mercredi 11 février 2009

L'effeuillement et le comptage des pétales

Actuellement la formulette : "Il m'aime un peu, beaucoup, passionnément, point du tout" est usitée en ville comme à la campagne. En Normandie, les filles la récitent en arrachant un à un, les pétales de la grande pâquerette, qui y porte le nom gracieux de : "Il m'aime".

En Poitou, la phrase adressée à la pâquerette est "Elle m'aime un peu, beaucoup, par fantaisie, par jalousie, pas du tout.

Certains en Wallonie interrogent ainsi la "franche marguerite"; M'aimes-tu ? – Je t'aime – Un peu – Beaucoup – Passablement – Tendrement – Passionnément – Rien du tout.

Les jeunes filles de la Basse-Normandie adressent à cette fleur ces paroles traditionnelles :


Marguerite,

Fleur petite,

Rouge au bord, vertes autour,

Ah ! Dis-moi, dis-moi le secret de mes amours.


Dans les landes, on la consulte pour savoir si l'amant attendu viendra au rendez-vous ; cette épreuve sert aussi à connaître l'état civil futur ; en Haute-Bretagne, on effeuille la Pâque en disant :

Fille, femme, veuve, religieuse.

Gars, homme, veuf, religieux.


Les jeunes filles du Bocage Normand adressent à la grande pâquerette la première de ces formules ; celles du Maine la prononcent en détachant les corolles de la queue de renard, celles de la Haute-Bretagne se servent d'un épi d'ivraie.

En Auvergne, c'est la fougère que l'on interroge en disant à chaque foliole enlevée : "Prêtre, marié, garçon". En consultant l'ivraie, les jeunes Picardes disent, en commençant à détacher les feuilles par le bas : "M'marierai, m'marierai point !".

En Wallonie, la jeune fille questionne une graminée à épillets sessiles qu'elle tire l'un après l'autre pour savoir qui elle épousera : "Un droit, un cron (bossu), un chalé (boiteux), on djône, on vîx, on vef".


Les consultations par l'effeuillement ou le comptage des pétales ou des grains ne sont pas toutes en rapport avec l'amour.

En Wallonie, les enfants, en arrachant celles de la grande marguerite, prononcent ces mots : "Maison, baraque, château".

Dans l'Albret pour savoir si l'année est bonne ou mauvaise, on tire une à une les graines sur une tige d'ivraie en disant sur la première : pain ; sur la seconde : Vin ; sur la troisième : Viande ; sur la quatrième : Foin, et l'on recommence jusqu'à la dernière graine.

Les enfants wallons comptent les épis du ray-grass en disant : "Paix, guerre, famine, bon temps" ; en Normandie, on dépouille grain à grain un fol épi en récitant une formule analogue.

Dans le Maine, on dit en effeuillant les corolles de la queue de renard : "Paradis, purgatoire, enfer.

En Wallonie, le dépouillement des graminées s'applique à des sujets variés ; c'est ainsi que pour savoir l'origine d"un vêtement, on dit :"Donné, och'té, trové, happé".


La consultation par le lancement est assez rarement pratiquée : en Wallonie, après avoir effeuillé la marguerite, on détache les étamines, on les jette par trois fois en l'air et on les fait retomber sur le dos de la main ; ce qu'il en reste à la troisième fois indique le nombre d'enfants qu'on aura ; à Baugé (Maine-et-Loire) un seul jet suffit.

Au XVIIIe siècle, on jetait la paille au vent lorsqu'on était certain de sa route et on se régalait sur le mouvement que le vent donnait à la paille, pour savoir de quel côté il fallait se tourner.


Une autre épreuve est basée sur le plus ou moins de fraîcheur des pétales détachées. À Nivelles, la jeune fille qui hésite entre deux amoureux effeuille deux bluets qu'elle place séparément dans deux plis cachetés, sur chacun desquels elle écrit le nom des concurrents ; au bout de trois jours, elle ouvre, et le bluet le moins desséché porte le nom du futur mari.


***

Image : Les amoureux de Peynet

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