vendredi 28 novembre 2008

Lutins sous forme animale

Plusieurs récits parlent de lutins qui se montrent parfois, pres des eaux stagnantes, sous une forme animale, pour s'amuser aux dépens des voyageurs.

On raconte dans l'Aveyron qu'un jour le drac prit celle d'un petit mouton égaré qui bêlait au milieu d'une mare. Un paysan retroussa ses chausses, traversa avec peine le marécage et le chargea sur ses épaules ; mais au milieu du marais, il ne pouvait aller ni en avant, ni en arrière tellement ses jambes se trouvaient prises, et comme enchaînées par les roseaux. Quand il fut débarrassé, la petite bête devint terriblement lourde ; lorsqu'il arriva à l'autre bord, le jeune agneau se trouva être une énorme chèvre qui, d'un bond, s'élança vers la rive et lui cria "
M'as plo cariouta!"

En Lorraine, les lutins des eaux sont simplement espiègles.
A Cornimont, Cuba, qu'ailleurs on nomme Cula, suit en riant les pierres que les enfants jettent dans les mares.
Mais les Culards de la Champagne, qui apparaissent la nuit de l'Avent, courent sus aux voyageurs pour les noyer dans l'étang de Bury, et nombre d'autres lutins ont un rôle tout aussi malfaisant.

Métamorphoses de fées

Dans plusieurs récits de la Haute-Bretagne, des fées sont métamorphosées en couleuvres, soit de leur propre volonté, soit plus ordinairement, contre leur gré.

Un jour que deux faucheurs prenaient leur repas sur le gazon, une couleuvre venait à manger les miettes de pain ; l'un déclara qu'il la tuerait si elle passait à portée de sa faux, tandis que son compagnon disait que ce serait dommage de faire du mal à la petite bête. Il rencontra le soir une Margot-la-Fée qui lui donna deux ceintures, une pour lui, l'autre pour son camarade, en lui recommandant de ne pas se tromper. Il ouvrit la sienne qui était pleine d'or ; il attacha l'autre au pied d'un chêne, et le lendemain toutes ses feuilles étaient flétries.

Une autre Margot-la-Fée avait une fille qui, chaque année à jour fixe, était obligée de rester, d'un soleil à l'autre, sous la forme d'une couleuvre ; elle demanda à un paysan de se placer à un certain endroit, et de tenir toute la journée la couleuvre cachée sous un bassin ; aussitôt que le soleil fut couché, il leva le bassin, et à la place du reptile, il vit une belle demoiselle. En faisant garder sa fille, la mère de Margot avait pour but de la préserver de tout mauvais traitement ; car pendant que les fées se montraient sous la forme d'un animal, elles étaient sujettes aux mêmes dangers que celui dont elles avaient l'apparence, et elles pouvaient même être tuées, comme celle qui, suivant un récit de la même région, s'était changée en couleuvre, et qui fut coupée en deux au moment où elle allait piquer un homme endormi.
La Grenouille bienfaisante, du conte littériare de ce nom, dit qu'elle est exposée sous cette forme, quand elle n'a pas sur la tête son petit chaperon de roses.

Cette idée n'est nulle part exprimée avec autant de netteté que dans les récits de la partie centrale des Côtes-du-Nord ; il semble cependant que la fée des forêts d'Alsace, qui avait pris la figure d'une grenouille pour éprouver le bon coeur d'un jeune homme, n'aurait pu, sans le secours de celui-ci, échapper au renard qui voulait la manger.
D'après les traditions de la vallée d'Aoste, les fées des eaux se métamorphosent fréquemment en serpents ; c'est la forme que prend l'une d'elles qui voulait échapper à la brutalité de son mari (et oui, même les fées sont sujettes aux violences conjuguales !).
Une fée lacustre, pendant la construction d'un canal d'irrigation, sortait tous les matins d'un lac et marchait devant les ouvriers pour leur indiquer le tracé à suivre
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