lundi 8 décembre 2008

Comment se protéger des fées (des faeries) ?

Il est bien connu que les féeries aiment voler les bébés humains, en les substituant par une forme de fée comme un vieux gobelin ridé ou un morceau putréfié de bois mais qui fait référence à l'aspect de l'enfant. Jusqu'au dernier siècle dans les îles britanniques, les sages-femmes protégeaient les nouveaux-nés en les bénissant avec trois gouttes d'eau (une pour la paix, une pour la sagesse et une pour la pureté) en récitant ces mots :

Pour faciliter l'aide des fées,
Pour le garder de l'hôte,
Pour facilité l'aide du gnome,
Pour le protéger du spectre.

La protection pourrait également réussir avec du cuir ou du liseron pour la chambre, ou en arrosant le lait d'une vache ou en accrochant des brindilles de sorbe en forme de croix au-dessus du berceau, ou laissant des pinces de fer à l'intérieur du lit de l'enfant (beaucoup de féeries détestent le fer).

Au Cambodge, du vin de riz est pulvérisé au-dessus du corps des enfants tourmentés par de mauvais esprits. Les parents cambodgiens pourraient également inviter l'arak, féeries bienfaisants du ménage, pour la protection contre la maladie et les tourmentes des pernicieux esprits.
En Afrique occidentale, la nourriture est laissée dans le coin de la maison pour tous les esprits errants de sorte qu'ils ne soient pas tentés d'entrer dans le corps des enfants pour gagner leur alimentation.
En Arménie, les enfants de sept mois sont particulièrement en danger d'abduction par les als (démons moitié animal ou moitié humain). Pour tenir les als à distance, les enfants en bas âge sont entourés par des objets faits de fer tout au long des sept mois.
En Russie, un cercle est tracé autour des lits de petits enfants avec la pointe d'un couteau en fer, manipulé pour les maintenir saufs du vieux Nocnitsa, le hag redouté la nuit. Bien que les enfants soient les plus en danger, les adultes sont également en proie à l'abduction des féeries, particulièrement aux musiciens, aux artistes, aux sages-femmes, aux jolies filles, et aux belles jeunesses.

Les diverses méthodes traditionnelles peuvent préserver de l'abduction de féeries (ou toute manifestation non désirée de faery), on peut porter ou vêtir certaines plantes : baguettes magiques en bois de noisette, de sorbe (ou frêne de montagne), Saint John-moût, guirlandes.
En France, la semence d'oeillet est éparpillée sur le plancher pour débarrasser une maison de l'infestation de gobelins.
Au Mexique, la fumée de tabac chasse au loin les Chanekos (lutins).
A
Trinidad, un miroir est utilisé pour se protéger contre un esprit appelé le Sukuyan, en effet, s'il se regarde dedans, la créature effrayée s'enfuit rapidement.

En retournant votre manteau, vos chaussettes, ou vos poches vers l'extérieur, ou en se tenant sur la tête, ou en disant des choses à l'envers, cela vous met sur un pied d'égalité avec les féeries, et elles ne vous auront plus en leur pouvoir. Beaucoup de féeries ne peuvent pas pénétrer une haie ; la plupart des féeries ne pourront pas croiser le seuil d'une église. Quelques féeries ne peuvent pas traverser un courant d'eau, mais c'est une échappatoire risqué, car, dans certains cas, traverser un courant d'eau nous mène directement chez les Féeries.
Le meilleur charme pour se protéger contre les féeries est, assurément le fer froid. Les goupilles dans une pelote à épingles accrochée derrière une porte ou un couteau dans la serrure barreront leur entrée, tout comem le fer lisse sous le lit empêche l'abduction pendant la nuit. En entrant au pays des Fées, il est sage de poignarder la porte avec un couteau, aisni elle ne peut se refermer ; alors vous pourrez retourner chez vous sans risque.Une poche remplie d'ongles rouillés peut également se protéger contre les Pixies qui vous feraient perdre le chemin. Quand un animal meurt, un ongle coincé dans sa carcasse empêche sa chair d'être rongée par les petites dents pointues des féeries.

Les vaches semblent être particulièrement susceptibles aux comportements des féeries. Les sonnettes traditionnelles autour de leur cou les ont préservées de ces fouteurs de troubles.
En Irlande, l'ajonc est brûlé la veille de la mi-été pour protéger le bétail et les récoltes. Après avoir trait, les fermiers faisaient un signe de croix du côté de la vache pour la protéger contre les tourments des féeries. Quand ils faisaient du beurre, un petit charbon brûlant sous la baratte empêchait le beurre de s'abîmer. Les gens laissaient également des petits morceaux de beurre comme cadeau pour les féeries, ainsi que du lait renversé.
En Russie, la bonne volonté du Chlevnik (esprit du bétail) est nécessaire pour protéger les vaches contre le mal. Cette fée est associée à la nourriture et à la vodka, et ses préférences en matière de couleur de bétail sont accessibles.

Le savon était l'offrande traditionnelle omis pour le Bannick, un esprit russe qui vit sous le siège des toilettes - juste au cas où lui ou les autres féeries de ménage voudrait se baigner (sans une telle offre on considère dangereux d'aller dans la salle de bain la nuit).
En Allemagne, une cruche de bière est abandonnée chaque nuit aux kobolds habitant les caves. Au Japon, le vin de riz apaisaient les esprits et les fantômes errants qui pourraient faire du mal.
C'est toujours une bonne idée de laisser de l'eau et de la nourriture la nuit pour rafraîchir les féeries locales. Le matin la nourriture sera toujours là, mais la qualité aura été extraite. C'est une vraie nourriture d'âme, nous devons nous rappeler que les féeries doivent être nourries par des cadeaux spirituels. Cependant, la nourriture des fées peut nous sembler chatoyante et délicieuse, mais en réalité c'est seulement des mauvaises herbes, des restes ou de la mousse cachés par le charme, car l'aspect extérieur peut cacher la véritable nature des choses.



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Extrait du livre "Good Faeries, Bad Faeries" de
Brian Froud.
Images : Brian Froud et Wendy Froud


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