mercredi 10 décembre 2008

La légende de Karl le Rouge


L'histoire de Carrouges est marquée par une légende :

Le comte Ralph vivait heureux avec son épouse, mais après sept ans d'union ils n'avaient toujours pas d'enfant. Or un beau matin, la comtesse annonça la venue prochaine d'un héritier. On décida de célébrer l'évènement par une grande fête.

Hélas, le soir du bal on attendit en vain le comte Ralph, il s'était perdu dans le bois au cours d'une chasse. Arrivé près d'une fontaine, il avait aperçu une femme très belle, qui peignait ses longs cheveux blonds, la Dame était une fée, elle se laissa séduire par les propos du comte. Dès lors, chaque soir, après s'être assuré du sommeil de son épouse, le comte Ralph alla rejoindre la Fée au bord de la fontaine.

Mais la comtesse ne resta pas dupe longtemps. Une nuit, elle suivit son mari et découvrit son infortune. Le lendemain, elle devança le comte et poignarda la Fée qui disparut dans une vague de sang. Le matin même, le cadavre de Ralph était retrouvé près du château, la gorge tranchée. Dès ce jour, une tache sanglante apparut sur le front de la comtesse. Cette dernière mourut en donnant naissance à un fils, Karl, qui prit le stigmate de sa mère à l'âge de sept ans, et le transmit durant 7 générations jusqu'à ce que la colère de la Fée soit apaisée.

La légende prétend que le nom de Carrouges viendrait de Karl le Rouge.


Demoiselle Méline, la princesse

Il était une fois un roi. Il avait un fils qui avait demandé la main de la fille d'un roi puissant. Elle s'appelait Méline et était admirablement belle. Mais son père avait refusé la demande du prince, car il avait déjà décidé de donner la main de sa fille à un autre prince. Or, les deux jeunes gens s'aimaient d'un amour tendre.
- Je ne veux que lui, déclara Méline, et je n'en épouserai aucun autre.
Le père se fâcha et fit construire une tour à l'intérieur de laquelle pas un seul rayon de soleil ni la lueur de la lune ne pouvaient passer. Et il dit :
- Tu seras enfermée dans cette tour pendant sept ans ; ensuite, je viendrai, pour voir si ton obstination et ton entêtement ont été brisés.
On apporta dans la tour à manger et à boire pour sept ans et Méline et sa femme de chambre y furent emmenées et emmurées. Coupées de la terre et du ciel, elles devaient rester là, dans l'obscurité totale. Le prince venait souvent près de la tour et appelait Méline par son nom, mais le mur épais ne laissait pas passer sa voix.
Et le temps passa et selon la quantité de nourriture et d'eau qui restait, Méline et sa femme de chambre devinèrent que les sept années touchaient à leur fin. Elles pensaient que leur libération était déjà proche, mais aucun bruit de l'extérieur ne leur parvint. Elles n'entendirent pas des coups de marteau, pas la plus petite pierre du mur ne tomba. Elles n'avaient plus que très peu de nourriture et une mort atroce les attendait. Méline dit alors :
- Il n'y a pas d'autre moyen : nous devons tenter de percer le mur.
Elle prit le couteau à pain et commença à gratter et à fouiller le mortier pour essayer de dégager une pierre ; lorsqu'elle était fatiguée, sa femme de chambre la remplaçait. Elles travaillèrent ainsi longtemps, jusqu'à ce qu'elles arrivassent à détacher une pierre, puis une deuxième, puis une troisième et au bout de trois jours elles purent percevoir le premier rayon de soleil. Finalement, la brèche fut suffisamment grande pour qu'elles puissent voir dehors. Le ciel était d'un bleu magnifique et une brise fraîche les salua. Mais quel spectacle s'offrait à leurs yeux ! Du palais lui-même il ne restait que des ruines, la ville et les villages à l'entour étaient brûlés et les champs étaient en friche. Et on ne voyait pas âme qui vive !
Lorsqu'elles eurent agrandi la brèche dans le mur, suffisamment pour pouvoir se glisser à travers, elles sautèrent à terre. Mais maintenant, que faire ? L'ennemi avait dévasté tout le royaume, et massacré toute la population. Elles se mirent à marcher, au hasard, pour trouver un autre pays. Mais elles ne trouvèrent ni un toit pour se réfugier, ni une seule personne qui leur tende un morceau de pain. Tout allait si mal qu'elles finirent par arracher des orties pour se nourrir. Après une longue marche, elles arrivèrent dans un autre royaume. Elles offraient leurs services partout mais où qu'elles frappaient, personne n'en voulait et personne n'eut pitié d'elles. Finalement, elles arrivèrent dans une grande ville et se dirigèrent vers le palais royal. Mais de là aussi, elles se firent chasser. Un jour, tout de même, un cuisinier eut pitié d'elles et leur permit de rester pour l'aider à la cuisine.
Il arriva que le fils du roi de ce royaume était justement le prince qui, autrefois, avait demandé la main de Méline. Son père lui avait choisi une fiancée laide et au cœur dur. Le mariage approchait inexorablement, la fiancée était déjà là , mais à cause de sa laideur elle ne s'était jamais montrée. Elle s'était enfermée dans sa chambre et Méline lui portait à manger directement de la cuisine.
Le jour des noces arriva et la mariée devait accompagner son futur époux à l'église. Consciente de sa laideur, elle avait honte de se montrer en public elle dit alors à Méline :
- C'est ton jour de chance ! je me suis tordu le pied et je ne peux pas bien marcher ; tu mettras ma robe et tu me remplaceras lors du mariage.
Mais Méline refusa :
- Je ne veux pas être honorée par ce qui ne m'est pas dû de bon droit.
La mariée lui offrit même de l'or, mais rien n'y fit. Voyant que la jeune fille ne cédait pas, elle se mit à la menacer :
- Si tu ne m'obéis pas, tu le paieras de ta vie.
Méline fut forcée d'obéir. Elle dut se vêtir de la magnifique robe de mariée et se parer de ses bijoux. Lorsqu'elle entra dans la salle royale, tout le monde fut frappé par sa beauté. Le roi dit à son fils :
- C'est la mariée que je t'ai choisie et que tu conduiras à l'autel. Le marié fut frappé d'étonnement.
- C'est le portrait même de Méline, pensa-t-il. Si je ne savais pas que ma bien aimée est enfermée depuis des années dans sa tour et qu'elle est peut-être même déjà morte, je croirais, ma foi, que je l'ai devant moi.
Il offrit son bras à la mariée et la conduisit à l'église. Des orties poussaient près de la route et Méline leur dit :


