mercredi 10 juin 2009

En robe grise et verte avec des ruches


En robe grise et verte avec des ruches,
Un jour de juin que j'étais soucieux,
Elle apparut souriante à mes yeux
Qui l'admiraient sans redouter d'embûches ;

Elle alla, vint, revint, s'assit, parla,
Légère et grave, ironique, attendrie :
Et je sentais en mon âme assombrie
Comme un joyeux reflet de tout cela ;

Sa voix, étant de la musique fine,
Accompagnait délicieusement
L'esprit sans fiel de son babil charmant
Où la gaîté d'un bon coeur se devine.

Aussi soudain fus-je, après le semblant
D'une révolte aussitôt étouffée,
Au plein pouvoir de la petite Fée
Que depuis lors je supplie en tremblant.

Paul Verlaine

2 commentaires:

  1. ravissant merci de rappeler à ma mémoire ce texte délice-cieux de Verlaine !

    impug !

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  2. Pas de quoi Servanne... C'est que les fées sont souvent cachées dans les écrits des Grands !!
    Bisous

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