mardi 16 décembre 2008

JOYEUX NOËL !


Carol Of The Bells - Trans Siberian Orchestra


Aby et Mélusine vous souhaitent de JOYEUSES FÊTES de fin d'année.

Remplissez vos coeurs de toute la douceur que vous pouvez emmagasiner
et apportez plein de joie autour de vous !
Profitez de ces moments avec la famille ou entre ami/es...
Ils vous offriront ainsi un immense bonheur qui saura vous réconforter

Quant à nous, nous serons absentes jusque début janvier,
mais vous retrouverons avec plaisir pour vous conter d'autres merveilles.

A bientôt
On vous embrasse
Les Fées



Les Tisanières

Il était une fois une vieille femme qui tomba gravement malade. Les médecins vinrent dire que plus rien ni personne ne pourrait la sauver. Alors, à sa seule petite-fille qui, auprès d'elle restait, la mourante chuchota dans un souffle :
- Il pousse tout en haut du plus haut sommet des plus hautes montagnes une herbe qui guérit, une herbe qui rend la vie. Mais le voyage est si long, si pénible, si plein de périls que je n'ose te demander d'aller la cueillir.
- Comment la reconnaîtrai-je ?
- On te la montrera
Aussitôt l'enfant partit. Elle s'en alla par les chemins à la recherche de l'herbe de vie. Les cailloux blessaient les pieds à travers les souliers, et le chemin devint bientôt une rivière de feu. Comme elle avait soif, elle s'assit au soir à l'ombre du seul arbre qu'elle put trouver et tira de son sac le peu qu'elle avait : une petite gourde pour boire et trois miettes de pain dur. A peine avait-elle installé son repas sur la serviette blanche étalée sur ses genoux qu'une pie se posa à ses côtés :
- Aurais-tu du pain pour mes petits ? Je ne demande rien pour moi mais pour les petits que j'ai et qui crient dans le nid.
Et l'enfant partagea les miettes du pain. Le lendemain, après avoir dormi sur un lit fait de mousse et de trois feuilles, elle reprit sa route sans attendre. Autour d'elle le pays était comme un pays brûlé, sans une ombre pour se rafraîchir et se reposer. Toujours, il fallait marcher car, si peu qu'elle s'arrêtât pour souffler, il lui semblait que la braise sous ses pieds allait gagner ses jupons et faire d'elle un brandon.
Pourtant, pas une seule fois, elle ne songea à faire demi-tour car elle savait que tout en haut du plus haut sommet des plus hautes montagnes qu'elle gravissait se trouvait l'herbe à guérir.
Le soir venu, qui n'était pas comme les soirs d'en bas, quand les ombres s'allongent pour faire du frais au seuil des maisons, elle s'arrêta dedans la seule petite ombre qu'elle put trouver à la ronde, et s'assit au pied d'un puits tout asséché. Aussitôt qu'elle eut sorti sa gourde pour boire, elle entendit une faible voix monter du fond du puits :
- Tu ne peux me voir car je n'ai même plus assez d'eau pour avoir un reflet. Laisse tomber un peu de ta gourde tout au fond de moi, sinon je n'aurai plus de puits que le nom.
Et la petite sacrifia alors le contenu de sa gourde, car un puits sans eau ne peut plus être un puits et, mourant de faim et de soif, l'épuisement l'endormit.
Le lendemain, une fois encore, elle reprit la route sans songer une seule fois à repartir en arrière, car tout en haut du plus haut sommet des plus hautes montagnes croissait l'herbe de vie. Longtemps encore elle avança sur la route toujours plus longue, plsu raide et brûlante. Autour, le pays devenait toujours plus désert et des serpents de feu sifflaient sur les cailloux. Et lorsqu'au soir d'un soir dont elle ne connaissait plus le jour, elle put enfin atteindre le sommet de la plus haute cime, le soleil avait noirci sa peau et brûlé ses yeux. Elle se crut devenue comme une ombre sans ombre.
Elle sentait bien sous ses doigts des herbes se presser mais ne savait laquelle choisir parmi toutes celles qui s'agitaient. Avait-elle fait tout ce chemin pour rien ? Quand soudain, dans la nuit de ses yeux, une ombre sembla se détacher et, contre sa joue, elle devina un souffle battre de l'aile et se poser, et en même temps que sa vue revenait, elle aperçut la pie picorant un nuage de pluie qui se mit à chanter... et tout son être égayé se sentit rassasié. Ce n'était plus une pie ni la cascade d'un puits mais une Fée qui vers elle se penchait. Elle reconnut sa grand-mère, belle de santé, qui souriait en lui tendant une herbe toujours plus grande et plus verte qui semblait naître des ses mains.

