mercredi 11 février 2009

L'effeuillement et le comptage des pétales

Actuellement la formulette : "Il m'aime un peu, beaucoup, passionnément, point du tout" est usitée en ville comme à la campagne. En Normandie, les filles la récitent en arrachant un à un, les pétales de la grande pâquerette, qui y porte le nom gracieux de : "Il m'aime".

En Poitou, la phrase adressée à la pâquerette est "Elle m'aime un peu, beaucoup, par fantaisie, par jalousie, pas du tout.

Certains en Wallonie interrogent ainsi la "franche marguerite"; M'aimes-tu ? – Je t'aime – Un peu – Beaucoup – Passablement – Tendrement – Passionnément – Rien du tout.

Les jeunes filles de la Basse-Normandie adressent à cette fleur ces paroles traditionnelles :


Marguerite,

Fleur petite,

Rouge au bord, vertes autour,

Ah ! Dis-moi, dis-moi le secret de mes amours.


Dans les landes, on la consulte pour savoir si l'amant attendu viendra au rendez-vous ; cette épreuve sert aussi à connaître l'état civil futur ; en Haute-Bretagne, on effeuille la Pâque en disant :

Fille, femme, veuve, religieuse.

Gars, homme, veuf, religieux.


Les jeunes filles du Bocage Normand adressent à la grande pâquerette la première de ces formules ; celles du Maine la prononcent en détachant les corolles de la queue de renard, celles de la Haute-Bretagne se servent d'un épi d'ivraie.

En Auvergne, c'est la fougère que l'on interroge en disant à chaque foliole enlevée : "Prêtre, marié, garçon". En consultant l'ivraie, les jeunes Picardes disent, en commençant à détacher les feuilles par le bas : "M'marierai, m'marierai point !".

En Wallonie, la jeune fille questionne une graminée à épillets sessiles qu'elle tire l'un après l'autre pour savoir qui elle épousera : "Un droit, un cron (bossu), un chalé (boiteux), on djône, on vîx, on vef".


Les consultations par l'effeuillement ou le comptage des pétales ou des grains ne sont pas toutes en rapport avec l'amour.

En Wallonie, les enfants, en arrachant celles de la grande marguerite, prononcent ces mots : "Maison, baraque, château".

Dans l'Albret pour savoir si l'année est bonne ou mauvaise, on tire une à une les graines sur une tige d'ivraie en disant sur la première : pain ; sur la seconde : Vin ; sur la troisième : Viande ; sur la quatrième : Foin, et l'on recommence jusqu'à la dernière graine.

Les enfants wallons comptent les épis du ray-grass en disant : "Paix, guerre, famine, bon temps" ; en Normandie, on dépouille grain à grain un fol épi en récitant une formule analogue.

Dans le Maine, on dit en effeuillant les corolles de la queue de renard : "Paradis, purgatoire, enfer.

En Wallonie, le dépouillement des graminées s'applique à des sujets variés ; c'est ainsi que pour savoir l'origine d"un vêtement, on dit :"Donné, och'té, trové, happé".


La consultation par le lancement est assez rarement pratiquée : en Wallonie, après avoir effeuillé la marguerite, on détache les étamines, on les jette par trois fois en l'air et on les fait retomber sur le dos de la main ; ce qu'il en reste à la troisième fois indique le nombre d'enfants qu'on aura ; à Baugé (Maine-et-Loire) un seul jet suffit.

Au XVIIIe siècle, on jetait la paille au vent lorsqu'on était certain de sa route et on se régalait sur le mouvement que le vent donnait à la paille, pour savoir de quel côté il fallait se tourner.


Une autre épreuve est basée sur le plus ou moins de fraîcheur des pétales détachées. À Nivelles, la jeune fille qui hésite entre deux amoureux effeuille deux bluets qu'elle place séparément dans deux plis cachetés, sur chacun desquels elle écrit le nom des concurrents ; au bout de trois jours, elle ouvre, et le bluet le moins desséché porte le nom du futur mari.


