jeudi 30 octobre 2008

Traitement général de la peau du visage

Le yoga :

Les postures (asanas), qui ont pour but d'amener le sang au visage, sont excellentes pour le teint : la peau, étant de nouveau irriguée et nettoyée, se débarrasse de ses impuretés, grâce à l'afflux du sang. En particulier, on devrait tous les jours se mettre en… poirier ! La posture consiste à se planter tout droit les pieds en l'air, posé sur la tête et les coudes. Restez au moins 3 minutes. Quand vous vous relevez, vous éprouvez une sensation de bien-être extraordinaire, mais attention, ne vous remettez jamais debout brusquement. Il peut y avoir des contre-indications médicales (hypertension artérielle, troubles vasculaires, arthrose cervicale) mais normalement, tous les enfants et adultes en bonne santé devraient se livrer souvent à ce petit jeu d'équilibre indien.


Les corps gras :


Tous les conseils de beauté dans les magazines féminins vous répètent qu'il faut "nourrir la peau" avec une crème grasse. Le nombre de pages de publicité consacrées à ces crèmes de "jeunesse" est vraiment incroyable, et d'autant plus que les produits vantés sont rarement sains et efficaces. Tous ceux qui contiennent de la glycérine sont à éliminer, car la glycérine dessèche la peau. D'ailleurs, cette malheureuse risque plutôt d'être asphyxiée sous la tartine de graisse qu'on lui inflige.


Si vous remarquez que votre visage commence à se dessécher, utilisez plutôt des huiles végétales : l'huile d'amandes douces, l'huile d'olive vierge (première pression, à froid), ou des corps gras animaux : le beurre tout bêtement, ou la crème fraîche, ou la graisse de porc ou d'oie. Attention, ici encore, à la provenance de ces graisses, sachant que les pesticides chimiques, D.D.T., Lindance, etc., se stockent de préférence dans les graisses de l'animal et de la plante. Une grande partie des crèmes de beauté traditionnelles étaient à base d'axonge, ou de graisse fine de porc. Quant à la vaseline, extraite du pétrole, elle serait cancérigène.


Par contre, la lanoline, extraite de la graisse de laine de mouton, est excellente et curative pour la peau, ainsi que l'huile de foie de morue (et toutes les huiles de foie de poisson, qui sont cicatrisantes).


L'argile :


Aux Indes, on vend de l'argile dans tous les bazars : les femmes l'utilisent comme produit de beauté, ce que faisaient déjà les anciens Égyptiens, le Romains, les Grecs et, encore actuellement, bien des peuples du tiers monde.


L'argile est un remarquable produit de beauté, notamment contre l'acné et tous les vilains boutons ! L'argile vendue en pharmacie est appelée "Bolus alba" lorsqu'elle est blanche. C'est tout bêtement de la terre… Mais ne la ramassez pas vous-même (risque de tétanos !). Les meilleures argiles sont celles des pays granitiques, en particulier le kaolin. Vous trouverez aussi de l'argile verte dans les magasins de diététique.


Les Martes de Montgarnaud (Indre)

Dans la commune de Saint-Benoît-du-Sault, au pied du coteau que couronnent les tourelles du château de Montgarnaud, se trouve une profonde ravine dont le lit et les bords sont encombrés de roches immenses aux formes tourmentées et fantastiques, et entre lesquelles bondissent les bruyantes cascades du Portefeuille. On assure qu'en ce lieu pittoresque, il existe toute une peuplade de fées, et que leurs voix, étrangement accentuées, se mêlent, pendant les nuits d'orage, aux voix mugissantes du torrent. Leur demeure, que l'on appelle l'Aire-aux-Martes, est un vrai palais de cristal, puisqu'elle est située sous les brillants arceaux de la cascade.

Les Martes de Montgarnaud ont une tenue et des habitudes tout à fait excentriques. Au dire des gens de l'endroit, ce sont, en général, de grandes femmes maigres, tannées et débraillées comme des bohémiennes. Leurs longs cheveux noirs et roides, tombent d'un seul jet jusque sur leurs talons ; leurs mamelles, presque aussi longues, leur battent les genoux.


C'est en cet état, et perchées sur quelque monticule, sur la table d'un dolmen ou sur la crête d'un peulvan, qu'elles apparaissent parfois au laboureur qui travaille dans la plaine, au berger qui paît ses brebis au penchant des coteaux. Si ces braves gens ne répondent point aux appels effrontés qu'elles leur adressent, elles rejettent aussitôt leurs mamelles par-dessus leurs épaules et, s'élançant à leur poursuite, les forcent d'abandonner et charrue et troupeau.


