mardi 14 octobre 2008

La légende de Oisin

Finn, le chef des légendaires guerriers fenians, en Irlande, avait un fils, Oisin, l'un des rares mortels à être invités sur Tir Nan Og. Un jour que les fenians étaient à la chasse, une très belle dame s'approcha d'eux. C'était Niamh aux cheveux d'Or, la fille de Manannan. Parmi les chasseurs elle choisit Oisin pour en faire son amant. Elle l'invita à monter sur la croupe de son destrier, puis elle gagna la mer et chevaucha ensuite sur les crêtes des vagues vers l'île enchantée de Tri Nan Og, " la plus merveilleuse contrée et la mieux prisée qui soit sous le soleil".
Au cours de leur voyage, des spectacles merveilleux s'offrirent à leurs yeux, des palais enchantés s'élevaient à la surface des eaux. Dans l'un de ceux-ci, Niamh demanda à Oisin de délivrer une demoiselle des Tuatha de Danann qui était prisonnière de Fomor, un démon des profondeurs marines. Oisin combattit Fomor et libéra la fille.

Ils atteignirent bientôt le pays de la Jeunesse où Oisin vécut avec son amante pendant trois siècles avant de se souvenir de sa patrie et des Fenians. Soudain l'envie de les revoir le prit et il demanda la permission de retourner sur sa terre natale. Niamh lui fournit pour le voyage un cheval enchanté, disant qu'à aucun prix ses sabots ne devaient toucher le sol. Oisin jura d'y prendre garde et s'élança vers l'Irlande. Mais une fois rendu, il s'aperçut que rien n'était comme dans son souvenir: Finn et les Fenians n'étaient plus qu'une légende, la bataille de Gabhra avait eu lieu et Saint Patrick avait converti le pays. Même les hommes lui semblaient différents, plus petits, presque nains comparés à ceux qu'il avait connus. Oisin aperçut trois de ces hommes qui s'acharnaient à soulever une grosse pierre. Il se pencha pour les aider d'une main, mais la sangle dorée de sa selle se rompit et il tomba à terre. Aussitôt le cheval disparu et Oisin se transforma en un vieil homme aveugle.

Nombre de ballades racontent comment Saint Patrick découvrit Oisin gisant sur le sol, vieux et impuissant. Le Saint l'emmena chez lui et s'appliqua à convertir Oisin au christianisme en lui décrivant le paradis que son repentir lui ferait gagner. Mais Oisin lui répondit qu'il ne concevait pas un paradis qui ne tiendrait pas en honneur les Fenians désireux d'y entrer, ni un dieu qui ne serait pas fier de compter Finn parmi ses amis. Et même si c'était possible, à quoi ressemblerait une vie éternelle où on ne pourrait ni chasser ni faire la cour aux belles dames ? Il préférait cet enfer dont ses compagnons les Fenians, d'après Saint Patrick, subissaient les tortures, et mourir comme il avait vécu.

Les îles de Féerie

Un des thèmes qui revient souvent dans la mythologie Européenne est celui des Iles Enchantées, ou Iles Bienheureuses, qui se trouveraient dans les mers occidentales, au-delà du soleil couchant. Les Irlandais plus que tous les autres peuples semblent connaître un plus grand nombre de ces îles. Les plus connues sont Tir Nan Og, Le Pays de la Jeunesse ; Tirfo Thuin, le Pays sous les vagues ; Tire Nam Beo, le Pays des Vivants ; Tirn Aill, l’Autre Monde ; Mag Mor, la Grande Plaine ; Mag Mell, la Plaine du Plaisir ; Tir Tairngire, la Plaine du Bonheur.

Ces îles, qu’elles soient la demeure des Elfes, des dieux ou des morts, sont des lieux de bonheur, d’abondance et de Paix. Il y règne un éternel printemps, pas de vieillesse, pas de maladies, pas de travail, car tout y pousse à loisir, sans labours ni semailles et les arbres portent des fruits en toute saison.

C’est à Tir Nan Og que s’enfuirent les Tuatha de Danann devant l’avance des Milésiens. Cette terre leur apporte tout ce qu’ils peuvent souhaiter. Ils passent leurs jours à faire des banquets, à chasser, à s’aimer et écouter de merveilleuses musiques. Ils peuvent même donner libre cours à leur passion des batailles, car ceux qui meurent au combat se relèvent le lendemain sans aucune blessure.

Certaines de ces îles dit-on, flottent, d’autres sont submergées et ne viennent à la surface des eaux que la nuit. D’autres encore, selon Giraldus Cambresis, ne viennent en surface qu’une fois tous les sept ans. Pour que ces îles restent en surface il faut parait-il y poser le fer ou le feu. C’est ainsi que Hy-Breasail est émergée depuis qu’on y lança une flèche enflammée. Elle se dérobe encore quelques fois à ceux qui la cherchent, même si les premières cartes l’ont indiquée et que plusieurs expéditions importantes eussent été lancées par les marchands de Bristol, pour la récupérer. On lui accorde généralement une forme circulaire divisée en deux par un large fleuve, ce qui n’est pas très éloigné de la description que Platon fit d’Atlantis.

Beaucoup d’histoires courent sur ces îles fantastiques, comme par exemple celle que visita Mael Duin : l’une était supportée par une jambe qui s’enfonçait au fond de l’eau, une autre se trouvait plusieurs mètres au-dessous de l’eau qui faisait autour d’elle de hautes falaises liquides ; d’autres encore étaient peuplées de bêtes monstrueuses ou couvertes d’édifices extravagants.

Le Roi Arthur visita plusieurs de ces îles grâce à son navire magique, le Prydwen, et, si ces visions surréelles sont à l’évidence des inventions poétiques, on peut affirmer maintenant que l’étrange récit du voyage de Saint Brendan et de sa découverte de l’île de Brendan est fondé sur des faits réels.
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