mercredi 4 mars 2009

Le farfadet au monastère

Les Farfadets, bons petits diables, avaient également coutume de hanter les monastères.

Collin de Plancy conte à ce propos l'histoire suivante :
"En l'année 1221, vers le temps des vendanges, le frère cuisinier d'un monastère de Cîteaux, chargea deux serviteurs de garder les vignes pendant la nuit. Un soir, l'un des deux hommes, ayant grande envie de dormir, appela le diable à haute voix et promit de le bien payer s'il voulait garder la vigne à sa place. Il achevait à peine ces mots qu'un farfadet apparut.
- Me voici, dit-il à celui qui l'avait demandé. Que me donneras-tu si je remplis ta charge ?
- Je te donnerai un panier de raisin, répondit le serviteur, et du bon, à condition que tu veilles jusqu'au matin.

Le farfadet accepta l'offre ; et le domestique rentra à la maison pour s'y reposer. Le frère cuisinier, qui était encore debout, lui demanda pourquoi il avait quitté la vigne.
- Mon compagnon la garde, répondit-il, et il la gardera bien.
-Va, va, reprit le cuisinier, qui n'en savait pas davantage, ton compagnon peut avoir besoin de toi.
Le valet n'osa répliquer et sortit ; mais il se garda bien de paraître dans la vigne. Il appela l'autre valet, lui conta le procédé dont il s'était avisé ; et tous deux, se reposant sur la bonne garde du lutin entrèrent dans une petite grotte qui était près de là et s'y endormirent. Les choses se passèrent aussi bien qu'on pouvait l'espérer ; le farfadet fut fidèle à son poste jusqu'au matin, et on lui donna le panier de raisin promis".

Les farfadets

Fadets, fradets, frérots, follets, foulets, ferrés, fols, furseys, folatons, foletti, farfarelli (Italie), bouquins (pays de Galles), caraquins (Ecosse), perchevins (île de Man)

Les Farfadets sont des esprits follets de la forêt dont le nom dérive de fade, "fée", bien qu'ils n'aient que peu de relations avec celles-ci.

La vallée de l'Egray, aux environs de Germond, dans les Deux-Sèvres, était à la fin du XIXe siècle, considérée comme domaine exclusif des farfadets, qui n'aimaient pas être dérangés par les femmes qui se réunissaient pour filer dans les cavernes ou les carrières.

Un soir qu'elles revenaient au village, elles aperçurent des farfadets qui faisaient remonter la pente de la route, à une vitesse stupéfiante, à un énorme chariot aux roues grinçantes. Une des fileuses eut l'idée de faire un signe de croix, ce qui eut pour effet de faire disparaître tout à la fois farfadets et chariot.

Comme les lutins, avec lesquels on les confond parfois, les farfadets s'occupent volontiers des chevaux, dont ils frisent et emmêlent les crinières, et sont généralement serviables. Il est difficile de les décrire car ils demeurent la plupart du temps invisibles, à moins qu'ils ne prennent des apparences animales.

Brian Froud et Alan Lee les ont pourtant observés : "Le farfadet est un petit bonhomme ridé, fripé, au teint brunâtre, haut d'un demi-mètre, qui se promène nu ou vêtu de loques brunes. Les farfadets des montagnes n'ont ni doigts ni orteils et ceux des plaines manquent de nez".

Si à l'état sauvage, le farfadet tient se résidence dans quelque taupinière de la forêt, il joue parfois le rôle d'un esprit servant lorsqu'il s'attache à une maison ou à une ferme. Il veille alors sur les troupeaux et la tenue de la maisonnée, moissonne, bat et fauche le blé, et achève les tâches que n'ont pas eu le temps de terminer les domestiques - non sans avoir puni ces derniers de leur paresse ou de leur négligence en leur assénant une volée de bâton.

Pour tous ces services, le farfadet ne demande qu'un salaire insignifiant : "En échange de sa peine, le farfadet ne veut rien de plus qu'un bol de crème ou de bon lait avec un gâteau au miel. Qu'on veuille lui donner plus, il se froisse et s'en va, ce qui arrive souvent quand la générosité maladroite du maître de maison lui fait laisser au farfadet des vêtements neufs".
Il s'exclame alors :
Qu'avons-nous là, Chanvri, Chanvrai !
Plus ne sauterai ici, plus ne marcherai.

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