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Image : Les amoureux de Peynet

Tour du monde de la St Valentin

Ça existe la Saint Valentin dans les autres pays ?? Petit tour du monde de la fête des amoureux…

En Europe, nous célébrons tous la Saint-Valentin de la même façon : cartes, bijoux et chocolats sont les grands vainqueurs, mais cela n’a pas toujours été comme ça… Si cette fête n’est en vogue que depuis les années 1980 en France, elle est célébrée depuis bien plus longtemps dans les pays anglo-saxons.


En Angleterre, les amoureux échangent des cœurs en carton.


Au Pays de Galles, la tradition est de s’offrir des petites cuillères sur lesquelles sont représentées des serrures ou des cadenas, un bien joli symbole…


Les Allemands ne fêtent pas le même Valentin que nous. Pour eux, le héros, c’est Saint-Valentin de Rhétie, protecteur des enfants épileptiques, ça ne les empêche pas d’échanger des mots doux ce jour-là ! En Autriche, pour la "Sankt Valentin" les amoureux défilent dans les rues.


En Italie, on achète des "Baci Perugini", des noisettes enrobées de chocolats, emballées dans des petits mots doux… C’est mignon non ?!


Aux États-unis, plus encore que chez nous, la fête est une opération purement commerciale. Le jour J, les amoureux, mais aussi les amis s’envoient des cartes avec quelques mots gentils, et parfois des graines. Dans les écoles, un bal est souvent organisé, et la classe absolue est de recevoir des roses en classe.


Au Brésil, on célèbre plutôt le "dia dos namorados" (jour des amoureux) le 12 juin.


On fête de plus en plus la Saint-Valentin en Chine, rien à signaler, aucune originalité… Mais il existe une fête traditionnelle des amoureux, le Qi Qiao Jie Jour du double sept ou (car elle tombe le 7 du septième mois du calendrier lunaire)


La légende raconte qu’une fée serait tombée amoureuse d’un agriculteur. Ils se marièrent mais la mère de la jeune fille, opposée à cette union, créa entre les époux une rivière impossible à traverser : la Voie Lactée. Des pies formèrent un pont entre la fée et son amour une fois par an.


Aujourd’hui lors de cette journée, poupées et jouets à l’effigie de la fée et de son mari envahissent les boutiques ! La tradition veut qu’à cette occasion, les jeunes filles célibataires fassent la démonstration de leurs compétences domestiques. Elles confectionnent des gâteaux appelés Qiaoguo (gâteau d’habileté) ou Qiqiaoguozi (gâteau de prière pour l’habileté) qu’elles offrent à l’élu de leur cœur et effectuent différentes tâches afin de démontrer leurs compétences à leur futur mari potentiel.


Au Japon, la tradition est beaucoup moins glamour pour les femmes ! Elle est aujourd’hui un peu dépassée mais avant, les employées de bureaux devaient offrir des "Giri Choco", c’est-à-dire des "chocolats d’obligations" à tous leurs collègues masculins !

On a créé une fête commerciale, beaucoup plus sympa pour ces dames le 14 mars : le jour blanc. C’est une sorte de vengeance : les hommes leur offrent un présent blanc dont la valeur est trois fois supérieure à celle des chocolats d’obligations !


D’autres pays orientaux (comme l’Inde ou le Pakistan) ont repris la coutume de la Saint Valentin, mais la fête est souvent sujette à de vives controverses… Dans certains pays, les magasins ont interdiction de vendre quoi que ce soit ayant trait avec cette fête, les femmes portant du rouge ce soir-là sont arrêtées, les couples agressés…


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Image : Les amoureux de Peynet


Boïouna, Iara et les Lunes d'Amour

Jaci, la lune, déposa d'abord son collier dans le sable pâle tout au fond de l'eau. Le collier de jade, d'émeraudes et de perles s'étira dans le courant de l'onde et s'étendit tout le long, entre les rives, pour faire un serpent qu'une crue grandit encore. Jaci creusa alors de ses ongles d'autres rivières afin que le serpent puisse dérouler sa queue plus loin. Elle lui donna pour nom Boïouna et pour devoir de protéger les rivières et les fleuves.

