jeudi 4 décembre 2008

C'est la Saint Nicolas !

De tous les Saints du Propre diocésain, il n’en est guère qui soit à la fois plus étranger et plus populaire que Saint Nicolas. Voilà un évêque d’Asie Mineure du lVe siècle qui par toute la Lorraine a joui sans discontinuer d’une faveur et d’un culte exceptionnels.
Aussi, comme aujourd'hui, on le célèbre dans toute la Lorraine, je vous adresse un clin d'oeil, depuis mon monde merveilleux ! N'est-il pas lui aussi une légende vivante ?


Grand Saint Nicolas
Arrête bien ton âne là là là
Grand Saint Nicolas
Moi j'aime bien le chocolat

Grand Saint-Nicolas
Si tu ne viens pas
Moi j'aurai bien du chagrin
Et ton âne n'aura rien

Mais si tu viens devant ma porte
Je lui poserai des carottes
Deux ou trois feuilles de choux
Crois tu qu'il mangera tout

Mais j'aime aussi bien
Sucre ou massepain
Pain d'épice ou bien gâteau
Où tu colles ta photo

Quand nous trouverons la corbeille
Emplie de ces bonnes merveilles
Tu seras déjà parti
Pour gâter d'autres petits

Grand Saint Nicolas
Si tu ne viens pas
C'est que j'aurai bien grandi
C'est maman qui me l'a dit

***
Chanson d'Anne Sylvestre
Pour écouter la chanson :
Image provenant d'un kit d'Isis

Le nid de l’ange et de la fée


Au fond de la Vallée des Rêves Azurés

Vivait une fée aux yeux couleur de temps

Et au rire cristallin comme rosée au printemps ;

Jusqu’à l’aube du jour, dans les bois elle courait.


Que faisait-elle ? Que cherchait-elle ? Me direz-vous…

Cette fée-là était la fée des Rêves Merveilleux,

Ceux qui emplissent des petits enfants les yeux

Et qui laissent au petit matin du rose sur les joues…


Elle cherchait donc cette fée au fond des Bois Enchantés

Les Rêves Perdus qu’elle pourrait sans doute exaucer.

C’est là qu’elle trouva un rêve tout de larmes embué ;

Ce rêve était celui d’une âme par le désespoir hantée,


Le Rêve Perdu d’un ange au sourire magique

Qui versait des larmes amères sur ses amours passées…

La fée fut prise d’un élan du cœur et dit : "Assez !

Ne plus voir cet ange sourire, c’est dramatique !"


Elle alla trouver la Reine des Fées pour lui dire son amour :

"Cet ange a trop souffert !" dit-elle "Et je veux Moi,

De l’Amour si cruel envers les hommes changer les Lois !"

La Reine répondit : "Je comprends que ton cœur soit lourd,


Mais tu connais du pays de Faery les Lois !

Du même monde vous n’êtes malheureusement pas !

Cet amour là est impossible, tu le sais ! Arrêtons là !

Oublie cet être, c’est mieux ainsi, crois-moi !"


Cependant, la fée des Rêves ne l’entendait pas ainsi,

Et bafouant les Lois de Faery, elle rencontra l’ange

Dans un lieu où résonnait le chant des mésanges ;

Elle lui dit des mots doux et des mots d’amour aussi…


L’ange et la fée se rencontrèrent ainsi souvent ;

Et plus le temps passait, plus leur amour grandissait…

La fleur qui vivait dans leur cœur s’épanouissait

Comme jamais elle ne l’avait fait auparavant…


Leur si bel amour n’était cependant pas resté inconnu

Folle de rage, la Reine des Fées apprenant cela

Envoya chercher la petite fée qui accourut là …

"Te voici donc !" dit la Reine, "Je t’avais prévenue !


Sais-tu que tu seras punie pour ta trahison ?

De telle faute, tu connais pourtant le châtiment :

De Faery, tu dois quitter les terres immédiatement !"

"Ô ma Reine, je partirais vers un autre horizon,


Qui accueillera mon amour ainsi que le sien !"

"Sais-tu, petite sotte ?" répliqua la Reine,

"Que le Ciel lui fermera ses portes d’ébène ?

Au statut d’ange déchu passera ton ange gardien !"


"Soit, s’il en est ainsi", dirent l’ange et la fée réunis,

"Nous vivrons tous deux dans un lieu autre !

La Terre où vivent les humains sera nôtre,

Elle sera de notre amour le douillet nid…"


***

Légende de Faery



Les présents des gnomes

Un tailleur et un forgeron voyageaient ensemble. Un soir, comme le soleil venait de se coucher derrière les montagnes, ils entendirent de loin le bruit d'une musique qui devenait plus claire à mesure qu'ils approchaient. C'était un son extraordinaire, mais si charmant qu'ils oublièrent toute leur fatigue pour se diriger à grands pas de ce côté.