C'est par cette histoire que les Chroniques elfiques illustrent la Fée des herbes et des simples que la "petite mythologie" appelle Tisanière. Toute fleur est l'ouvrage d'une Fée, la végétation dans son entier est un livre et un jardin des Fées. Toute l'histoire elfique se raconte dans l'herbe dont chaque brin est une réduction de l'Arbre cosmique reliant le terrestre au céleste.
Dans ce verger vivent les Tisanières. Pour récolter les parfums, les sucs, la quintessence de la pensée elfique, en séparer les principes subtils - entre l'obscur et la lumière, le vénéneux et l'élixir -, il fallait une Fée bien sage et bien vieille. Une Fée qui, lentement, en aurait vécu tous les stades et les états : de l'éther à la graine, de la fleur à l'étoile, d'anneau en anneau, remontant lentement la spirale d'une dendochronologie sans début ni fin. De son art, Flore, les Nymphes, les Lutins, le Peuple de Féerrie ont obtenu immortalité et jeunesse éternelle. Les Tisanières en infusant l'Esprit de la Fleur d'Or ont découvert la source de Jouvence. A tous les "écoutants", elles en ont enseigné le savoir, les sages l'ont compris. A travers les légendes, les croyances, la soupe d'herbes, les remèdes de bonne femme, le brouet des sorcières, les recettes de famille et la médecine des plantes, le Vieil Art s'est transmis, même auprès des mortels.

Les Tisanières comme les Licornes ont depuis longtemps disparu de nos paysages, mais le parfum de leurs "influences", le souvenir de leurs "exaucements" greffés aux ramures sauvages des sortilèges et talismans, des coutumes et croyances, continuent à liseronner l'herbier légendaire...




Les Tisanières - Description

La Tisanière n'est pas très grande, mais belle ; c'est d'abord un parfum, une claire impression de fraîcheur et de bonté qui émane d'une ombre rassurante. Son physique n'est pas bien défini, ni très caractéristique. Elle ressemble à une grand-mère, une voisine, une vieille tante qu'on a aimé autrefois et dont in retrouve certains détails ; un long nez, une joue ridée, un coin de baiser piquant ou un regard tout plissé de malices autour des paupières et qui vers nous se penchait pour écouter, consoler et soigner le bobo.

D'autres l'ont vue sorcière, crochue-bossue, les yeux louches sous des sourcils chenilleux, le menton en galoche, le nez penché en avant flairant au ras des champignons les herbes méchantes, la bouche ricanante de mal-faire ; avec une longue queue traînant derrière de sales cotrons. Les jambes maigres comme des branches d'épine, les cheveux gris ébouriffés de ronces.


On l'a vue longtemps en cueilleuse de simples, courbée par l'âge, le regard de tisane, et le chignon posé haut pareil à un bolet sur un coussin de mousse.


Elle porte à l'origine la robe verte des Dames Sages, la traîne des frondaisons royales, mais on se souvient plutôt d'une sobre garde-robe : un col blanc orné d'une broche dont le dessin des myosotis fut les premières joies des cueillettes enfantines, un tablier lustré douillet, un châle entrelacé de fleurs où se perdaient des oiseaux de paradis qu'on entendait chanter avant de s'endormir. Ou bien d'étranges oripeaux noirs, râpés et voilés de toiles d'araignée. Ou vêtue de flanelle grise, chargée de sacs en grosse toile bourrés d'herbes odorantes et de feuillages.


Elle habite un peu partout dans le monde, dans des cabanes ou des chaumières enfouies sous des flots de lierre et de polygonacée. Au cœur d'un intérieur envahi de brassées, de bouquets, de jonchées de mille herbes qui sèchent au grenier, pendent aux poutres, infusent dans des pots, se distillent au fond des alambics. Et sur le poêle ventru, ou dans la marmite de l'être, chantent et fumaillent des vapeurs d'encens, des soupirs de bouilloires, des murmures de théières.


Elle se nourrit de tisanes, infusions, thés, décoctions, bouillons, macarons et petite gouttes d’eau-de-vie.


De leurs secrets, elles ont laissé le savoir des plantes guérissantes.

Elles ont légué le bon usage des plantes médicinales, l'art de la préparation des plantes, des infusions, des macérations, des décoctions, des recettes de vin d'angélique.



Ballade à la Lune


C'était, dans la nuit brune, sur un clocher jauni,
La lune, comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre promène au bout d'un fil,
Dans l'ombre, ta face et ton profil ?

Es-tu l'oeil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard nous lorgne
Sous ton masque blafard ?

Est-ce un ver qui te ronge quand ton disque noirci
S'allonge en croissant rétréci ?

Es-tu, je t'en soupçonne, le vieux cadran de fer
Qui sonne l'heure aux damnés d'enfer ?

Sur ton front qui voyage, ce soir ont-ils compté
Quel âge à leur éternité ?

Qui t'avait éborgnée l'autre nuit ? T'étais-tu
Cognée contre un arbre pointu ?

Car tu vins, pâle et morne, coller sur mes carreaux
Ta corne, à travers les barreaux.

Lune, en notre mémoire, de tes belles amours
L'histoire t'embellira toujours.

Et toujours rajeunie, tu seras du passant
Bénie, pleine lune ou croissant.

Et qu'il vente ou qu'il neige, moi-même, chaque soir,
Que fais-je, venant ici m'asseoir ?

Je viens voir à la brune, sur le clocher jauni
La lune, comme un point sur un i.

Je viens voir à la brune, sur le clocher jauni,
La lune, comme un point sur un i.

Alfred de Musset



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