Ce serpent de lune est la maître et la maîtresse de toutes les eaux douces : les fleuves, les ruisseaux, les lacs, les canaux, les étangs. Ses sifflements remplisent de frayeur hommes et bêtes et paralysent leur énergie.

La Boïouna ne connut jamais d'amant, mais elle rêvait d'être mère et, chaque soir, elle tournait son regard d'étoile vers Jaci, en réclamant une fille aussi belle que celle que lui montrait le reflet de ses songes dans l'eau.

Alors Jaci déposa son plus beau bracelet de pierre de lune dans le sable pâle tout au fond de l'eau... et Iara vit le jour au milieu de la nuit.

Vin du sorcier amoureux


Dans le chaudron enchanté, il vous faut :

- 1 litre de grenache
- 150 g de fleurs ou de feuilles de pervenche
- 30 g de violettes
- 30 g d'angélique
- 100 g de miel de fleurs
- 5 clous de girofle
- une gousse de vanille

Préparation :

Faites macérer les fleurs, les clous de girofle et la gousse de vanille dans le grenache,
pendant une dizaine de jours.
Filtrez dans un tamis fin.
Versez dans une carafe à se partager,
sur un plateau décoré de ces belles fleurs au parfum d'éternité....

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La délicate pervenche est aussi appelée "violette du Sorcier" ou "violette des serpents" !
Les sorciers l'utilisaient en poudre pour confectionner des philtres d'amour
et avaient coutume d'en offrir sept à l'élue de leur coeur.
Son nom latin (vinca minor) vient de "vincere", "vaincre"
car elle conserve ses petites feuilles d'un vert insolent tout l'hiver ;
ainsi elle est souvent associée à l'amour éternel, qui défie le temps et les obstacles...



Les philtres d'amour

On aime. Mais comment savoir si l'amour est réciproque ? Comment s'en assurer alors que rien encore n'a été dit… Nos grands-mères avaient quelques secrets, qui semblent parfois bien difficiles à réaliser aujourd'hui…

Créer une "pomme d'amour"
Dans le Massif Central, on conseillait de fabriquer une pomme d'amour : "Il faut cueillir un vendredi, avant le lever du soleil, la plus belle pomme d'un verger. On doit ensuite écrire, avec son sang, deux petits papiers, sur le premier son nom et son prénom, à la ligne suivante le nom et le prénom de la personne dont on veut être aimé. Il faut avoir trois de ses cheveux, on y joint trois des siens pour lier le petit billet. Sur le second, on écrit seulement scheva. On fend la pomme, on ôte les pépins ; à la place, on met les billets. Après quoi les deux moitiés de pomme doivent être reliées avec deux brochettes de myrte vert ; symbole d'éternité. Il faut faire sécher au four doucement pour que la pomme devienne dure, après quoi on l'enveloppe dans des feuilles de laurier et, sans qu'elle s'en aperçoive, on la met sous le chevet du lit de la personne". (R. Crozet)

Utiliser du sang
Dans les campagnes de la Drôme, les vieilles femmes des montagnes savaient, disait-on, fabriquer des philtres d'amour avec du sang de coq ou de mouton noir. La jeune fille pouvait aussi faire boire au garçon recherché quelques gouttes de son sang dans du vin, du gâteau ou du café : une mixture radicale, affirmait la tradition populaire, pour provoquer un attachement éternel.
La même recette existait dans le Languedoc ou en Gironde, où cette pratique était encore courante vers 1900. Dans le Berry, c'était l'inverse : c'était le sang de la personne dont on voulait se faire aimer qu'il fallait parvenir à boire !

