lundi 15 décembre 2008

Les douze fées de la Planche-des-Belles-Filles

Il y a plus de cent ans, dans les chaumières de la Comté vosgienne, de Faucogney à Melisey, de Servance à Champagney, les villageois se réunissaient le soir avec grand plaisir pour la veillée. Assises en demi-cercle autour de l'âtre, les femmes filaient la laine, brodaient, cousaient tandis que les hommes devisaient en fumant la pipe.

On raconte que bien des maisons des hameaux tranquilles des Granges, de la Rochotte, du Clairmont, etc. recevaient après dix heures la visite de jeunes filles aux yeux rieurs et empreints d'une infinie bonté. Leurs visages aux traits réguliers étaient auréolés par de longs cheveux d'or, soyeux et bouclés naturellement. De taille fine, gracieuses et gentilles, elles paraissaient des êtres d'exception. Entrant discrètement toujours deux par deux, elles s'asseyaient à l'écart sur les sièges qu'on leur réservait. La légende précise bien sûr, qu'elles ne fréquentaient que les familles paisibles et charitables, chez lesquelles tout passant - tout vagabond même - était accueilli fraternellement.


Elles s'habillaient comme les villageoises de la contrée, mais de toute leur personne émanait un charme, un attrait indéfinissable. Elles étaient douze, toutes semblables et il était difficile de les distinguer. Leur nom et leur résidence étaient inconnus, on supposait seulement qu'elles étaient fées. Elles égayaient les longues soirées de leurs voix douces et harmonieuses.


Observateur et finaud, le vieux Joseph expliquait en patois :

- Elles doivent être toutes jumelles ; cependant selon que l'une ou l'autre est présente, l'ambiance est différente. A leur conversation, à leur réaction, je peux les reconnaître. L'une sait conter avec talent, l'autre chante à merveille, une troisième n'a pas sa pareille pour filer la quenouille, une quatrième encore sait distraire avec des blagues à se tordre... L'une connaît toutes les recettes de la parfaite cuisinière et l'autre, les tisanes, les remèdes utilisant les plantes médicinales.

Si quelque participant se montrait trop curieux sur leur origine, elles savaient éluder les questions ou s'éclipser rapidement. Aussi évitait-on de les interroger à ce sujet et l'énigme restait entière. On chuchotait qu'elles affectionnaient les ballons vosgiens, l'air vif et les hauts sapins de la montagne.

Habituellement, si la réunion s'était déroulée sans incident, elles prenaient congé de leurs hôtes en les saluant de quelques inclinaisons de tête, quand les douze coups de minuit s'égrenaient au clocher voisin. Nombreux furent ceux qui proposaient de les accompagner à leur logis. Elles refusaient invariablement, les remerciant de leur prévenance et s'éloignaient dans la nuit. On sentait qu'il leur était désagréable que l'on insistât.


Or un soir de novembre obscur et sans lune, un bûcheron curieux voulant connaître leur mystérieux refuge, les suivit à distance en se cachant derrière les haies, taillis, et troncs d'arbres. Elles gagnèrent la vallée du Rahin, la remontèrent jusqu'en aval des cascades au nord de Plancher-les-Mines, pour gravir ensuite le versant abrupt et boisé de la Planche-des-Belles-Filles. Au sommet, les deux fées qui avaient participé à la veillée, disparurent comme par enchantement, chacune dans un arbre. Fourbu mais satisfait, se réjouissant intérieurement de son exploit, notre gaillard redescendit au hameau qu'il rejoignit au matin.

Ces dames apprirent bien vite que deux d'entre elles avaient été suivies. Leur vengeance prompte et impitoyable ne tarda pas. Deux jours plus tard, l'indiscret bûcheron fit une chute de plusieurs mètres qui lui fut fatale. Au village chacun interpréta cet accident malencontreux comme une punition des fées, que le plaisantin avait voulu mystifier. Cet hiver-là, méfiantes, elles n'assistèrent plus aux veillées dans la vallée.


Au printemps suivant, alors qu'on célébrait le mariage de la douce Éléonore dans la région de Melisey, deux charmantes jouvencelles se joignirent aux invités. C'étaient les fées dé la Planche-des-Belles-Filles. Au cours des précédentes soirées, elles avaient sympathisé avec la jeune épousée discrète, bien élevée, estimée de tous, qui leur avait sans doute glissé à l'oreille :

- Comme cela me ferait plaisir si vous pouviez venir à ma noce !
Rayonnantes de simplicité et de naturel, elles avaient revêtu d'élégantes robes, longues et chatoyantes, de soie aux tons pastel, couleur de l'aube. Au cou et dans leur chevelure étincelaient des brillants semblables à de grosses gouttes de rosée. Elles enchantèrent l'assistance par leurs compliments originaux, leurs contes et refrains divertissants. Vers le soir, les participants les virent s'éloigner à regret.