La lune était déjà levée, quand ils arrivèrent à une colline sur laquelle ils virent une foule de petits hommes et de petites femmes qui dansaient en rond d'un air joyeux, en se tenant par la main ; ils chantaient en même temps d'une façon ravissante, et c'était cette musique que les voyageurs avaient entendue. Au milieu se tenait un vieillard un peu plus grand que les autres, vêtu d'une robe de couleurs bariolées, et portant une barbe blanche qui lui descendait sur la poitrine. Les deux compagnons restaient immobiles d'étonnement en regardant la danse. Le vieillard leur fit signe d'entrer, et les petits danseurs ouvrirent leur cercle. Le forgeron entra sans hésiter : il avait le dos un peu rond, et il était hardi comme tous les bossus.

Le tailleur eut d'abord un peu de peur et se tint en arrière mais, quand il vit que tout se passait si gaiement, il prit courage et entra aussi. Aussitôt le cercle se referma, et les petits êtres se remirent à chanter et à danser en faisant des bonds prodigieux ; mais le vieillard saisit un grand couteau qui était pendu à sa ceinture, se mit à le repasser, et quand il l'eut assez affilé, se tourna du côté des étrangers. Ils étaient glacés d'effroi ; mais leur anxiété ne fut pas longue : le vieillard s'empara du forgeron, et en un tour de main il lui eut rasé entièrement les cheveux et la barbe ; puis il en fit autant au tailleur. Quand il eut fini, il leur frappa amicalement sur l'épaule, comme pour leur dire qu'ils avaient bien fait de se laisser raser sans résistance, et leur peur se dissipa.

Alors il leur montra du doigt un tas de charbon qui était tout près de là, et leur fit signe d'en remplir leurs poches. Tous deux obéirent sans savoir à quoi ces charbons leur serviraient, et ils continuèrent leur route afin de chercher un gîte pour la nuit. Comme ils arrivaient dans la vallée, la cloche d'un monastère voisin sonna minuit : à l'instant même le chant s'éteignit, tout disparut, et ils ne virent plus que la colline déserte éclairée par la lune.

Les deux voyageurs trouvèrent une auberge et se couchèrent sur la paille tout habillés, mais la fatigue leur fit oublier de se débarrasser de leurs charbons. Un fardeau inaccoutumé qui pesait sur eux les réveilla plus tôt qu'a l'ordinaire. Ils portèrent la main à leurs poches, et ils n'en voulaient pas croire leurs yeux quand ils virent qu'elles étaient pleines, non pas de charbons, mais de lingots d'or pur. Leur barbe et leurs cheveux avaient aussi repoussé merveilleusement. Désormais ils étaient riches ; seulement le forgeron qui, par suite de sa nature avide, avait mieux rempli ses poches, possédait le double de ce qu'avait le tailleur. Mais un homme cupide veut toujours avoir plus que ce qu'il a. Le forgeron proposa au tailleur d'attendre encore un jour et de retourner le soir près du vieillard pour gagner de nouveaux trésors. Le tailleur refusa, disant :
- J'en ai assez, et je suis content ; je veux seulement devenir maître en mon métier et épouser mon charmant objet (il appelait ainsi sa promise) ; et je serai un homme heureux.

Cependant pour faire plaisir à l'autre, il consentit à rester un jour encore.
Le soir, le forgeron prit deux sacs sur ses épaules pour emporter bonne charge, et il se mit en route vers la colline. Comme la nuit précédente il trouva les petites gens chantant et dansant ; le vieillard le rasa et lui fit signe de prendre des charbons. Il n'hésita pas à emplir ses poches et ses sacs, tant qu'il y en put entrer, s'en retourna joyeux à l'auberge et se coucha tout habillé.
- Quand mon or commencera à peser, se dit-il je le sentirai bien.
Et il s'endormit enfin dans la douce espérance de s'éveiller le lendemain matin riche comme un Crésus.
Dès qu'il eut les yeux ouverts, son premier soin fut de visiter ses poches ; mais il eut beau fouiller dedans, il n'y trouva que des charbons tout noirs.

"Au moins, pensait- il, il me reste l'or que j'ai gagné l'autre nuit. " Il y alla voir ; hélas ! cet or aussi était redevenu charbon. Il porta à son front sa main noircie, et il sentit que sa tête était chauve et rase ainsi que son menton. Pourtant il ne connaissait pas encore tout son malheur : il vit bientôt qu'à la bosse qu'il portait par derrière s'en était jointe une autre par devant.

Il sentit alors qu'il recevait le châtiment de sa cupidité et se mit à pousser des gémissements. Le bon tailleur, éveillé par ses lamentations, le consola de son mieux et lui dit :
- Nous sommes compagnons, nous avons fait notre tournée ensemble ; reste avec moi, mon trésor nous nourrira tous deux.
Il tint parole, mais le forgeron fut obligé de porter toute sa vie ses deux bosses et de cacher sous un bonnet sa tête dépouillée de cheveux.

Jacob et Wilhelm GRIMM

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