***
Laisnel de la Salle, Souvenirs du vieux temps,
Le berry, croyances et coutumes, 1900-1902.


Si j'étais...


Voici un texte de notre ami Dourvac'h,
qui a eu la gentillesse de bien vouloir nous faire découvrir
le texte qu'il a lui-même écrit pour les fées !
Merci...


Si j'étais…
... Barbe-Bleue,
Je s'rais un Barbe-Bleue gentil...
... surtout avec les...
... Dames !

Et si j'étais Fée
(Viviane ?),
Je vivrais Là-Haut
Au plus haut des branches,
Dans la nuit, la pluie verte de Brocéliande...

Ah, si j'étais Merlin
(Enchanté !),
Je voudrais rester...
... toujours et toujours,
Au plus près de Viviane,
En ses hautes prisons d'air, d'âmes et de branches...

Et si j'étais Damien, et bin...
- Au Jardin -
J'en f'rais just' qu'à ma tête...

Moi si j'étais Carine,
Toujours et toujours
Je suivrais Damien...

Et si j'étais
Cheval dans la brume,
Je dormirais debout...
Rêvant seul,
Chaque nuit,
Par-dessus l'Océan...
* **
Texte :
DOURVAC'H
(composé le 4 mars pour le 8 mars 2008)
Dessin :
DOURVAC'H,
Petite fille qui rêvait d'être ballerine (dédié à Muriel), 2007


La plus jeune Fée


C'est la plus jeune Fée,
Blonde et blanche, de lis ou de lilas coiffée,
Elle passe dans l'air, ou sur les romarins et les renoncules.
Le sillage argenté de son char minuscule
Laisse deux tourbillons d'éclairs...
Elle passe, rapide, au gré des vents épars.
Et les étangs dressent leurs nénuphars,
Et les jardins tendent leurs roses,
Et les bois agitent leurs branches
Pour qu'un instant elle s'y pose et s'y balance !
Mais elle passe,
Car elle est si pressée, elle a tant à penser !

Mais elle passe,
Et dans le lointain de l'espace,
Elle s'efface,
Elle est passée ! ...

Fernand Gregh :
"Les clartés Humaines" Editions Flammarion

Autre version de Fernand Gregh :

La plus jeune fée
C'est la plus jeune fée.
Blonde et blanche, de lis ou de lilas coiffée,
Elle passe dans l'air
Où, sur les romarins et sur les renoncules,
Le sillage argenté de son char minuscule
Laisse deux tourbillons d'éclairs...
Elle visite le grillon
Qui chante aux pieds de Cendrillon,
Cache au fond d'un hallier les bijoux de Peau d'Âne,
Berce la Belle au Bois Dormant
Et guide le Prince Charmant,
Grimpe à la tour avec Sœur Anne,
Vole les clefs de Barbe-Bleue,
Chausse au Petit Poucet les bottes de sept lieues,
Brûle à l'ogre sa soupe,
Frise à Riquet sa houppe...
Elle prend aussi soin des moindres fleurs,
Calme le vent qui siffle,
Rit à la source en pleurs,
Jase avec tous les sylphes...
Blonde et blanche, de lis ou de lilas coiffée,
C'est la plus jeune fée.

Les fleurs des fées

Les fleurs sont cultivées par les Fées.
Chaque fleur représente la future robe de bal d'une fée.
Cueillir une fleur c'est condamner une Fée à aller toute nue !!


L'aubépine en Lorraine

Savez-vous comment, en Lorraine, il était possible de pénétrer, autrefois, dans les demeures souterraines des fées ? Histoire qui devrait interesser notre Chevalier Dauphinois...
Tout simplement en s'y introduisant par ces gros trous qui sont parfois dissimulés sous des souches d'aubépine. C'est du moins ce qu'affirmait, à Landaville (Vosges), la légende des fées de Féyelles.

Pourquoi sous des souches d'aubépine ? Pourquoi l'aubépine ?
Rappelons d'abord que, dans la tradition populaire, comme chez les Grecs et les Romains, cette plante était sacrée. Un récit d'origine celtique raconte que Joseph d'Arimathie, rapportant avec lui le Graal, s'était rendu en Angleterre. De son séjour sur l'île on montrait le buisson miraculeux d'aubépine qui poussait à Werary-all Hill, tout près de la ville de Glastonbury. La légende affirmait que c'était le bâton qu'il avait planté en cet endroit qui fleurissait régulièrement tous les ans, la veille de la Nativité.