Ortie, petite plante gracieuse, tu m'as l'air bien soucieuse !
Ne t'inquiète pas, je n'ai pas oublié le temps du chagrin refoulé,
Le temps où tu fus ma seule pitance, peu douce et crue, mais en abondance.

- Qu'est-ce que tu dis ? demanda le prince.
- Rien, rien, répondit-elle, je pensais seulement à la princesse Méline.
Le marié fut surpris que sa fiancée connût Méline, mais il se tut.
Ils passèrent près du cimetière et lorsqu'ils arrivèrent devant l'escalier de l'église, Méline dit :

Supportez-moi, les marches, souffrez que je vous emprunte,
De la mariée qui n'en est pas une, écoutez la complainte.

- Que disais-tu ? demanda le prince.
- Rien, je pensais seulement à la princesse Méline.
- La connais-tu ?
- Mais non, rétorqua-t-elle, comment pourrais-je la connaître ? Mais j'ai entendu parler d'elle.
Ils s'arrêtèrent devant la porte de l'église et Méline dit :

Ô toi, la grande porte ! Que je passe, supporte !
De la mariée qui n'en est pas une, écoute la demande infime.

- Et maintenant, qu'est-ce que tu viens de dire ? s'étonna le prince.
- Oh, Je pensais encore à la princesse Méline, répondit-elle.
Le marié prit un collier de très grande valeur et le lui passa au cou.
Ils entrèrent dans l'église et devant l'autel le prêtre lia leurs mains et les maria. Sur le chemin de retour, Méline ne prononça pas un mot. De retour au palais, elle courut aussitôt dans la chambre de la mariée, ôta la belle robe, rangea les bijoux et remit sa chemise grise. Elle ne garda que le collier que le marié lui avait passé autour du cou devant l'église.
La nuit tomba et la mariée devait être conduite dans la chambre du prince.
Elle voila son visage pour que le prince ne s'aperçût pas de la supercherie. Dès que tous furent partis, le prince demanda :
- Qu'as-tu dit aux orties près de la route ?
- À quelles orties ? s'étonna la mariée. je ne parle pas aux orties.
- Si tu ne leur as pas parlé, tu n'es pas la vraie mariée, dit le prince.
Mais la mariée trouva la parade.
- Attends ! s'écria-t-elle :

Ma femme de chambre, j'appelle, car dans mes pensées lit-elle.

