vendredi 15 mai 2009

La mariée

Et puisque nous avons entamé la cérémonie du mariage, allons jusqu'au bout ! Occupons-nous de la mariée ! Depuis toujours, les superstitions associées au mariage en général et à la mariée en particulier sont légion. Si vous souhaitez en connaître d'autres, rendez-vous ICI et ICI

Rares sont les endroits du monde où des rites de toute sorte ne sont pas scrupuleusement respectés afin que le mariage soit heureux.
La superstition est évidemment sous-jacente dans le dicton relatif à la tenue de la mariée :
"Quelque chose de vieux, quelque chose de nouveau, quelque chose d'emprunté, quelque chose de bleu".
Cette tradition est issue de l'Angleterre de la fin du 19ème siècle ("Something old, Something new, Something borrowed, Something blue"). Et sa signification est la suivante :
- L'élément "vieux" : il caractérise le lien familial de la mariée et sa vie jusqu'au mariage. Pour cela, c'est souvent un bijou de famille ancien.
- L'élément "neuf" : Il caractérise la réussite et le succès pour la vie à venir. Pour cela, c'est souvent la robe de mariée.
- L'élément "emprunté" : Il caractérise la chance et le bonheur pour le couple de futurs mariés. Pour cela, c'est souvent un accessoire ayant déjà été porté, le jour de son mariage, par une mariée heureuse et comblée.
- L'élément "bleu" : Il caractérise la fidélité et la pureté dans le couple. Pour cela, c'est souvent un accessoire discret (mouchoir,…).
Le tout choisi par la mariée elle-même !

On dit de toute jeune mariée qui porte le jour de ses noces la robe de mariage de sa mère qu'elle sera heureuse.
Les robes de couleur étaient généralement réservées aux demoiselles d'honneur et les coloris les plus recherchés étaient le bleu, le rose et l'or.
Le rouge porte malheur. D'ailleurs, si une mariée tache sa robe de la plus petite goutte de sang cela signifie qu'elle ne vivra pas longtemps.
Le vert est aussi une couleur maléfique puisqu'il symbolise la jalousie. Précisons que les Irlandais et les Musulmans ne sont pas d'accord sur ce dernier point.
Si la plupart des futures épouses choisissent le blanc depuis le 16e siècle dans le but d'imiter la reine Victoria, cette tradition aurait été interrompue pendant quelque temps de sorte qu'avant la Première Guerre mondiale, la mariée portait une robe bleue, grise ou noire. Aujourd'hui, la robe blanche est largement répandue puisqu'elle symbolise la virginité, mais on y ajoute des couleurs et c'est tant mieux…
La soie est le tissu le plus utilisé pour la confection des robes de mariages ; le satin est maléfique ; quant au velours, il représente le pouvoir plus que tout autre chose ! Il semblerait que le fait de coudre elle-même sa robe pourrait porter malheur à la mariée.
Sur la robe de mariage, il ne doit y avoir aucun dessin et surtout pas d'oiseaux, qui sont tous de mauvais augures comme chacun sait, encore moins de pampres brodés qui annoncent la mort.
Une des traditions qui subsiste encore aujourd'hui consiste à éviter que le marié voie la robe de sa future avant leur mariage. Cela leur porterait malheur. Mais ce que plus de gens ignorent, c'est que la mariée non plus ne devrait pas se regarder dans le miroir... pour les mêmes raisons !

Le voile, lui, sert à cacher les traits d'une femme aux esprits mauvais qui sont toujours attirés par le charme. En conséquence, il est rabattu sur le visage de la mariée jusqu'à ce qu'elle soit dans l'église sous la protection de son époux.
En de nombreuses régions, on dit que lorsque le nouveau marié soulève le voile pour embrasser sa jeune épouse, elle doit verser quelques larmes, faute de quoi, elle pleurera toute sa vie.
Cette tradition du voile pourrait provenir de l'époque ancienne où l'homme passait un drap sur la tête de la femme de son choix pour la kidnapper, "coutume" qui se serait ensuite transformée à l'époque des mariages arrangés, pour devenir une habitude de masquer le visage de la mariée jusqu'au moment où les époux étaient officiellement engagés. Ainsi, les critères physiques ne devaient pas entrer en ligne de compte pour le mariage. De nos jours, à la fin des cérémonies, la mariée qui porte un voile en tulle, le découpe en rubans assez longs et les distribue aux femmes célibataires présentes, en gage de leur mariage prochain.