En Lorraine, une autre légende raconte que la Sainte-Vierge, aprés avoir lavé et rincé les langes de son fils, voulut les étendre sur le pré voisin afin qu'ils s'imprègnent, en séchant, du parfum de nombreuses fleurs champêtres. Hélas ! Les autres femmes l'avaient devancée et toute la place était prise. Alors, la pauvre mère dut se résoudre à les étendre sur une vilaine haie d'aubépine, pleine d'épines et sans fleurs. Mais miracle ! Quand elle voulut reprendre son linge, l'aubépine avait fleuri et la haie était devenue immaculée ! En plus, une odeur indéfinissable s'en dégageait...
La tradition prétendait également que la foudre ne la touchait jamais, qu'elle servait à protéger les animaux et à conjurer les sorts et qu'elle était invoquée par les guérisseurs au moyen de nombreuses oraisons secrètes, telle celle-ci pour soigner la "fleur" de l'oeil :


Aubépine, aubépine
Tu es bénie par-dessus toutes les racines,
Fleur, si tu es blanche,
Que tu te déblanches !
Fleur, si tu es rouge,
Que tu te dérouges !
Fleur, si tu es bleue,
Que tu te débleues !
Et que tu sortes de dedans ces yeux !
Au nom de Sainte Claire et de la Sinte Trinité.

On pouvait aussi, pour se prémunir des inconvénients d'une mort soudaine lorsqu'on se déplaçait, en cueillir et prononcer les paroles suivantes :

Aubépine, aubépine !
Je te cueille et je te prend ;
Si je meurs chemin faisant
Tu me serves de sacrement !

Mais l'aubépine pouvait aussi parfois aussi jouir d'une mauvaise réputation, notamment lors de la coutume des "Mais" où, dans la nuit du 30 avril au 1er mai les jeunes gens accolaient à la façade des maisons où demeuraient des jeunes filles à marier des branches d'arbres ou d'arbustes d'essences différentes dont chacune avait une signification particulière.
Dans ce langage des "mais", l'aubépine signifiait que la demoiselle avait un caractère opiniâtre, voir acariâtre et grincheux. Mais heureusement, si l'aubépine était en fleurs, son choix révélait la présence d'une jeune fille sérieuse.

Mais pourquoi les fées ?
Peut-être parce que l'aubépine est, en Irlande, le Buisson sacré, la demeure des fées.
Peut-être aussi parce qu'une tradition gauloise rapporte un cérémonial complexe préparatoire à la coutume de l'"incantation" au cours duquel l'ollamh (un puissant "file", c'est-à-dire "magicien", "voyant", qui interprète les mystères de la nature) et ses six compagnons chantaient chacun à leur tour, munis d'une pierre et d'une branche d'aubépine et tournant le dos à un "buisson d'aubépine", puis déposaient ces objets sur la racine de ce buisson.
Enfin peut-être et surtout à cause de la célèbre fée Viviane.
Selon une version de la vie de Merlin, ce dernier, fortement sollicité par Viviane qui veut le retenir par amour, accepte enfin de lui révéler l'enchantement qui enferme un homme sans aucun des moyens visibles habituels. Pour le remercier, elle l'invite à s'asseoir près d'elle "sous un buisson d'aubépine" et, utilisant les formules magiques qu'on vient de lui apprendre, elle l'endort et trace un cercle autour du buisson dans lequel Merlin se retrouve aussitôt prisonnier...


***
Roger Wadier.

***

Le brownie de Copinsay - Iles des Orcades

L'histoire du brownie de Copinsay remonte à l'époque où il n'y avait qu'un seul paysan sur l'île maintenant inhabitée de Copinsay.

Copinsay est une petite île rocheuse située au sud-est de Deerness, la paroisse la plus à l'est du Mainland. Ce conte est une histoire plaisante, à défaut de laisser légèrement perplexe, et contient des éléments de la légende du hogboon plaqués sur une créature ayant l'apparence d'un trow des mers. Le résultat en est Hughbo, le brownie de Copinsay...

"Une froide nuit d'hiver, humide et venteuse, le fermier de Copinsay, fatigué, venait juste de se mettre au lit quand il vit quelque chose dans un coin de la pièce. C'était une créature nue et laide qui était assise là. Sa peau qui rappelait l'aspect du cuir était humide et semblait rougeoyer doucement dans l'obscurité. Ce visiteur semblait être légèrement plus petit qu'un homme et était assurément terriblement laid avec sa tête plate et chauve et des algues gluantes et dégoulinantes en guise de barbe.

