mardi 16 juin 2009

Les trésors cachés

Les "boisiers" racontent souvent que des bûcherons, en abattant de vieux arbres, ont mis à découvert des cassettes remplies de monnaies, qui avaient été déposées entre leurs racines, ou que des étrangers, guidés par d'anciens parchemins, ont déterré de l'or ou de l'argent qui avaient été cachés autrefois : il y a quelques années, le bruit courut que des gens qu'on ne connaissait point dans le pays, avaient creusé la nuit au pied d'un gros chêne de la forêt de Haute-Sève (Ille-et-Vilaine) et y avaient trouvé un coffre sans doute plein d'espèces monnayées, dont on vit le lendemain, au milieu de la terre fraîchement remuée, les planches à demi pourries.

Le trésor de l'abbaye de Lucelle avait été enfoui, lors des événements de 1789, sous un arbre d'une petite forêt du Jura bernois ; le moine qui l'y avait caché ne put le retrouver quelques années après, l'arbre ayant été coupé ainsi que ses voisins ; on dit que son âme erre souvent dans la forêt à la recherche du dépôt qu'il avait placé sous les racines. Cse richesses ne sont pas, comme beaucoup d'autres, sous la surveillance jalouse de personnages ou d'animaux fantastiques ; cependant on disait en Basse-Normandie, au milieu du XIXe siècle qu'un renard invulnérable était préposé à la garde d'un trésor caché dans la forêt de Gouffern.

Dans ma famille maternelle, on raconte qu'un arrière-arrière… grand père aurait épousé une princesse inca et vivaient leurs amours en Lorraine. Lorsque cette princesse mourut, le grand père, seul, l'enterra en forêt au pied d'un bel arbre. Il déposa dans son cercueil tous les bijoux qu'elle avait gardés et qui provenaient de son pays natal…
Comment se sont-ils rencontrés ? Je l'ignore…
Tout comme on ignore où elle est enterrée et d'ailleurs nul, jusqu'à ce jour, ne semble avoir découvert la tombe et le trésor. Pourtant, dernièrement, on a entendu parler d'une découverte semblable, mais la famille confirme que cela ne se rapporte pas à elle… A suivre ? Détentrice de ce secret, je suis la dernière à en garder la mémoire… et je ne dispose que peu de sources ! C'est que dans le temps, on se gardait bien de crier partout ce qui se passait dans les familles…

Une légende dit que le fushia serait les larmes d'une princesse inca déchue de son rang pour avoir aimé un homme d'un rang subalterne... S'agirait-il de cette aïeule ?

***




Dons des esprits de la forêt

Plusieurs légendes racontent que des esprits de la forêt, pour secourir des personnes affligées ou pour être agréables à ceux qu'ils aiment, leur font présent de charbons ou de e divers objets qui se changent en or.

Un jeune charbonnier auquel ses deux aînés avaient confié la garde de leur fouée, s'endormit, et quand il se réveilla elle était éteinte ; il aperçut au-dessus des arbres des flammes qui s'élevaient à une hauteur prodigieuse ; il pensa que d'autres charbonniers avaient allumé un grand feu pour se préserver de la rosée, et il résolut d'aller leur demander quelques tisons.
En approchant, il vit que les flammes étaient de diverses couleurs, bleues, blanches, jaunes, rouges, etc. Minuit sonna à l'église de Paimpont, et il reconnut qu'il était tout près de la Crezée de Trécilien, où les divinités des bois se réunissaient chaque nuit.
Plusieurs nymphes le saisirent et l'entraînèrent dans la Crezée, en face d'un immense brasier devant lequel se chauffait le dieu des chênes. Le garçon lui raconta sa mésaventure, et le dieu lui dit :
- Pique dans le feu, prends une bûche, n'y reviens pas et fais-en bon usage
Le petit charbonnier retira du foyer une bûche enflammée, et arrivé à son fourneau, l'y plaça au milieu de charbons. Le feu reprit comme par enchantement. Le lendemain, il trouva sous les cendres un énorme lingot d'or, qu'il alla vendre à paris ; avec le produit, il acheta un château aux environs de Plélan, où il mena joyeuse vie. Mais un incendie dévora son château et le ruina.
Alors, il eut l'idée de revenir à la Crezée ; il raconta la même histoire au dieu des chênes, mais celui-ci se mit à rire, et lui dit :
- Nous verrons tout à l'heure si tu dis vrai ; enfonce ta pique et tâche d'en retirer une bûche.
Le charbonnier obéit, mais il essaya vainement de la retirer ; ses mains semblaient rivées à sa pique, les flammes montèrent tout le long, puis dévorèrent le malheureux ; le matin ce n'était plus qu'un monceau de cendres sur lequel poussa le petit chêne rabougri que l'on voit encore et qui s'appelle l'arbre du charbonnier.

Le soir où fut enterré un charbonnier qui demeurait dans un bois près de Lectoure, mort en laissant ses enfants sans ressources, les deux aînés partirent pour aller demander du secours ; comme ils tardaient à rentrer, le plus jeune sortit pour vois s'il ne les apercevait pas. À cent pas de la cabane, il vit une troupe d'hommes, vêtus en seigneurs, qui se chauffaient près d'un grand feu, sans rien dire. Il s'approcha de celui qui semblait être le maître, et lui demanda quelques charbons. L'homme baissa la tête pour dire oui, et l'enfant s'en alla avec ses tisons. Mais il ne fut pas plutôt de retour dans la cabane que les charbons s'amortirent. Il revint en chercher d'autres, qui s'amortirent comme les premiers.
Quand il se présenta pour la troisième fois, le maître le regarda de travers, et lui donna lui-même un gros tison, en lui faisant signe qu'il ne se hasarda pas à revenir. Ce tison s'amortit comme les autres. Aussitôt s'évanouirent le grand feu et les hommes qui se chauffaient. Lorsque le jour venu, l'enfant regarda au foyer les charbons de la veille, il se trouva que les charbons étaient de l'or.

***
1ere image : Nymphe des bois , peinture d' Alexandre de Riquer
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...