mardi 9 septembre 2008

Les différents types de dragons de couleurs

Les Dragons Blancs.
Ils sont plutôt lents et instinctifs. Très solitaires, ils vivent loin des autres dragons dans les climats glacials, les banquises et les cavernes de glace. Ils ne s'occupent que de leurs besoins primaires et chassent souvent en bande pour capturer des proies.
Ils mangent seulement des proies gelées et ils utilisent leur souffle glacé pour figer leurs proies avant de les dévorer.

Les Dragons Bleus.
Les Dragons Bleus vivent dans les terres désertiques, la plupart du temps dans une caverne ou une tanière. Leurs territoires sont très vastes...
Ils adorent les chevaux ou le bétail et attaquent souvent les éleveurs nomades dans leurs régions.
Ces dragons se servent de leurs griffes et de leurs mâchoires pour tuer leurs adversaires, mais ils possèdent également la capacité de lancer des décharges électriques. Ces dragons évitent les autres dragons et ont une forte notion de la propriété.
Ils sont rusés et utilisent fréquemment la magie pour s'emparer de leurs proies...

Les Dragons Noirs.
Ces dragons sont les plus secrets et mystérieux du monde, ils ne se montrent que très rarement...
Ils vivent dans les montagnes, les volcans ou dans les marais reculés, on peut en rencontrer occasionnellement qui ont établi leur tanière dans une forêt dense.
Ils ont une intelligence hors du commun et usent de la ruse pour attaquer leur ennemi. Ce sont des dragons qui excellent dans la plupart des langues. La magie noire est également l'une de leurs armes et ils l'utilisent fréquemment. Si jamais l'un de ces dragons s'allie à un homme, celui ci bénéficiera d'une excellente arme mais ils ne se mêlent que rarement des affaires des hommes.
Les dragons noirs ont la possibilité de cracher de l'acide, et aiment laisser pourrir leur nourriture avant de l'ingérer...

Les Dragons Rouges.
Ce sont les dragons les plus répandus, ils peuvent cracher des flammes, ils ont un sens étrange des valeurs mais il le respecteront jusqu'a la mort. Ils ont un ego surdimensionné et sont d'excellents forgerons.
Ils ne volent pas et ne tuent pas les hommes, ils ne se confrontent qu'aux autres dragons pour mesurer leurs forces.
Ils ne sont pas rusés mais ont un sens tactique qui leur permet d'utiliser l'envergure de leurs ailes pour surprendre l'ennemi.
Ils vivent en groupe et dans des failles terrestres...

Le Dragon Vert.
Le magnifique Dragon Vert est unique, il n'y en à qu'un seul et il change fréquemment d'habitat.
C'est un dragon digne qui respecte la vie et ne tuera jamais, il préférera mourir...
Son pouvoir est immense, il peut se métamorphoser pour devenir n'importe quel être vivant...
Nous n'avons que très peu d'informations à propos de ce dragon, on sait en revanche qu'il communique par transmission de pensée et qu'aucune lame et qu'aucun élément ne peut toucher ses écailles, il est entouré d'un aura protectrice...