Mais avant de partir, elles sortirent des branchettes de sapin toutes pareilles, de leur panier en fine dentelle d'osier, orné de fraîches campanules. Elles les remirent aux nouveaux mariés et à chaque demoiselle d'honneur en cadeau de mariage symbolique. Cela fit sourire bien des convives. Étaient-elles vraiment fées ? Ne pouvaient-elles utiliser leur baguette magique pour offrir des cadeaux plus importants ?


Les filles d'honneur firent peu de cas de leur présent qu'elles jetèrent ou perdirent sur le chemin du retour. Par contre les époux conservèrent précieusement les leurs en souvenir et comme gage de la bonté des fées. Quelle ne fut pas leur surprise le lendemain matin en constatant que les deux rameaux de sapin étaient devenus deux branchettes d'or !

Apprenant ce prodige, les jeunes étourdies regrettèrent fort d'avoir méprisé leur petit cadeau. Elles essayèrent de le retrouver, refaisant tout le trajet parcouru le soir. Hélas! ce fut en vain.
Ces sapins d'or furent le meilleur présage pour le jeune couple qui vécut de longues années de bonheur.


Deux ans plus tard il fêtait le baptême d'un petit François. Au dessert, deux admirables visiteuses drapées de voiles vaporeux frappèrent à la porte. Évidemment c'étaient deux fées descendues de la Planche-des-Belles-Filles, toujours semblables et enjouées. Avec empressement, on les reçut. Elles s'extasièrent devant le bébé joufflu et lui sourirent. Le soir, après le repas qu'elles animèrent dans la joie, de leur corbeille d'osier toujours joliment parée, elles retirèrent trois sachets faits de feuilles de gentiane assemblées, garnis de dragées bleutées, pointillées de rose, rappelant les oeufs fragiles de certains oiselets.

Elles les offrirent avec grâce l'un à la maman, le deuxième à son mari et le dernier au bébé rose :

- Voici notre cadeau de baptême. Ce sont des dragées, mais un peu spéciales, des dragées-remèdes. Nous vous conseillons de déguster ces friandises lorsque vous aurez un malaise ou serez sérieusement malades. Vous recouvrerez aussitôt la santé."

Comblée, Eléonore remercia vivement et s'empressa de mettre en sécurité ces dragées miraculeuses, tandis que les fées prenaient congé selon leur coutume, en s'inclinant légèrement.


Plus tard dans la famille, on apprécia les bonbons magiques... aussi le petit François ne connut jamais la maladie jusqu'à son adolescence et grandit dans une maison heureuse.



Le mouton


Brave et placide, le mouton passe pour être un animal bénéfique, dont il ne faut vraiment rien craindre. Il est généralement blanc.
Mais attention au mouton noir : ce pourrait bien être un diable.
Nombreuses sont les sorcières ayant prétendu avoir dansé avec le démon métamorphosé en mouton noir.

Le mouton, l'agneau, le bélier sont fréquents dans le monde du fantastique, et d'autant plus que c'est un symbole chrétien : ne trouve-t-on pas des bergers et leurs agneaux autour de la crèche de Noël, à la naissance de Jésus ? Lequel est quelquefois appelé Agneau de Dieu.
Les bergers savent bien d'ailleurs qu'à Noël, aux douze coups de minuit, les moutons s'agenouillent en imaginant qu'il n'y a personne pour les voir
.

La reine des grenouilles

Les grenouilles ont été connues en tant que seigneurs thérapeutiques de la terre des celtes antiques de l'Europe, symbole de la bonne chance et de la bonne et solide santé. Elles étaient sacrées à Hekit, la sage-femme égyptienne des dieux, représentant la fertilité et la renaissance - tandis que Ch'ing-Wa Sheng, l'esprit de la grenouille chinoise, symbolise la vision et la compréhension subtile.

Les grenouilles étaient un signe d'harmonie entre les amoureux dans le mythe Greco-Romain ; elles ont également représenté la sensualité et étaient les compagnons des nymphes.
Les grenouilles étaient des faiseuses de pluie magique dans des mythes Aztèques, la tradition indigène, et des contes folkloriques de beaucoup de peuples africains.
Dans les contes de fées européens, la grenouille ou le crapaud était un agent de transformation : les princes se cachaient dans des déguisements de grenouille et les épouses de grenouille conjuraient la magie du coeur.
En alchimie, le bijou caché dans une tête de crapaud symbolisait la vérité spirituelle - à nous de nous rappeler que les aspects extérieurs peuvent être trompeurs et que les récompenses cachées peuvent être trouvées dans le matériel ou les événements les moins prometteurs.

