jeudi 11 juin 2009

La nuit et le solstice d'été

Actuellement, la vertu des eaux de quelques fontaines semble subordonnée à une circonstance qui se produit juste à ce moment.

C'est ainsi que la fontaine de Moniès, près de Dourgues, dans une contrée montagneuse était surtout efficace le jour de la Saint-jean parce que, au matin, le soleil levant dansait et éclairait les eaux. On peut rapprocher cette croyance des bénédictions données par les saints, et surtout par le Précurseur, à la mer et à diverses sources.

Il est toutefois assez rare que ces sources guérissantes opèrent pendant que le soleil répand sa lumière ; plus habituellement on les visite pendant la nuit mystérieuse qui précède le solstice.
La vertu des eaux de la fontaine de N.D.–de-Bertharram n'était que temporaire ; elles ne produisaient leur effet que deux fois l'année, le 8 septembre et le 23 juin à minuit.

L'eau ferrugineuse de la fontaine Saint Jean Baptiste à Lussaguet (Landes) n'est puissante que le 24 juin ; les bains que l'on y prend ne sont salutaires que le jour même de la fête, qui s'étend il est vrai, de minuit à minuit, c'est-à-dire pendant 24 h.

Suivant la croyance populaire du Tarn-et-Garonne, la source de Saint-Jean à Saint-Quentin, à sec toute l'année, coule seulement le jour de la Saint-Jean depuis minuit jusqu'au lever du soleil ; c'est à ce moment qu'on y va pour les maladies des yeux.

Une autre fontaine de Saint-Quentin, près de ruines du prieuré de Cayrac, n'est guérissante que durant la même période.

Il en est de même de plusieurs sources du Poitou, et leurs eaux bouillonnent le matin.

À Pau, la Houn de las fadas, ou fontaine des fées, dans une prairie attenante au cimetière, était, la nuit qui précède la Saint-Jean, le rendez-vous d'une foule de malades.

Au commencement du XIX e siècle, une fontaine, à quelques kilomètres de Nogent-le-Rotrou, était célèbre par le pouvoir guérissant qu'elle avait pendant toute la nuit, veille de la Saint-Jean. Hommes et femmes entraient dans ses eaux, culottes et cottes retroussées, et se lavaient le plus haut qu'ils pouvaient. L'antiquité de l'usage, le motif religieux de l'action sanctifiaient ce mélange confus et nulle idée d'indécence ne venait troubler la cérémonie. Cette fontaine est celle de Saint Jean-Baptiste à Pierrefixte. Un pèlerinage y avait lieu vers 1860, aussi la veille de la Saint-Jean et l'eau possédait des vertus supérieures si on la puisait avant le lever du soleil. On ne se baignait plus dans la source même mais on se frictionnait la partie malade avec un linge mouillé ; lorsque l'organisme entier était affecté, le patient se plaçait tout nu derrière une haie, et un ami lui appliquait sur le corps une chemise trempée dans la fontaine.


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