Bien que la vue de cet intrus ait inquiété le pauvre fermier, celui-ci était un homme possédant un fort tempérament et, heureusement, un esprit vif. De ses discussions avec les anciens du Mainland, il avait retenu que seul l'acier froid et l'invocation de Dieu pouvaient être efficaces contre des créatures tout droit sorties de l'enfer. Il attrapa donc un rasoir sur l'étagère de son lit et sortit un livre de psaumes corné de sous son oreiller. Il bondit de son lit et avança doucement sur les dalles froides de sa cuisine prêt à se battre avec cet intrus répugnant. En dépit du fait qu'il se soit signé avec le livre de psaumes et qu'il ait dessiné dans l'air un cercle avec la lame du rasoir, le visiteur restait dans son coin lui parlant en charabia. Exaspéré, le fermier s'empara des pinces et du tisonnier et chercha à atteindre la créature accroupie mais celle-ci était rapide et les évita facilement. Redoublant de colère, le fermier retira le lourd crochet de sa chaîne suspendue au-dessus du feu et, en poussant un hurlement, essaya de serrer de près son adversaire. Mais le crochet était en fer de forge et non en acier. La créature l'arracha rapidement de la main tremblante du fermier et le balança à travers la pièce. Cela eut pour effet d'irriter encore davantage le paysan. Il réussit à atteindre deux fois l'intrus avant que celui-ci ne sorte en flèche par la porte en poussant un cri aigu.

Pour retrouver son souffle et reprendre ses esprits, le fermier s'assit sur un siège de paille et lentement sa colère commença à retomber. Il se mit à penser que pendant qu'il faisait de son mieux pour neutraliser l'intrus, celui-ci n'avait jamais tenté de lui faire du mal. C'est en réfléchissant à cela que lorsque la créature rentra à nouveau en grimaçant et en faisant des gestes amicaux, le fermier resta assis et chercha à comprendre ce qu'elle voulait dire.

Le brownie - c'est sous ce nom qu'on le connut par la suite - dit qu'il s'appelait Hughbo. Il expliqua au paysan qu'il avait toujours vécu dans la mer mais que maintenant, ronger les os des noyés le rendait malade. Son souhait le plus cher était de demeurer sur terre. En conséquence, il était prêt à travailler dur en compensation de son hébergement.

Le fermier accepta à contrecœur. Ils se mirent d'accord pour que chaque nuit Hughbo moule suffisamment de farine pour le porridge du matin du paysan. Tout ce qu'il demandait en contrepartie était une soucoupe de lait pour y détremper une petite poignée d'orge desséché. Le fermier était un homme actif et hospitalier. Cet arrangement lui convenait. Il passa rapidement outre le dégoût que lui inspirait le brownie. Le marché fut conclu.

Le fermier retourna se coucher pendant que dans le fond de la pièce, le sourd ronronnement de la meule écrasant les grains se prolongea la nuit durant. Quand le faible soleil d'hiver émergea timidement au-dessus de l'horizon, en sortant de sous ses couvertures, le paysan trouva un bol de fine farine d'avoine proprement moulue qui l'attendait.

En vérité, Hughbo devînt un domestique digne de ce nom. Parfois, le fermier parlait avec lui, mais le plus souvent il restait allongé et silencieux dans l'obscurité de son lit et observait la silhouette maladroite et rougeoyante qui tournait consciencieusement la meule. En même temps que la meule tournait, la roue de la vie tournait elle aussi et Hughbo semblait content de son sort.

Le fermier tomba amoureux.
La jeune femme vivait sur le Mainland. Le couple décida de se marier. Le paysan envisagea assez tardivement qu'il serait fort imprudent de faire venir cette jeune femme à Copinsay après leur noce sans avoir été informée de l'existence d'Hughbo. Il raconta donc à sa fiancée qu'il avait un domestique étrange en insistant sur la fidélité et la bonne nature de la créature. Pour s'assurer que tous trois feraient bon ménage, il la fit venir à plusieurs reprises sur l'île afin qu'elle puisse rencontrer le brownie.

La jeune femme était raisonnable de nature et savait bien qu'il y avait beaucoup de choses aux Orcades dont les hommes ne savaient pas grand chose. Elle ne s'opposa donc pas à partager sa nouvelle demeure avec le brownie. Le moment venu, le mariage eut lieu et la jeune mariée vînt s'installer sur l'île de Copinsay.
Comme cela aurait dû être le cas, les jeunes mariés auraient dû avoir mieux à faire que de s'occuper d'Hughbo. Mais la jeune femme aimait à ce point son mari qu'elle crut bien faire en prenant en pitié cet être nu qui passait ses nuits à moudre de la farine.

