vendredi 4 décembre 2009

Le serpent qui vomit des eaux


Des légendes des Pyrénées, qui ne diffèrent que par des détails, font remonter l'origine d'un lac à l'énorme quantité d'eau absorbée, puis rendue, par un monstre.

Le plus grand serpent que l'on ait jamais vu se trainait jadis sur le plateau d'une montagne verdoyante : de beaux troupeaux allaient et venaient dans la vallée qui, s'étendait au-dessous ; mais pasteurs, chiens et troupeaux, enlevés de terre par une force irrésistible, montaient vers le plateau magique et s'engouffraient dans la bouche du serpent. Un homme du village d'Arbouix, qui avait beaucoup de courage et d'adresse, résolut de délivrer son pays. Il établit une forge au lieu le plus secret qu'il put trouver, et lorsque le fer était rouge, il le mettait à la portée du serpent, au péril de sa vie, bien qu'il eût soin de se retirer aussitôt. Lorsque le monstre, cherchant une proie, regardait de côté et d 'autre, il voyait ce fer rouge ; il l'aspirait comme toute autre chose, et par la puissance de son souffle, il l'avalait d'un seul trait. Le feu se mit à ses entrailles, et il eut une si grande soif, qu'il se mit à boire, à boire, et il buvait beaucoup. A la fin, il creva : l'eau qu'il avait absorbée se répandit et fit le lac d'Isabit.

Dans la version de Webster, les habitants, après avoir fait rougir tout le fer dont ils pouvaient disposer, éveillent le monstre qui l'aspire, et qui, pour étancher sa soif, avale tous les ruisseaux, de Pierrefitte à Gavarnie. Quand il fut mort, l'énorme quantité d'eau qu'il avait aspiré sortit de sa gueule et forma le lac.

Le héros du récit, un peu trop mis au point, de Bladé, est un forgeron qui installe sa forge dans une grotte, et se lie, pour ne pas être attiré par le serpent, avec des chaînes ; pendant sept ans, il lui sert des barres de fer rouge : pendant sept ans, pour éteindre le feu qui le brûlait, la bête avale la neige par charretées et met à sec les fontaines et les lacs. Quand elle finit par crever, il se forma un grand lac.
La légende se poursuit ainsi : Un an plus tard, il ne restait plus que les os du serpent sur le rocher dont il avait fait sa demeure. Avec ces os, les gens du pays firent bâtir une église. Mais l'église n'était pas encore couverte, que la contrée fut éprouvée, bien souvent, par des tempêtes et des grêles comme on n'en avait jamais vu. Alors, les gens comprirent que le Bon Dieu n'était pas content de ce qu'ils avaient fait, et ils mirent le feu à l'église.

3 commentaires:

  1. J'avais déjà entendu cette histoire mais je me rappelais plus d'où, merci.

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  2. Les légendes du monde se ressemblent beaucoup, celle-ci me rappèlle le ton des légendes amérindiennes du Québec.

    merci pour me l'avoir fait connaître.

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