Elle sortit de la chambre et s'en prit à Méline :
- Servante ! Qu'as-tu dit aux orties près de la route ?
- je n'ai dit que cela :

Ortie, petite plante gracieuse, Tu m'as l'air bien soucieuse !
Ne t'inquiètes pas, je n'ai pas oublié Le temps du chagrin refoulé,
Le temps où tu fus ma seule pitance, Peu douce et crue, mais en abondance.

La mariée retourna dans la chambre du prince.
- Ça y est, cria-t-elle, je me rappelle maintenant de ce que j'ai dit aux orties. Et elle répéta les paroles qu'elle venait d'entendre.
- Et qu'as-tu dit aux marches de l'église lorsque nous les montions ? demanda à nouveau le prince.
- Aux marches de l'église ? s'étonna la mariée. je ne parle jamais aux marches.
- Tu n'es donc pas la vraie mariée.
Et la mariée dit promptement :

Ma femme de chambre, j'appelle, car dans mes pensées lit-elle.

Elle sortit par la porte en courant et s'en prit de nouveau à Méline :
- Servante ! Qu'as-tu dit aux marches devant l'église ?
- je leur ai dit simplement :

Supportez-moi, les marches, souffrez que je vous emprunte,
De la mariée qui n'en est pas une, écoutez la complainte.

- Cela te coûtera la vie, l'avertit la mariée, mais elle retourna vite auprès du prince pour lui expliquer :
- Ça y est, je sais ce que j'ai dit à l'escalier !
Et elle répéta ce que la jeune fille lui avait dit.
- Et qu'as-tu dit à la porte de l'église ?
- À la porte de l'église ? s'affola la mariée. je ne parle pas aux portes.
- Tu n'es donc pas la vraie mariée.
Elle sortit en courant et elle harcela Méline à nouveau :
- Servante ! Qu'avais-tu à raconter à la porte de l'église ?
- Je ne lui ai rien raconté, j'ai dit seulement :

Ô toi, la grande porte ! Que je passe, supporte !
De la mariée qui n'en est pas une, écoute la demande infime.

- Tu me le paieras, tu auras la tête coupée, dit la mariée, folle de rage ; mais elle se dépêcha de revenir auprès du prince pour lui dire :
- Je me souviens maintenant ce que j'avais dit à la porte.
Et elle répéta les paroles de Méline.
- Et où est le collier que je t'ai donné devant la porte de l'église ?
- Quel collier ? dit-elle. Tu ne m'as pas donné de collier.
- Je te l'ai moi-même passé autour du cou. Si tu ne le sais pas, tu n'es pas la vraie mariée.
Il lui arracha son voile et vit son visage incroyablement laid. Effrayé, il fit un bond en arrière.
- Comment es-tu arrivée là ? Qui es-tu ?
- Je suis ta fiancée promise, mais j'avais peur que les gens se moquent de moi en me voyant dans la rue. C'est pourquoi j'ai ordonné à la petite souillon de mettre ma robe et d'aller à l'église à ma place.
- Où est cette fille ? demanda le prince. Je veux la voir. Va la chercher !
La mariée sortit de la chambre et dit aux serviteurs que sa femme de chambre était une faussaire, et qu'il fallait sans tarder l'amener dans la cour et lui couper la tête. Les serviteurs attrapèrent Méline et voulurent l'emmener. Mais Méline se mit à crier et à appeler au secours si fort que le prince entendit sa voix et arriva en courant. Il ordonna qu'on relâche la jeune fille sur-le-champ. On apporta la lumière et le prince put voir que la Jeune fille avait autour du cou le collier en or qu'il lui avait donné.
- C'est toi la vraie mariée, dit-il, c'est toi que j'ai amenée à l'autel. Viens dans ma chambre.
Et une fois seuls, le prince demanda :
- Pendant le trajet vers l'église, tu as parlé de la princesse Méline à laquelle j'ai été fiancé. Si Je pouvais espérer que cela fût possible, je penserais qu'elle est devant moi ; tu lui ressembles tant !
Et la jeune fille répondit :
- Je suis Méline, celle qui, par amour pour toi, fut emprisonnée pendant sept ans dans un cachot obscur, celle qui a souffert de faim et de soif et qui a vécu si longtemps dans la misère et la détresse. Mais aujourd'hui enfin le soleil a de nouveau brillé pour moi. On nous a mariés à l'église et je suis ta femme légitime. Ils s'embrassèrent et vécurent heureux jusqu'à la fin de leurs jours.