Recettes diverses
En Auvergne, on conseillait au XVIIIe siècle, aux jeunes gens soucieux de séduire, de prendre de la moelle dans le pied gauche d'un loup et d'en faire une pommade à faire respirer à la jeune fille souhaitée. Chaque respiration augmenterait son amour ! En Limousin, au cours des bals, le danseur pouvait placer dans le sabot de sa cavalière et à son insu (ou la cavalière dans le sabot du cavalier) une tige de l'herbe dite du Saint-Sacrement : les deux jeunes gens ne pourraient dès lors plus se quitter.

Autres solutions :

* Saupoudrer l'épaule du veston du jeune homme aimé, sans qu'il s'en aperçoive, d'une pincée de "poudre de chauve-souris" (cendres d'une chauve-souris incinérée par les bons soins d'une "sorcière" de village) ; ou bien cueillir une feuille de lierre sans la regarder, la placer sur le cœur du garçon quelques instants, puis la rapporter chez soi et la glisser sous son oreiller...


* On pouvait aussi écrire sur un petit papier "Aumus Porte aunnus bretingué", l'entourer de beurre et le faire avaler quand le soleil est couché à l'aimé(e)... mais sans qu'il soit découvert et recraché, c'est là toute la difficulté !


* Dans le Berry, c'est plus simple : la jeune fille doit simplement faire manger au garçon un morceau de galette dans laquelle elle a mis du fil, symbole du lien qui va désormais les attacher.


* Encore plus simple : Dans les Pyrénées, le garçon doit inscrire le prénom de la demoiselle sur trois feuilles de laurier et parvenir à les glisser en secret sous son oreiller.

La recette du Petit Albert

Le Petit Albert était un livre de sorcellerie que l'on utilisait parfois dans les campagnes autrefois.
Pour se faire aimer d'une personne précise, il donnait aux jeunes gens les conseils suivants :
"Vivez chastement, au moins pendant cinq ou six jours, et le septième, qui sera le vendredi, si faire se peut, mangez et buvez des aliments de nature chaude, qui vous excitent à l'amour, et quand vous vous sentirez dans cet état, tâchez d'avoir une conversation familière avec l'objet de votre passion et faites en sorte qu'elle puisse vous regarder fixement, vous et elle, seulement l'espace d'un Ave Maria ; car les rayons visuels, se rencontrant mutuellement, seront de si puissants véhicules de l'amour, qu'ils pénétreront jusqu'au cœur, et la plus grande fierté et la plus grande insensibilité ne pourront leur résister.
Il est assez difficile de convaincre une jeune fille qui a de la pudeur de regarder fixement un jeune homme durant quelque espace de temps, mais on la pourra obliger à cela, en lui disant, en badinant, qu'on a appris un secret à deviner par les yeux, si l'on doit être bientôt mariée, ou si l'on vivra longtemps, si l'on sera heureuse dans son mariage, ou quelque chose autre semblable qui flatte la curiosité de la personne, et qui la fasse résoudre à regarder fixement".



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Image : Les amoureux de Peynet


Langage amoureux

Les arbres entiers ou leurs fragments sont, la plupart du temps, en rapport avec l'amour. Dans le pays chartrain, au commencement du XIXe siècle, les garçons suspendaient à la fenêtre de leur maîtresse, la nuit qui précède la Saint-Jean, une branche de sapin ou de noyer.
Les rameaux emblématiques sont surtout en usage le premier mai et, parfois pendant tout le mois : leur signification varie suivant les contrées :
En Picardie, la branche de sapin devant la maison d'une jeune fille est destinée à lui faire honneur, alors que dans l'Yonne et dans les environs de Péronne, elle est réservée à celle dont la conduite laisse à désirer, et, en Wallonie prussienne, à celle qui a mauvaise langue. Dans le pays wallon, la branche de noyer équivaut à une accusation de mœurs légères.
En Picardie, le cerisier veut dire que la jeune fille est à marier ; mais dans les Vosges la plus sanglante injure que l'on puisse faire, c'est à planter devant sa porte une branche de cet arbre. On dit, en effet, d'une dévergondée : C'est un cerisier, chacun peut se prendre à ses branches et se régaler à peu de frais.
En Wallonie, où ce mai est aussi injurieux, c'est une allusion au cerisier des pauvres, dont on dit en proverbe que tout le monde monte dessus ; c'était un arbre au bord d'un chemin et dont les fruits appartenaient au passant.
En Berry, le mai d'aubépine fleurie est un hommage gracieux à la jeune fille ; à Allaines (Somme) son dicton est : de l'épeine, je t'aime.

