lundi 24 novembre 2008

La neige et la glace dans les contes et légendes

Dans un conte breton, une ferme est hantée par un petit homme rouge, qui n'est autre qu'un revenant condamné à faire pénitence dans un gouffre de glace, jusqu'à ce qu'il ait trouvé une personne assez courageuse pour le réchauffer en le laissant coucher près d'elle trois nuits de suite. (Qui est volontaire ?)

La glace figure comme agent merveilleux dans plusieurs légendes où le diable est en concurrence avec des saints.
En Haute-Bretagne, saint Michel l'ayant défié de construire un édifice plus beau que le sien, il bâtit l'abbaye du Mont-Saint-Michel, et l'archange édifie un palais tout en glace ; Satan émerveillé lui demande à l'échanger contre l'abbaye.

En Basse-Normandie, c'est sur Tombelaine que l'archange bâtit un palais de cristal que le diable veut aussi avoir ; mais de même que dans la légende bretonne, aux premiers rayons de soleil, le bel édifice s'effondra.

En Berry, saint Martin construisit en hiver un moulin tout en glace, qui bientôt fut plus achalandé que celui de pierre dont le diable était meunier ; cette légende est aussi populaire dans la vallée d'Aoste, où l'on parle français. Celui-ci proposa aussi l'échange et quand vint le dégel, le beau moulin fondit.

Les habitants de l'île de Sein racontent que saint Guénolé fit, en soufflant sur un peu d'eau de mer, un pont entre leur île et le continent ; le diable pour lequel il avait été bâti, s'engagea desus, mais la chaleur de ses pieds fit fondre la glace et le pont s'abîma dans les flots.

Jeux en relation avec la neige

Durant ce week-end, avec Aby, nous sommes allés nettoyer son ancien appartement.
Mais quelle surprise sur le chemin du retour ! Il neigeait fort...
Si Aby, prudente est restée sur place pour coucher à l'hôtel, nous-mêmes avons tenté de revenir par route, péniblement, dans la nuit et les rafales de neige...
Ce matin, plus rien ou quelques traces sur les coteaux...
La neige, en avance cette année, vous rappelle de bons souvenirs d'enfance, n'est ce pas ?

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Les jeux en relation avec la neige sont bien connus, même dans les villes : on sait qu'elle est employée en guise de projectile.
Dans la Gironde, lorsque deux personnes se rencontrent par un temps de neige, le premier dit "Honneur" et le second doit saluer, sinon, il reçoit une boule de neige et le combat commence.
Comme on peut la modeler facilement, elle sert aussi à des ouvrages de sculpture ; tout le monde a fait ou a vu des bonshommes de neige.
Un conte du Limousin est en relation avec cette coutume : un paysan, désolé de ne pas avoir d'enfants, ayant vu les petits garçons du village façonner des hommes de neige, dit à sa femme de venir ramasser de la neige, et d'en faire un petit garçon.
"Comme cela, dit-il, ne pouvant en avoir un vivant, nous aurons au moins le plaisir de conserver celui-là pendant quelques jours". Mais voilà que lorsqu'ils l'eurent achevé, le petit garçon de neige se mit en mouvement et embrassa le vieillard et sa femme ; Dieu leur avait accordé un enfant blanc comme de la neige. Tout l'hiver, l'enfant, qui n'approchait pas du feu, resta gai et bien portant : mais dès que le soleil de printemps commença à luire, il se montra triste, et se mit à rechercher les endroits ombragés. Le jour de la Saint-Jean, ses camarades allèrent le chercher pour voir le beau feu de joie ; il dansa joyeusement avec eux ; mais quand le feu fut à moitié éteint, et qu'on sauta par dessus, il disparut subitement, fondu à la flamme, et ne laissant qu'un peu d'eau dans la main de ses petits amis.


L'aptitude de la neige à recevoir des empreintes a donné lieu à plusieurs jeux, usités dans nombre de pays, et qui sont désignés par des noms traditionnels. Ordinairement, les enfants se couchent sur le dos, les bras en croix, dans la neige, et se relèvent avec précaution, afin de laisser intacte la forme du corps ; c'est ce qu'on appelle en Franche-Comté "faire un homme".
Ailleurs, cet acte se lie à une représentation en creux d'une divinité ; il est ainsi décrit dans un roman dont l'héroïne est lorraine : elle était par la neige, se laisant tomber de son long sur le dos, les bras en croix, amusée des beaux bons Dieux qu'elle laissait derrière elle sur la molle blancheur de la terre.

En Hainaut, les garçons se couchent dans la neige, et disent qu'ils font des bons Dieux.
A Saint-Hubert, ce sont des saints François.
Dans le Brabant wallon, les filles font des saintes Catherines.


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