle sort de sa cachette et court boudoirs et greniers, ouvrant les tiroirs, tirant les rubans, les dentelles, dépliant les jupons, agrafant à sa taille tout l'éventail des soyeux falbalas. Elle adore se coiffer, se farder, jouer de la harpe avec les dents des peignes d'écaille, danser, nager dans les flacons de parfum, s'ébrouer au milieu des flots de poudre de riz, se mirer en mille facettes multicolores sur les cascades de pierreries scintillantes des coffrets à bijoux...
Mais qu'un moindre bruit l'alerte... et zoup, notre demoiselle regagne son coin, laissant derrière elle une belle pagaille !


Pain au miel et aux pommes


Pour votre chaudron enchanté,
il vous faut :
- 150 g de farine complète
- 100 g de farine de châtaigne

- 75 g de farine d'épeautre
- 1/2 cuil. à café de sel
- 1 sachet de levure de boulanger
- 200 ml d'eau tiède
- 3 cuil. à soupe d'huile de tournesol

- 3 cuil. à soupe de miel liquide

- 75 g de petites pommes, coupées en morceaux

- 3 cuil. à soupe de noisettes en morceaux

- 1 poignée de graines de tournesol


La recette :

Mélangez les farines dans une jatte avec le sel et la levure, en remuant.

Versez l'eau tiède, l'huile et le miel, et mélangez.

Pétrissez la pâte cinq minutes environ.

Mettez la pâte dans une jatte beurrée,

couvrez et laissez lever dans un endroit chaud
jusqu'à ce qu'elle double de volume
(avec un couvercle, sur une casserole remplie d'eau chaude, par exemple).
Ensuite, pétrissez avec les noisettes et les pommes.

Puis mettez dans un moule beurré.

Couvrez et laissez encore lever dans un endroit chaud 30 minutes.

Parsemez de graines de tournesol.
Cuisez à four chaud à 220°C (th 7-8) 30 minutes, en surveillant.

***

Image : “The Mother”
@ Lisa Hunt


La fontaine

La fontaine avec ses eaux toujours changeantes symbolise un perpétuel rajeunissement. C'est la longévité par la jeunesse renouvelée.

La fontaine d'eau vive appelée aussi fontaine d'immortalité, fontaine de vie, fontaine de jouvence ou fontaine d'enseignement, c'est la source jaillissant au milieu du jardin, au pied de l'arbre de vie, au centre du paradis terrestre. Elle se divise ensuite en 4 fleuves coulant vers les 4 directions de l'espace.
La fontaine de jouvence naît au pied d'un arbre. Les boissons divines ou sacrificielles comme ambroisie, soma, hydromel, sont des fontaines de jouvence. En boire c'est s'affranchir des limites de la condition temporelle.

En Irlande, la fontaine est symbole de la régénération et de la purification.
Le culte des fontaines et des sources est toujours actuel dans tous les pays celtiques. On leur attribue des vertus curatives pour diverses maladies. Le culte des sources existait déjà en Gaule.
La plus connue des fontaines celtiques est celle de Barenton en forêt de Brocéliande (aujourd'hui Paimpont). C'est une authentique fontaine d'orage.

Chez les germains la fontaine de Mimir contenait l'eau du savoir. Pour avoir le droit d'y boire, Odin a accepté de perdre un œil. C'est à ce prix qu'il obtint de boire l'eau de la connaissance, de la prophétie et de la poésie.
Dans les traditions orphiques , deux fontaines se trouvent aux portes des enfers. L'eau de la fontaine de mémoire confère la vie éternelle mais il faut être de la race du ciel pour en boire.



L'origine des lampes

Au début de la Création, le ciel était tout près de la terre. Lorsque le soir descendait, les hommes n'avaient pas besoin de lampes pour éclairer leurs maisons, car les étoiles brillaient tout autant que le soleil. Mais leur lumière était douce d'une belle couleur bleue !
Il y avait aussi une très, très grande femme. Quand elle s'asseyait au bord de l'eau pour faire sa lessive, sa tête dépassait les montagnes. Or, un matin que la femme balayait sa cour, les nuages s'amusèrent à lui faire des agaceries, lui chatouillant le cou et lui tirant les oreilles. Ils étaient de bonne humeur ce jour-là, parce que le soleil les avait habillées de jolies couleurs roses et dorées ; mais il se trouvait que la femme entendait mal la plaisanterie. Elle ne tarda guère à se fâcher.
- Dites donc, petits effrontés, allez-vous me laisser tranquille à la fin ? grogna-t-elle, en fronçant les sourcils.
Hélas ! C'était comme si elle ne leur avait rien dit. Les nuages lui entraient dans les oreilles, la bouche, le nez, les yeux, si bien que sa tête bourdonnait et qu'elle n'arrêtait pas d'éternuer, de tousser et de pleurer.
- Si vous ne cessez de me tourmenter, leur dit-elle, je vous chasserai d'ici à coups de balai.
Les nuages éclatèrent de rire, et continuèrent de plus belle à lui faire des agaceries.
- Allez-vous en ! cria-t-elle à la fin.
Et elle les frappa rudement de son balai.
Les nuages se sauvèrent. Le ciel, pris de peur lui aussi se retira. Il monta haut dans l'espace, loin, très loin, emmenant avec lui tous ses habitants, y compris Dieu, les anges et les saints.
Et lorsque le soleil se coucha, les hommes furent obligés d'allumer des lampes pour éclairer leurs maisons, car le ciel s'était tellement éloigné de la terre que la lumière des étoiles, affaiblie par la distance, ne leur permettait plus de voir comme auparavant.

***
Contes et légendes d'Haïti

Philippe Thoby-Marcelin
Pierre Marcelin
Éditions Nathan
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