Les mais composés d'arbustes secs ou épineux ont un sens en rapport avec leur nature : les garçons du Berry placent des épines sèches devant la maison des filles peu aimables ou mal famées ; dans la Meuse, le buisson d"épines introduit dans le tuyau extérieur de la cheminée a une signification insultante ; en Wallonie prussienne, on en accroche un à la porte des filles de mœurs équivoques.
Dans les Côtes-du-Nord, celles qui ont mauvais caractère trouvent une branche d'épines ou d'ajoncs, dans l'Yonne, un églantier, dans les Vosges et dans le Vimeu, un rameau de houx.
À Jeumont, on honore les filles sages en environnant leur maison de branches de bouleau ; dans l'Yonne, on offre à celles qui sont sympathiques, un rameau de charme ; dans les Vosges, un garçon qui veut être agréable à une jeune fille met au-dessus de sa cheminée une branche de laurier.Dans le Blaisois, les garçons gratifient d'une ramille de sureau les jeunes filles qu'ils accusent de manquer de franchise ; en Picardie, ce mai a pour but de tourner en dérision celle devant la porte de laquelle il est placé ; en Wallonie, il indique une conduite légère.
Au Moyen Âge, sa signification était méprisante, ainsi qu'il résulte d'un procès du XIVe siècle, fait par une jeune fille à un garçon qui, la nuit de Saint Nicolay, avoit mis à sa maison une branche de seur… en disant qu'il n'avoit mie bien fait de ce faire, et qu'elle n'estoit mie puante, ainsi que le dit seur le signifioit.
À Allaines (Somme) le sureau a encore le même sens : Du séü, tu pues.
Aux environs de Liège, un mai d'aune indique que la jeune fille a une mauvaise conduite
À Moncontour-de-Bretagne, une branche de pommier est accrochée à la porte des filles qui ont la réputation de boire.
Dans la Meuse, les amoureux pour se venger mettent à la porte d'une insensible un saule ou un sapin effeuillé.
Dans l'Yonne, on place un lilas à la maison des jeunes filles malpropres.
Dans le Vimeu : mai de fusain, ch'est une putain.
En Ille-et-Vilaine, celui de thym a la même signification, peut-être due à la rime : s'il y a des fleurs ou des boutons au mai d'épines blanches, la jeune fille n'est plus vierge.
Aux environs de Dijon, un bouquet de fleurs de tilleul placé pendant la nuit à la fenêtre d'une jeune fille indique qu'elle boit du tilleul, c'est-à-dire qu'elle est enceinte.

Les garçons expriment leur état d'âme à l'aide de fragments d'arbustes ; dans les Bouches-du-Rhône une branche de thym était une déclaration d'amour.
Dans les campagnes liégeoises le mai de frêne, celui de buis et celui de chêne signifient : je vous aime
En Ille-et-Vilaine un mai de chèvrefeuille, en patois cherfeu, veut dire : Ma chère fille.
Ailleurs comme dans la Meuse, la signification du mai est basée aussi sur des jeux de mots ou des assonances : le hêtre, il te hait ; le tilleul, il te veut ; le charme, tu me charmes ; l'aunaie (aune), je t'aurai ; le sau (saule), je te vaux ; la boulie (bouleau), je t'oublie.
Aux environs de Liège, un mai d'aune signifie : je t'abandonne.

