mardi 10 mars 2009

Le Cygne

Le cygne, symbole de lumière, reconnaissable à son plumage immaculé et sa grâce aristocratique, est un oiseau d'essence divine. C'est d'ailleurs sous la forme d'un cygne sauvage que le dieu Zeus s'est présenté à Léda pour la séduire.

Chez les Grecs, le cygne était consacré à Apollon, le dieu de la lumière, des arts et de la musique. C'est pourquoi l'on dit qu'avant de mourir, le cygne fait entendre une merveilleuse mélodie, le fameux "chant du cygne" dont le Livre du Trésor de Brunetto Latini rappelle l'origine mythologique :
" Beaucoup de paysans disent que dans les montagnes d'Hyperborée, en Grèce, lorsqu'un homme chante en s'accompagnant de la cithare, une multitude de cygnes viennent autour de lui à cause du plaisir qu'ils éprouvent à entendre son chant. Et bien des gens disent que lorsqu'il doit mourir, une des plumes de sa tête vient se ficher dans sa cervelle, et que c'est ainsi qu'il se rend compte de l'approche de la mort ; il commence alors à chanter avec tant de douceur que c'est chose extraordinaire à entendre, et c'est alors qu'il est en train de chanter ainsi que la vie l'abandonne".

Vénéré dans les pays d'Europe du Nord, où il est considéré comme un oiseau d'origine hyperboréenne, le cygne est associé, dans les mythologies nordiques et germaniques, aux "femmes-cygnes", les waelcyrges ou walkyries.
Dans les mythologies celtiques, le cygne est souvent un être d'origine féerique métamorphosé en ce bel oiseau blanc, symbole de grâce, d'élégance et de beauté. Ainsi, dans la Geste de Cûchulainn, épisode central du Cycle des Ulates, récits irlandais antérieurs au XIIe siècle, la fée Fand, épouse de Manannan, le maître de l'Océan, ainsi que sa soeur Liban nagent sur un lac d'Ulster sous la forme de deux cygnes blancs reliés par une chaîne d'or que le héros Cûchulainn blesse en croyant abattre de véritables cygnes. Ce thème du cygne blessé par un héros impétueux et insouciant se retrouve dans la légende de Parsifal.
Dans une autre épopée irlandaise, La Courtise d'Etaine, Mider, prince du peuple elfique des Tuatha Dé Danann, ravit Etaine, la plus belle fille d'Irlande, à son rival Eochaid, le roi suprême d'Irlande, en lui faisant traverser le plafond du château dont toutes les issues sont surveillées par des gardes. Puis le couple se métamorphose en deux magnifiques cygnes blancs qui s'envolent à tire-d'aile.

Les contes et légendes celtiques - mais également les contes des Mille et Une Nuits - font mention de femmes-cygnes d'origine surnaturelle, qui viennent se poser au bord de l'eau et retirent leur manteau de plumes pour se baigner sous la forme de somptueuses jeunes filles - en réalité des fées ou des djinniya. Le mortel qui les surprend peut posséder l'une de ces femmes-cygnes, en faire son épouse et lui faire des enfants. Pour cela, il lui suffit de lui dérober son manteau de plumes et de le cacher soigneusement. La femme-cygne, ne pouvant plus reprendre sa forme animale, se trouve ainsi sous la coupe de l'homme et doit lui obéir en tout. Mais si elle retrouve son manteau de plumes, même plusieurs années après, elle n'hésitera pas à abandonner dans l'instant son mari et sa progéniture pour s'envoler dans le royaume de l'Autre Monde auquel elle appartient vraiment.
Lohengrin, le chevalier au cygne, est également un être de l'Autre Monde, qui navigue dans une nacelle tirée par un cygne d'une blancheur immaculée, preuve de sa dimension surnaturelle.

Enfin, on dit que le cygne couve l'oeuf du monde, comme l'oeuf de Léda et Zeux qui donna naissance aux Dioscures, Castor et Pollux, coiffés chacun d'une moitié d'oeuf.

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1ere image : Stephanie Pui Mun Law
2ème image : Leda et le cygne de Léonard de Vinci
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