lundi 9 novembre 2009

Il était une fois... un beau chêne


Il était une fois... Un beau chêne si grand et si robuste, qu'il faisait l'admiration de toute la forêt. Bruno l'écureuil y avait établi son refuge qu'il bourrait de glands provenant de l'arbre majestueux. Sur la plus haute branche, Madame Rossignol avait dressé fièrement son nid. Et entre les racines énormes, gîtait Pomponet le lapin.
En résumé, tous y trouvaient un logis confortable. Mais hélas, ce beau chêne était aussi convoité par des bûcherons. Ceux-ci étaient venus s'installer depuis peu dans le bois afin de commencer leurs travaux d'abattage. C'est ainsi qu'un beau jour, munis de leurs haches et scies, arrivèrent deux solides gaillards. Ils cernèrent le vieux chêne et se mirent à le marteler de leur cognée. L'arbre gémissait sous la douleur qu'on lui infligeait.
Mais que pouvait-il faire, le malheureux ? Il saignait sa sève un peu de partout et il sentait, impuissant, qu'il ne résisterait pas longtemps...
Réunissant ses dernières forces, il fit frémir branches et feuilles en un ultime appel de pitié. Ses amis Pomponet et Bruno folâtraient non loin de là. Ils entendirent l'appel de leur ami et accoururent à toute vitesse.
- Hô ! s'écrièrent-ils en chœur devant l'affreux spectacle.
Mais que faire ? Comment débarrasser leur ami de ces intrus malveillants ?
Tout à coup, Bruno eut une idée.
S'adressant à son compagnon, il lui dit :
- File à ton terrier sous les racines ! Hurle et grogne de toutes tes forces, sans te faire voir !
Sans chercher à comprendre, le lapin obéit. Profitant de quelques minutes de pause des bûcherons, il s'engouffra dans son refuge.
- Ah, mes amis, dit l'arbre dans un soupir, il va vous falloir trouver un autre logis car je vais mourir...
- Allons, ne dis pas de bêtises, lui répondit Pomponet. Nous allons t'aider.
Et puis, nous ferais-tu douter du proverbe : " Solide comme un chêne " ? Allez, un peu de patience...
- Bon, s'exclamèrent les bûcherons, au travail !
Ils s'avancèrent en direction du vieux chêne, déjà très mal en point.
Mais, à peine eurent-ils saisi leur cognée, que Pomponet exécuta les consignes.
- Houuu ! Hou... ! Grrrrrr... ! Et grrrrrrrr... ! grogna le lapin.
Au même instant, Bruno se mit à bondir de toutes ses forces, de branche en branche, surtout sur les plus garnies. Les glands se mirent aussitôt à pleuvoir sur les intrus. Les deux hommes, jetant des regards effarés de tous côtés, se mirent à courir, à courir... laissant là leurs outils.
- Merci mes bons amis ! dit le vieux chêne à l'adresse de Bruno et Pomponet. Vous m'avez sauvé la vie.
- Bah ! Ce n'est rien, répondirent ceux-ci. De toute façon, tu t'en serais bien tiré tout seul ! Tu es si énorme que ces deux bûcherons auraient bien fini par abandonner.
Ensemble, ils se mirent à panser les blessures du vieux chêne avec de la terre et des feuilles séchées. L'arbre, pour les remercier, écarta largement ses racines afin d'agrandir le terrier de Pomponet. Et il promit de donner, l'an prochain, encore plus de glands pour son ami Bruno.

***
Conte du Québec


2 commentaires:

  1. Rien de plus serein que l'ombre des ramures d'un chêne ... De quoi rêver à l'abris de ce grand arbre !
    Bien la bise !

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  2. Les arbres ont une grande valeur dans le domaine de la féerie ! Ils sont le cœur sacré de la forêt. il faut être sage pour apprendre les éléments du bois. il faut apprendre la lenteur, le silence, l'immobilité. les arbres ne parlent pas à ceux qui vont vite
    Bises à vous trois...

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