Lorsque l'on se marie, on fait alliance, on s'unit à vie pour le meilleur et pour le pire. D'où le nom "alliance" donné à cet anneau échangé lors du mariage.L'alliance, comme la bague de fiançailles d'ailleurs (bague de fiançailles uniquement pour la femme, car lors des fiançailles, on ne fait pas alliance, mais juste une promesse de mariage), est traditionnellement portée à l'annulaire gauche, doigt qui, selon une légende de l'Ancienne Égypte, se trouve placé sur le chemin de la "Vena Amoris" ("Veine de l'Amour") qui mène directement au cœur…En fait, cela viendrait du fait qu'au 17ème siècle, à l'occasion d'un mariage chrétien, le prêtre qui officiait lors de cette cérémonie, après avoir touché, les uns après les autres, les trois premiers doigts de la main gauche, le pouce, l'index et le majeur (Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit), arriva alors au quatrième doigt, l'annulaire, qu'il choisit comme place pour l'alliance.

Chez les Anciens, les fleurs symbolisaient la sexualité et la fertilité. De nos jours, la mariée tient donc un bouquet pour assurer son bonheur conjugal. Les rubans du bouquet portent chance et sont les souhaits de santé et de bonheur des amis de la mariée. Le Lierre symbolise l'attachement et l'amour éternel : Cela provient de son feuillage toujours vert et de sa propension à se fixer fortement là où il pousse

Il est encore d'usage, de nos jours, que la mariée se tienne à la gauche de son futur époux pendant les différentes étapes de la journée. Cette tradition très ancienne découle de l'époque où l'homme passait un drap sur la tête de la femme de son choix pour la kidnapper, et où il devait parfois croiser le fer avec les hommes de sa famille ou d'autres prétendants : En tenant la mariée avec sa main gauche (et sachant que les droitiers sont majoritaires), il laissait ainsi sa main droite disponible pour se servir de son épée.
Sur le chemin de l'église, il est de mauvais augure pour un cortège de rencontrer un policier, un médecin, un juge, un prêtre ou un aveugle. Il doit pénétrer dans l'église par la porte prévue pour en sortir ; dans le cas contraire, les signes ne seraient pas favorables.
De plus, la mariée franchit encore souvent le seuil du domicile conjugal dans les bras de son mari. Cette tradition proviendrait d'une légende, du temps de l'Empire Romain, qui disait que toute femme qui trébuchait, en entrant pour la première fois en tant qu'épouse dans la maison commune, verrait son mariage courir à la catastrophe : La porter permet d'éviter cela et de conjurer ainsi le mauvais sort.

Lancer du riz à la sortie de l'église est encore une coutume à l'honneur de nos jours, elle octroie la fertilité, parait-il. Alors que tant d'invités tiennent absolument à ce que le riz tombe sur l'heureux couple, on sait qu'à l'origine, il devait être lancé autour d'eux afin de les protéger du malheur.
Actuellement, les confettis, bulles de savon et autres pétales, outre leur effet visuel non négligeable, ont aussi la réputation d'éloigner les "mauvais esprits" loin des jeunes époux.