Les branches et les bouquets constituent aussi une sorte de langage amoureux : à Bordeaux, si le jour de la Saint-Florent (24 décembre), un garçon offre une branche ou un bouquet d e gui à une jeune fille, celle-ci peut-être assurée qu'il l'épousera dans l'année ; une branche d e romarin était la plainte de l'amant provençal.
Dans plusieurs villages de l'Ube, le premier mai, des fleurs jaunes du genêt sont répandues dans les rues, de façon à former une sorte de chemin entre diverses maisons, qui indique les accointances amoureuses que l'on attribue à ceux qui les habitent.
En Saintonge, le galant évincé par une jeune fille et vice versa va, avant le jour, joncher de branches et de feuilles de lierre le chemin par où doit passer la noce.
En Saône-et-Loire, quand une jeune fille a été délaissée par son amant, ses camarades vont placer clandestinement des branches de saule devant la porte de l'abandonnée ; anciennement c'était de la sauge.
Dans le Maine, quand on surprend un garçon et une fille en conversation intime, on arbore un drapeau au faite de l'arbre le plus voisin. Personne n'oserait l'enlever avant que la pluie et le vent ne s'en chargent. On peut encore constater à la campagne, principalement sur le tronc des arbres lisses, le gracieux usage ainsi décrit par un poète du XVIe siècle :

Dessus l'écorce des fouteaux
Des fresnes et des chesnoteaux
Qui sont en tous cers doux bocages,
On voit Philanon et Philis
Liés d'un neud. Toy qui le slis
Bénis leur amoureux courage

Dans la Cornouaille et aux environs de Brest, les amoureux découpent des lettres sur un papier dont ils entourent une pomme en adjurant le soleil d'écrire sur le fruit le nom porté sur l'enveloppe.

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Image : Les amoureux de Peynet


Symboles de l'amour

À la Saint Valentin, nous célébrons l'amour et nous retrouvons un peu partout bon nombre de symboles qui représente cet amour : cupidon, petits cœurs… mais quelle est leur origine ?

Cupidon


Fils de Vénus, la déesse de l'amour, Cupidon est dans la mythologie romaine le dieu de l'amour. Cupidon vient du latin "cupido" qui signifie "désir". Dans la mythologie grecque, il correspond à Éros.
On le représente généralement par un enfant nu, avec un arc et des flèches d'argent, souvent couronné de roses, emblème des plaisirs et parfois les yeux bandés pour représenter l'amour aveugle.
La légende dit que si l'une de ses flèches vous touche, vous tomberez éperdument amoureux de la première personne que vous regarderez !


Le Cœur


C'est le plus vieux symbole de l'Amour, il est couramment utilisé depuis la préhistoire pour représenter le siège des émotions, peut être parce qu'il bat plus vite lorsqu'on ressent une émotion.
Depuis l'antiquité, les cœurs de couleur rouge sont synonymes d'amour fidèle.


La Dentelle et les Rubans


Sur les premières cartes de St Valentin on retrouvait souvent de la dentelle et des rubans.
Le mot dentelle vient du latin "laquaere" qui signifie attraper.
Autrefois, les femmes faisait tomber leur mouchoir "malencontreusement" afin d'attirer l'attention d'un homme et d'attraper son cœur…


Les Oiseaux


La colombe est le symbole de l'amour romantique, elle symbolise la grâce, la douceur, la pureté…
Le Cygne quand à lui symbolise la loyauté, c'était l'oiseau préféré de Vénus. Le mâle reste fidèle à la même femelle toute sa vie.
Au moyen Age on racontait que le jour de la St Valentin, certains signes prédisaient l'avenir sentimental. Voir un vol de cygne annonçait un mariage heureux, un rouge gorge prédisait un mariage avec un homme en uniforme, un moineau prédisait un mariage heureux avec un homme pauvre…



Signer x à la fin d'une lettre


Cela remonte aux débuts du catholicisme, le x représentait alors une croix, symbole de foi. Lorsqu'on ne savait pas écrire on signait X et on embrassait la croix devant témoin ! Cette pratique du baiser de la croix donna naissance au X symbolisant le baiser.