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Extrait du livre "Good Faeries, Bad Faeries" de
Brian Froud.
Image : Brian Froud et Wendy Froud

Sphinx de lune

Ce jeune et charmant rêve de rayon de lune est la fée des nouveaux débuts.

L'enfant d'Epona, la lune celte antique et la déesse du cheval, nous guident à travers l'obscurité et s'illuminent, de tous les mystères profonds de la lune, dans les royaumes des fées.
Ses ailes lumineuses parlent au nom de la spontanéité, de la liberté, et de la rapidité de la pensée ; son genou repose sur la vieille magie de la terre constituée de terre et de pierre.
Dans le monde des humains, c'est la chaleur dorée du soleil qui fait pousser les graines, mais dans la Féerie les graines psychiques de croissance sont nourries par la lumière argentée de la lune.

Les croissances de la lune : c'est les temps jeunes. Appelez-la pour vous guider à travers l'obscurité.


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Extrait du livre "Good Faeries, Bad Faeries" de
Brian Froud.
Image : Brian Froud et Wendy Froud

La fée Sphinx

La nuit, quand des soucis me maintiennent éveillé, la fée sphinx apparaît, lumineuse et parfumée dans l'obscurité. A tous les moments de prise de décision quotidienne, je constate qu'elle est également présente. Quelle est la meilleure chose à faire ? Dois-je - Oui ou non ?
Ce sont les questions pressantes que je lui demande - mais elle ne répond seulement quand elle veut.
La fée sphinx est très fière, parce que sa lignée provient des plus vieilles ères. Au même titre que déesse lunaire, la caractéristique du sphinx est de garder de primordiaux secrets, plein des questions, d'énigmes, des rimes, et d'intelligents tests d'initiation. Elle s'accroupit sur un hibou (l'oiseau sacré de la nuit et symbole de la lune).

Des opposés sont rassemblés et unis sous cette forme puissante de fée ; ainsi elle unit et négocie entre les mondes supérieurs et inférieurs, accommodant les impulsions normales animales avec l'intellect raisonnable humain. Sauvage et libre, la fée sphinx se tient aux carrefours de nos vies, parlant en énigmes, exigeant de nous les réponses qui se trouvent là.
Le sphinx est la sombre destruction de tous les vieux modèles et des habitudes démodées de la pensée - mais elle est également la créatrice de nouvelles perspicacités et de nouvelles directions. Elle réveille notre potentiel endormi avec son regard perçant, ses énigmes, et son hurlement. Elle guide notre chemin dans la Féerie avec le rayonnement de ses ailes.

Dans le folklore de beaucoup de cultures, le hibou est le guide des esprits des enfers, souvent liés à la déesse, une incorporation de sa sagesse. Minerve, Lilith, Blodeuwedd, et Athéna tous proclament le hibou en tant qu'oiseau totem ; et les premiers chiffres sumériens de déesse de la lune ont des yeux qui voient tout comme ceux du hibou. Le mensonge ne persiste pas au regard fixe pénétrant le noir de la nuit et la profondeur de nos âmes mêmes. Le hibou apporte la sagesse perçante, parfois impitoyable pour assumer nos vies, ainsi que des moments d'illumination et de prophétie. Comme un oiseau de la mort, le hibou symbolise la transformation et le changement intense.


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Extrait du livre "Good Faeries, Bad Faeries" de
Brian Froud.
Image : Brian Froud et Wendy Froud

Pommes d'ambre



Aujourd'hui, oranges et mandarines sont les fruits frais incontournables
que nous offrent les étals au coeur de l'hiver.
Cependant, il y a encore une ou deux générations,
elles représentaient de vrais petits trésors qui avaient leur place sur la table aux cadeaux.
Le parfum des agrumes,
surtout associé aux effluves typiques de la cannelle et des clous de girofle,
éveille des flots de souvenirs venus de cette époque bénie,
mais plus modeste aussi.




Le ravissement est également esthétique,
lorsqu'oranges et mandarines sont ornées de motifs faits de clous de girofle.
Vous connaissez bien cette décoration, n'est-ce-pas ?
Mais nos amies les fées nous ont dévoilé quelques petits secrets !



Utilisez aussi des petits kumquats.
Roulez-les rapidement dans le creux de votre main
(de façon à ce que les fruits développent leurs arômes au maximum)
et piquez ensuite les clous de girofle.



Roulez ensuite les fruits piqués dans la cannelle et disposez-les joliment dans une coupe. Enrubannez quelques oranges avec un ruban de soie aux couleurs assorties.
Ainsi, vous avez également la possibilité de suspendre de fruits à des branchages.

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