La tradition des dragées n'est pas liée à la religion : On les retrouve à l'occasion de toutes les fêtes familiales et les dragées restent une tradition très vivace. Tout commença avec l'amande que, dans la Grèce Antique, on trempait dans du miel avant de la déguster. C'est d'ailleurs une légende grecque qui a associé les amandes à l'amour : Un jeune homme grec, qui devait épouser la femme qu'il aimait, dû, avant le mariage, retourner à Athènes où son père venait de mourir. Il promit à son aimée de revenir pour la date du mariage, mais estimant mal le temps nécessaire au voyage, il ne revint que trois mois plus tard. Durant ce temps, le jeune femme, persuadée que son amour ne reviendra pas, se donne la mort par pendaison. Les Dieux, touchés par cette preuve d'amour si intense, la transforme alors en amandier, arbre qui se met à fleurir lorsque le jeune homme lui offre son amour éternel… Dès le 16ème siècle, il est fait une grande consommation de dragées. Les monarques eux-mêmes ont un drageoir dans la poche. En 1651, Colbert, ministre et fondateur de l'Académie des Sciences, note qu'il se fait à Verdun un grand commerce de dragées. A cette époque, on offre des dragées dans toutes les Cours Princières d'Europe… C'est en effet à Verdun, en 1220, que sont fabriquées les premières dragées. A cette date, les dragées sont vendues aux femmes enceintes par les apothicaires, comme bienfaisantes pour leur grossesse.Les dragées symbolisent donc principalement la garantie de l'Amour éternel, de la fécondité et de la descendance aux jeunes mariés. Les invités l'emportent aussi comme un souvenir, et ceux qui n'ont pu assister au mariage recevront ce témoignage de l'affection des mariés. C'est aussi une façon de prolonger la fête.

La jarretière, symbole de pouvoirs chamanistiques, pourrait remonter à l'époque paléolithique. Dans certaines peintures rupestres, on voit des danseuses qui portent des jarretières. Pour certains, il pourrait même y avoir une relation entre la jarretière de la mariée, des fées renfermant des pouvoirs magiques, et l'Ordre de la Jarretière :
Si dans la préhistoire, elle fut un symbole de pouvoirs magiques, la jarretière dénota aussi un rang social élevé dans l'ancien culte des sorcières, puis les mythes l'ont transformée en amulette magique, dans toutes les légendes et les contes de fées où elle apparaît.
En fait, la jarretière symbolise le mystère, et surtout la Virginité. Chez les Hébreux, on disait que le bleu et le blanc sont les couleurs symboles de l'amour, de la pureté, et de la fidélité. Les futures mariées étaient donc encouragées à porter une jarretière à ces couleurs.
Enfin, L'Ordre de la Jarretière, qui est le plus important ordre de chevalerie britannique, et l'un des plus prestigieux au monde, est considéré comme la récompense la plus élevée pour la fidélité et le mérite militaire. Cet ordre serait inspiré d'un incident qui aurait eu lieu, au 14ème siècle, tandis que le roi d'Angleterre Edward III dansait avec la Comtesse de Salisbury : La jarretière de la Comtesse serait tombée au plancher et après que le roi l'ait ramassée, il l'aurait attachée à sa propre jambe. La jarretière était un ruban de velours bleu foncé, brodé de roses dorées et bordé de chaînes en or. Dans cet Ordre, elle était portée par les dames au bras gauche et par les chevaliers au-dessous du genou gauche.
De nos jours, la tradition de la jarretière de la mariée "mise en vente" provient du fait que les invités, bien avant l'apparition des listes de mariage, se devaient de participer, financièrement, au départ dans la vie des nouveaux mariés. Même si, au fil du temps, l'âge moyen des mariés évolue sensiblement, auparavant, les conjoints plus jeunes ne refusaient pas une aide financière. Les temps ayant changé, il est vrai qu'à l'heure actuelle la tradition de la jarretière se perd un peu …

Les cadeaux de mariage sont, eux aussi, le prolongement d'une vieille coutume. Jadis, on présentait, en effet, des fruits aux jeunes mariés toujours pour favoriser leur fertilité. En Allemagne, on offre encore des noix à la mariée et l'expression "aller aux noix" est un euphémisme pour dire "faire l'amour"

Une autre superstition rencontrée en France et même en Asie dit que si la mariée est la première à se glisser sous les draps le soir de ses noces, elle mourra avant son mari.

***
1ere image : provenant de l'atelier Romain Monge

2 commentaires:

  1. C'est intéressant. Ces légendes au fils du temps. Autant d'histoires et de traditions sur le mariage,j'en prend note.

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  2. A relire au moment de St Valentin, pour rêver au mariage...
    merci cher anonyme de ton passage dans mon pays...

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