***
Conte de Grimm


Bouquet de cannelle


Tout ce qui est joli à regarder ; qui sent bon et qui a un goût délicieux se prête à la réalisation d'une merveilleuse décoration de Noël - ce bouquet de cannelle en est la preuve :

Dans un vase en verre tout en sobriété ou dans un verre à orangeade assez grand,
placez des bâtons de cannelle aussi longs que possible.
Ajoutez ça et là des branches de bouleau.

Entourez le verre d'un large ruban à motif hivernal
(ou ajoutez sur un ruban simple et large des motifs que vous aurez dessinés simplement, découpés puis collés sur le ruban) et nouez ce ruban en formant une grosse boucle.
Placez le vase ou le verre sur une assiette.
Répartissez sur cette assiette quelques biscuits croquants
et quelques morceaux d'écorce de cannelle
Et voilà (presque) tous vos sens au diapason de Noël !

Pour les biscuits, rendez-vous aux gourmandises des fées...

La marraine des fées

La marraine des fées (ou la bonne mère, comme les gallois l'appellent) est la fée qui apporte des cadeaux spéciaux aux nouveaux-nés.

En Albanie, les marraines sont connues sous le nom de Fatit, apparaissant le troisième jour après la naissance de l'enfant pour donner les cadeaux du destin.
En Lettonie, le Laume, une fée du ménage, préside sur les trois événements principaux de la vie : naissance, mariage, et mort.

Les marraines sont des figures bien connues dans les contes de fées de beaucoup de terres, où elles atténuent des malédictions et sauvent de jeunes héros inexpérimentés du danger... et d'eux-mêmes. Dans beaucoup de contes, la marraine des fées doit dévier la malédiction d'une mauvaise fée qui s'est sentie affronter ou offenser. Dans le cas de la Belle au bois dormant, la mauvaise fée n'a pas été invitée au baptême de la princesse : se sentant très offensée, elle a maudit l'enfant. Grâce à trois marraines des fées la malédiction a été atténuée.

Ces histoires nous rappellent qu'il ne faut pas oublier d'inviter les fées aux événements importants. Il est sage de reconnaître leur présence et d'accepter poliment leurs cadeaux.
La marraine Sage-Lune nous apporte les cadeaux sacrés de la terre des Fées. Elle tient une pomme en or de l'île magique de Apple (également connue sous le nom d'Avalon). Ce fruit rougeoyant de l'immortalité et de la créativité fertile rayonne de la chaleur riche et pénétrante du soleil d'été. Elle nous apporte également l'accessoire de cette pomme : un cristal de clair de lune pur pour stimuler l'éclaircissement de la pensée.
Avec ces cadeaux du coeur, le soleil et la lune, mâle et femelle en l'équilibre, elle nous demande de placer nos vies dans la balance et de trouver et d'accomplir un véritable objectif.
Le Croissant de Lune qu'elle porte est le symbole de sa puissance. C'est un réceptacle ou berceau contenant les graines sacrées de notre futur. Son brillant halo est fait d'étincelles lumineuses provenant de la conscience des fées. Ces étincelles forment une constellation mystique, traçant hors de notre destin; ce sont les étoiles de la Chance que nous ne devons pas oublier car elles nous guident nous-même, et qu'il faut remercier.
Quand elle s'en va, cette marraine se transforme en hibou, oiseau de la sagesse et de la prévoyance. Quand le temps s'assombrit, elle revient encore en tant que bonne mère dont chacun de nous a besoin, consolidant notre bien-être spirituel.

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Extrait du livre "Good Faeries, Bad Faeries" de
Brian Froud.
Image : Brian Froud et Wendy Froud


La fée gardienne

La fée du lac Lucina attend à la lumière argentée de la lune.

Elle est la gardienne de l'épée magique forgée par le grand Wayland lui-même. Il a également forgé son masque mystique fait des quatre éléments du monde (la terre, l'air, le feu et l'eau) et mélangé avec le clair de lune pur, le cinquième élément des Fées (c'est un art antique et sacré connu seulement des fées elles-mêmes).

Lucina porte la tunique blanche de la pureté, le manteau bleu de l'inspiration spirituelle, et le masque argenté de l'intuition de la lune, elle tient aussi l'épée de la puissance spirituelle. Les féeries du lac cachent ces épées magiques dans leurs sanctuaires sous-marins, les maintenant dans la promptitude pour ceux qui peuvent prouver leur dignité. L'épée représente la puissance pénétrante de l'intellect, tenue (et équilibrée) par une accueillante femme.