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Image : les amoureux de Peynet


L'amour et le mariage

Saint Valentin arrive ces prochains jours, aussi permettez-moi de vous parler d'amour durant toute cette semaine....

La pomme sert, dans quelques communes du pays de Redon, à une sorte de communion amoureuse ; celui qui va demander en mariage une fille qu'il connaît depuis son enfance, a soin de se munir d'une pomme et quand il se trouve avec elle, il y mord en disant :


M'aimes-tu ? M'aimes-tu pas ?

Si tu m'aimes, mords dans mon mias !


Si la fille accepte, le mariage est décidé ; si elle refuse, tout est rompu. Lors de la demande en mariage, des fruits servent, sans qu'il soit nécessaire de parler, à faire connaître comment elle sera accueillie : en Berry si le "menon" qui accompagne le jeune homme trouve, en remuant le feu avec son bâton, une pomme sous les cendres, il doit bien augurer de la négociation.


Dans les Landes, lorsqu'au repas qui suit une demande en mariage la jeune fille présente au dessert un plat de noix, c'est signe de refus.


Les branches et les fleurs sont aussi associées aux diverses phases de mariage : en plusieurs localités du Languedoc, on décore de guirlandes de myrte et de laurier et dune couronne de fleurs la porte de l'habitation des époux.


Dans le Gers on distribue aux hommes qualifiés de la noce un bouquet au centre duquel est une petite orange verte piquée au bout d'une baguette, et qui s'appelle le fiançalhoun.


En Béarn existait autrefois la coutume de tendre une ronce sur le chemin que les mariés prenaient pour se rendre à l'église ; ils ne pouvaient passer qu'après avoir donné quelque monnaie aux jeunes gens ; elle est encore observée dans la vallée d'Aspe et dans la Bigorre.


Vers le milieu du XIXe siècle, une singulière pratique avait lieu à Gaillac, dans le Tarn : lorsque les époux étaient agenouillés au pied de l'autel, les assistants faisaient pleuvoir une grêle de noix sur leur dos, et le premier qui se retournait vers les agresseurs devait être celui qui, selon le dire des bonnes femmes, apporterait le plus de jalousie dans le ménage.


Dans les Hautes Alpes, vers 1840, sur la table dressée à l'entrée de chaque village lorsqu'on savait qu'une noce devait y passer, il y avait deux noix confites, une pour chaque époux, et un verre de liqueur que les époux n'osaient refuser de boire la moitié chacun, ce qui signifiait qu'ils devaient être unis comme les coquilles d'une noix.


Dans le pays de Kernevel, on donnait des noisettes à la mariée pendant toute la première nuit de ses noces.


Dans certaines parties de l'Anjou, lorsque le cortège revient de l'église, on trouve un arbre planté la veille au centre d'une roue recouverte de terre. On invite tous les jeunes gens, marié et garçons d'honneur en tête, à venir essayer de l'arracher pour montrer leur vigueur ; après de vains efforts, on le brise en le tordant et on danse autour du tronçon.


En Saône et Loire, le jour qui termine les fêtes on pose un laurier sur le haut de la maison de l'épousée lorsqu'il n'y reste plus de fille à marier, et l'on danse autour si l'inclinaison du toit le permet.


Il y a quelques années encore, dans le Maine, la mère qui mariait son dernier enfant, s'attachait au dos, le soir du bal de noces, un petit sac rempli de noisettes rousses, et, où se trouvait un trou étroit qui laissait passer les noisettes une à une ; elle dansait jusqu'à ce que la dernière fût tombée.

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Image : les amoureux de Peynet


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