La nuit, quand elle était bien douillettement allongée dans son lit bien chaud, la jeune femme repensait à ce pauvre Hughbo qu'elle imaginait tout tremblant dans le froid nocturne des Orcades et cela l'affligeait.
De plus, naturellement, elle était toujours légèrement mal à l'aise devant la nudité totale d'Hughbo qui s'affichait sans vergogne. Sans rien dire ni à son cher mari, ni au brownie, la jeune femme fit venir de Kirlwall une longueur de tissu bien chaud. Elle en fit un chaud manteau avec un capuchon suffisant pour couvrir le crâne chauve d'Hughbo.

Puis une nuit venteuse et sans lune, elle alla poser les vêtements sur la meule, satisfaite de son acte de charité. D'ordinaire, Hughbo venait tranquillement effectuer sa tâche, mais cette triste nuit, il ne fut pas plus tôt entré dans la pièce qu'il se mit à hurler lugubrement.

Il faisait tourner et tourner la meule, en sanglotant et en répétant :
"Si Hughbo porte manteau et capuchon
Alors Hughbo ne peut plus rien faire de bien !"
Il sortit rapidement dans l'ombre de la nuit des Orcades et on ne le revit plus jamais."

***
Contes de fées des Orcades
Orkney Tales© Sigurd Towrie - Heritage of Orkney:
www.orkneyjar.com
Traduits par Jean-Louis Laurin - 2002©
Jean Louis Laurin pour la traduction, 2002

Les Piskies - Cornouailles

Dans les temps reculés, les gens du pays de Cornouailles croyaient qu'ils partageaient leur aimable contrée avec une autre population, beaucoup plus insaisissable, celle des Piskies.

Le piskey de Cornouailles, bien sûr est une légende, mais il est beaucoup moins connu que ces autres peuples féeriques que sont les Spriggans, les Knockers et le Petit Peuple dont les activités s'entremêlaient étroitement avec celles des vulgaires mortels au milieu desquels ils vivaient. Il n'y a pas encore bien longtemps si l'on demandait quel vieil esprit résidait depuis le plus longtemps en Cornouailles, vous obteniez à coup sûr une description de l'une de ces petites créatures et de ce dont elles étaient capables.

En premier lieu, l'on trouve les extravagants, les taquins, les rieurs, les oisifs piskies qui, selon les uns, arrivèrent d'Irlande avec les Saints et selon les autres sont les âmes de vertueux païens de l'aube des temps. Il y a aussi ceux qui croient que les Piskies étaient les dieux de la Cornouailles pré-chrétienne à la stature de géants, qui confrontés à la nouvelle religion - certains disent qu'ils furent aspergés d'eau bénite - décrurent en taille, fatalité malencontreuse qui se poursuivra jusqu'à ce qu'ils disparaissent totalement de la surface de la Terre. Quelles que soient leurs origines, les piskies - ou le Piskey comme on le dénomme puisqu'il travaille généralement seul - sont aussi braves qu'ils sont espiègles, venant seconder personnes âgées et infirmes dans leurs tâches ménagères, battant le grain au clair de lune, tressant la crinière des poneys pour s'en servir d'étriers et partir dans de sauvages chevauchées nocturnes. Et bien sûr, autrefois, nombre de personnes furent victimes de ces équipées des piskies : dans un état second, ayant perdu toute notion de temps et d'espace et errant impuissantes dans ce qui leur semblait une contrée étrange jusqu'à ce qu'elles tombent épuisées de sommeil.

Mais à quoi ressemblaient ces petits vieillards, les Piskies ?
D'abord, ils étaient tous identiques et pas plus grand qu'une souris. Ils portaient des perruques de lichen gris sous leur capuchon rouge. Ils avaient les yeux brillants et ne cillant pas davantage que ceux d'un merle et un regard fixe émanait de leur petit visage ridé. Ils étaient vêtus de façon soignée : gilets blancs, bas verts, manteaux bruns et pantalons courts et chaussés de souliers vernis brillants ornés d'une boucle avec des diamants gros comme des gouttes de rosée. Toujours pleins de vivacité, lorsqu'ils discutaient, l'air se remplissait d'un bourdonnement de ruche. Ils avaient l'habitude de se déplacer à dos d'escargots.
Si ces aimables petites créatures représentaient les bons esprits dans l'ancienne Cornouailles, les Spriggans en étaient le mauvais côté.


***
CONTES, LEGENDES ET MYTHES DE CORNOUAILLES
Traduction de Jean-Louis Laurin, 2003
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