Ce n'est pas une arme de guerre ; sa lame est prévue pour couper non pas la chair mais plutôt l'hypocrisie et l'ignorance. Entre de bonnes mains, l'épée des fées se transforme en épée bénie de lumière. Les épées Mystiques font partie de systèmes magiques de beaucoup de cultures. Les danses d'épée (souvent en bois ou faites en herbe tressée) ont longtemps fait partie des rites de fertilisation qui représentent la mort et la régénération de la nature.
En Chine, les épées mystiques appellent le vent et produisent du feu.
Dans la tradition celte, les épées parlent, donnent la puissance de l'invisibilité, protègent contre la sorcellerie, et pleurent de douleur si elles sont utilisées d'une façon indigne.

Les héros de mythes et de légendes portent des épées magiques souvent forgées dans les métaux des fées : Odin, Finn, Sigmund, Charlemagne, Isonokami, Kullervo, et naturellement le Roi Arthur qui a eu Excalibur par une fée du lac, la Dame du lac.
Ici la fée gardienne attend, tenant sa puissante épée dans la promptitude.
Elle attend... préparée à transférer la puissance spirituelle à quelqu'un digne de ce cadeau.

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Extrait du livre "Good Faeries, Bad Faeries" de
Brian Froud.
Image : Brian Froud et Wendy Froud

La fée qui sait


Il n'y a aucun secret pour cette fée.
Elle sait où toutes les choses sont cachées ;
elle peut trouver toutes les choses que nous avons perdues.
Mais surtout, elle sait ce que vous avez caché dans votre coeur

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Extrait du livre "Good Faeries, Bad Faeries" de
Brian Froud.
Image : Brian Froud et Wendy Froud

La fée du matin

Cette fée aime apparaître soudainement aux femmes et aux hommes au foyer dans un moment de silence où le reste de la famille est au travail ou à l'école.

Alors elle chuchote dans votre oreille : "Ne faites pas vos corvées, ne vous faites plus de soucis... Laissez les plats, la promenade du chien, le menu du dîner... faites quelque chose rien que pour vous maintenant. ".
Elle est la fée qui cause ce désir irrésistible de lire un magazine ou un livre ou peut-être regarder un peu la télévision... mais elle est aussi probablement celle qui vous recommande d'écrire finalement ce roman, sélectionner cet hautbois, ou faire tel ou tel choix.


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Extrait du livre "Good Faeries, Bad Faeries" de
Brian Froud.
Image : Brian Froud et Wendy Froud


Fées d'hiver


Fées d'hiver ?! Mais n'est-ce pas un pléonasme ? D'abord parce que les Celtes sont, par excellence, le peuple de la nuit. Un peuple qui fait commencer le jour à la tombée de la nuit, tout comme son année débute avec la saison froide, lors de la grande, de l'envoûtante nuit de Samonios.

Justement, celle que choisit l'innombrable peuple, qualifié de "petit" par des esprits eux-mêmes un peu rabougris, pour bousculer toutes les frontières.


C'est lors de ce moment magique de l'année, situé selon un calendrier lunisolaire aux environs de la Toussaint, que ceux et celles que nos cousins Irois nomment les fairies font irruption dans notre monde.

Tout comme jadis, à Samain, les femmes-cygnes élisaient les élus de leur cœur. Et de leur chair ! Car ne croyez pas que, sous prétexte qu'elles sont immortelles, ces demoiselles soient insensibles aux effusions des sens !


Femmes de l'hiver, femmes de la nuit, elles le sont à plus d'un titre, celles que Théodore Hersart de la Villemarqué, qualifie d'"intelligences déchues", ajoutant que les "paysans bretons assurent que ce sont de grandes princesses qui, n'ayant pas voulu embrasser le christianisme quand les apôtres vinrent en Armorique, furent frappées de la malédiction de Dieu".

Princesses maudites, rebelles pathétiques, druidesses proscrites au fond des bois ou avatars ultimes de déesses immémoriales ? Il y a sans doute un peu de tout cela chez ces souveraines qui conservent tout de même bien des pouvoirs et d'étranges séductions.


Morganezed, Korriganed, filles de la forêt, ou garrigenae d'Enez Sun, toutes ont opté pour un lointain exil, une longue hibernation, dont elles reviendront… peut-être… un jour… lorsque les hommes croiront à nouveau en elles…


Thierry Jigourel

Les fées, éditions Soleil Celtique
Image :
Jacques Lamontagne
Son blog :
ICI


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