jeudi 26 février 2009

La gargouille


Ce dragon ou serpent d'eau surgit des eaux de la Seine à Rouen en 520.

Pourvue d'un long corps de reptile et d'une tête allongée et écailleuse, d'une mâchoire plantée d'énormes dents et d'une paire d'yeux brillant comme des rubis, la gargouille crachait des torrents d'eau qui ravagèrent la ville aussi bien que les cultures des campagnes environnantes. De nombreuses victimes humaines finirent noyées ou broyées sous les crocs du monstre.

Saint Romain, assisté d'un prisonnier condamné à mort, se rendit jusqu'à l'antre de la gargouille, au bord de la Seine, et parvint à l'amadouer d'un seul signe de croix. Le saint passa son étole autour du cou du dragon dompté, que le prisonnier ramena à Rouen en le tenant ainsi en laisse. Mais les Rouennais, ne croyant pas à l'innocence retrouvée de la bête, jugèrent préférable de la faire périr sur le bûcher.

En souvenir du monstre, les sculpteurs des cathédrales ont donné son nom et son effigie aux avancées de pierre par où s'écoule l'eau des gouttières.

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Photo : kaPrim
Notre Dame de Paris




La musique des elfes

Les elfes sont des musiciens admirables.

Les Tuatha de Danann d'Irlande sont connus pour leur grande maîtrise des arts, notamment la poésie et la musique. Le roi Dagda était lui-même un habile musicien qui tirait de sa harpe des mélodies qui provoquaient tantôt le rire, tantôt les larmes, la nostalgie ou le sommeil. L'un de ses fils, Bodhb Derg, qui tenait son palais souterrain dans le sud de l'Irlande, entretenait à sa cour des bardes fort savants, notamment le fameux Cainchinn et son fils Cascorach. Ces musiciens hors pair usaient d'une sorte de harpe celtique, nommée tympan, qu'ils portaient en bandoulière lorsqu'ils devaient se déplacer, et dont ils tiraient une musique aux accents si étranges et si envoûtants que saint Patrick lui-même, l'évangélisateur de l'Irlande, déclara, paraît-il, que la musique des elfes était réellement très belle, bien qu'empreinte de sortilèges.
"A cette exception près, avoua le saint, aucune musique ne me semble plus proche de l'harmonie céleste"

Les meilleurs musiciens d'Irlande, violoneux ou sonneurs de cornemuse sont accoutumés à puiser leur inspiration en s'endormant sur quelque tertre enchanté, l'oreille collée au sol, afin de mieux surprendre les mélodies merveilleuses s'échappant de la cour souterraine des elfes. Mais les musiciens ainsi initiés finissent par succomber à l'irrésistible nostalgie qui se dégage de cette musique ; ils se laissent alors mourir de langueur et quittent bientôt ce monde pour rejoindre le royaume des elfes.

De même, les huldras norvégiens, qui vivent comme les siths à l'intérieur des tumulus ou des collines, laissent filtrer de leurs cachettes une musique sublime, nommée huldraslaat, que les montagnards parviennent à surprendre en collant leur oreille au sol. Mais lorsqu'ils se savent épiés, les elfes se vengent en transformant leurs douces mélodies en concert de lamentations et de cris, plongeant les auditeurs trop curieux dans un profond état de mélancolie qui peut leur être fatal.

D'une manière générale, quelle que soit leur contrée d'origine, les elfes aiment à jouer, danser et faire la fête de manière permanente, aussi bien dans leurs palais enchantés que la nuit dans les forêts. Mais dès que retentit le chant du coq, il ne demeure de leur présence que quelques empreintes de pas dans l'herbe.


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