mercredi 15 avril 2009

La générosité de la fée

A Montois-la-montagne vivait, autrefois, un noble chevalier au coeur d'or. Malheureusement, il n'était pas fortuné. Sa pauvreté ne l'empêchait pas de soulager, dans la mesure du possible, la misère des malheureux plus pauvres que lui.
Un jour qu'il se promenait, à midi, dans la forêt voisine, il aperçut une vieille femme en haillons, occupée à cueillir des simples et des baies. La vieille voulut s'enfuir, mais le chevalier lui parla avec beaucoup de douceur et de bienveillance, l'encouragea de poursuivre sa cueillette et lui fit don d'une légère aumône. La vieille qui était fée, remercia l'aimable donateur, ajoutant que sa petite pièce de monnaie lui porterait des fruits d'or.
Le lendemain matin, le cuisinier du château présenta à son maître une bourse qu'il avait trouvée dans un coin de l'âtre. Très surpris, le chevalier ouvrit la bourse : elle était pleine d'écus d'or. Pendant huit jours, le cuisinier fit la même découverte. Finalement, le chevalier voulut éclairer ce mystère. Il se cacha, le soir, après le coucher des domestiques, dans la cuisine, et attendit. Bientôt, il vit, à la lueur de la lune, les dalles de l'âtre se soulever ; des lutins sortirent du sol et, remplissant la cuisine, se mirent, les uns à préparer un mets, les autres à le cuire.
Soudain, en entendant le chevalier respirer un peu bruyamment, toute la bande disparut par où les lutins étaient venus. Le maître du château trouva bien une bourse, mais elle était remplie de petits cailloux. Depuis cette nuit, la générosité de la fée ne se renouvela pas.


***
Telle est la mésaventure du chevalier de Montois-la-Montagne (Moselle) qui fut puni pour sa curiosité après avoir été récompensé pour sa bonne action. Mais bien entendu, le mot curiosité ne doit être pris ici que dans son sens négatif. Car il existe uen curiosité légitime, celle qui fait progresser l'homme dans la voie de la Connaissance, celle dont ne manquait pas nos ancêtres les Gaulois qui furent à l'origine de nombreuses inventions, de découvertes et de quêtes aventureuses (ces dernières trouvant au Moyen Âge les prolongements littéraires que nous connaissons).
Remarquons, pour une fois, l'alliance complice qui unit les lutins à une fée et qui rend ainsi aux premiers la qualité de serviabilité qui est la plus souvent la leur.

2 commentaires:

  1. L'alliance de la Fée et des lutins, l'apparence de la vieillesse masquant la jeunesse de la Fée, le bon et le mauvais côté de toute curiosité... j'aime ce côté "double" des contes...

    Bises & Amitié à toi, chère Mélusine !!!

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  2. Et tu sais bien les raconter dans tes ouvrages en y mêlant toute la tendresse et la sensibilité des personnages !!
    Bisous cher Dourvac'h

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