mardi 27 janvier 2009

Nukku Matti

Au milieu du golfe de Botnie, à peu près à égale distance entre la Suède et la Finlande s'éparpillent quelques petites îles pâles, les îles des Plumes : les Fjäderholm.

Si l'on s'en approche, si l'on aborde l'une d'entre elles, que l'on écarte les roseaux où s'effilochent les brumes, et que l'on avance dans l'herbe ouateuse, on entre dans le domaine de Nukku Matti, l'arrière-arrière-arrière-arrière grand-père du Sommeil et le frère cadet de la Mort.

Il est si vieux que lorsque Adam parvenu au bout du premier jour s'allongea et s'endormit pour la première fois, c'est déjà Nukku Matti qui lui lança du sable des Fjäderholm dans les yeux.
Il chante des berceuses, protège ceux qui dorment, veille sur les rêves.
Mais il est si vieux, si vieux que, parfois, durant sa tâche, il se laisse gagner par la torpeur que dégagent les milliers de dormeurs qu'il garde, et s'assoupit, laissant s'engouffrer les esprits du cauchemar. Il en oublie aussi certains qui deviennent somnambules.

Une malédiction de Mélusine

La tradition attribue à Mélusine la fondation et la destruction de Châtelaillon. C'est parce que le seigneur de la ville avait le coeur dur qu'elle ordonna aux vagues d'en faire l'assaut et de la démolir.

Durant une nuit de tempête où les rafales de vent et de pluie balayaient la campagne nue, Mélusine, déguisée en vieille pauvresse vint demander l'hospitalité à Châtelaillon. Mais le châtelain resta impitoyable. Dressée dans sa forme première, Mélusine maudit alors Châtelaillon au milieu des éclairs.
La ville s'en ira pierre par pierre sous les coups de l'Océan. Elle périra chaque jour d'un sou et d'un denier. On raconte que seule la cloche de l’église continue à sonner sous les eaux. On peut encore l’entendre, lorsque la mer est calme…


Longtemps, Mélusine vint lui enlever elle-même des pierres. Elle perdit, à la pointe du jour, une dornée, un tablier plein de pierres qui se transformèrent en dolmens à Ardillères. Elle en perdit aussi à la Jarne, sur le chemin qui la conduisait à Maillezais, où les débris de Châtelaillon se transformèrent en abbaye.

La place forte disparue, Châtelaillon rentre alors dans une période de profond sommeil. Paroisse en 1822 la ville disparaît même en tant que commune par ordonnance royale en 1823 pour être rattachée à Angoulins. Elle n’est plus qu’un paisible hameau de pêcheurs.

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