L'oeuf de jument


Angevillers est un petit village du nord de la Lorraine, situé à proximité de la frontière luxembourgeoise. On y parle un dialecte fort panaché, où les mots français se greffent curieusement sur le fonds luxembourgeois. Est-ce en raison de leur jargon bizarre, absolument incompréhensible en dehors du canton ? Toujours est-il que les habitants d'Angevillers avaient jadis la fâcheuse réputation de benêts ou de sots.
On les désignait d'ailleurs sous le sobriquet collectif de "Bouillons de Lièvre", parce qu'un lièvre, traversant un jour à la nage la mare du village, toutes les ménagères s'empressèrent d'aller puiser de l'eau à ladite mare pour faire cuire leur soupe aux choux avec du bouillon de lièvre !...
Le Nickel Dorten (Nickel : Nicolas en dialecte luxembourgeois) était un brave Angevillois, ni plus sot ni plus malin que les autres. Il n'était pour ainsi dire jamais sorti de son village et, quand il vint pour la première fois à Thionville, il crut qu'il avait mis le pied dans la capitale d'un empire.
Il flâna d'abord dans la rue de Paris, s'extasiant aux devantures des magasins et remarquant, en bon paysan, que tout y était bien plus cher qu'à Angevillers. Il déboucha ensuite sur la place du Marché, bordée de ses antiques arcades.
Or, à l'étalage d'un marchand de légumes, il aperçut un énorme fruit jaune, rond comme une roue de charrette : c'était une citrouille. Le Nickel contempla un bon moment ce fruit qu'il n'avait encore jamais vu. Et comme le marchand sortit de sa boutique, il lui demanda :
- Qu'est-ce que c'est que ce fruit-là ?...
L'épicier comprit aussitôt à qui il avait affaire.
- C'est un oeuf de jument, répondit-il avec le plus grand sérieux.
- Un oeuf de jument ?!... répéta le Nickel ébaubi. Pas possible !... Et il peut en sortir un poulain ?... - Certainement. Pour le faire éclore, il suffit de le tenir au chaud près de vous, dans le lit, pendant quinze jours.
Le Nickel ne possédait pas de cheval. Depuis longtemps, il souhaitait en acheter un ; mais ses modestes ressources ne lui avaient pas permis de réaliser ce rêve. Un grand espoir envahit son âme simple.
- ça vaut cher ? demanda-t-il.
- Un écu de cinq francs, dit le marchand.
Bien que la somme lui parût énorme, le Nickel n'hésita pas une seconde. Il paya, emporta sa précieuse acquisition et se hâta de regagner Angevillers.
- Qu'est-ce que c'est que cela ? ... demanda la Sidonie, sa femme, quand elle le vit revenir tout essoufflé.
Le Nickel lui expliqua l'affaire et ajouta qu'il se proposait de couver l'oeuf de jument lui-même. Eberluée, la Sidonie le laissa faire. Il soupa copieusement, se mit au lit, plaça l'oeuf entre ses jambes pour qu'il fût bien au chaud et tira le plumon (l'édredon). Pendant deux semaines, il ne bougea pas de son lit où il se fit servir tous ses repas. Sa femme, tout en gémissant du surcroît de travail qui lui incombait, acceptait bravement la situation. Elle finit toute seule d'arracher les pommes de terre pendant que son époux couvait patiemment son oeuf.
Mais les deux semaines passèrent et rien ne sortit de l'oeuf. Le Nickel consentit encore à couver deux jours supplémentaires. Mais rien, toujours rien. Pas le plus petit bruit à l'intérieur de l'oeuf, comme lorsque le poussin frappe de son bec la coquille fragile.
Le Nickel commença à s'inquiéter :
- Si par hasard, il m'avait vendu un oeuf niot (stérile) ? se demanda-t-il.
Il envoya aussitôt sa femme à Thionville, pour prendre conseil auprès du marchand.
- L'oeuf est parfaitement sain, assura-t-il, souriant. Cependant, il se peut que la coquille soit un peu trop dure. Pour la briser sans faire aucun mal au poulain, il faudrait, par exemple, la faire rouler doucement du haut d'une colline un peu rocailleuse.
La Sidonie rentra au logis et rapporta à son mari le conseil du marchand. Le Nickel se leva en hâte, s'habilla, plaça précautionneusement l'oeuf dans un grand chavant (panier) et prit le chemin de la côte Saint Michel. Une bonne vingtaine de villageois l'accompagnaient, curieux d'assister à l'éclosion du poulain. Arrivé au sommet de la côte, le Nickel tira le précieux objet de son panier et le posa sur la pente, où il ne tarda pas à rouler. Haletant, le front moite de sueur, il suivait les évolutions de son oeuf, tandis que les Angevillois s'étaient postés sur le trajet qu'il devait emprunter. Tous étaient prêts à intervenir pour saisir le poulain.
Mais la citrouille dégringola d'abord d'un mouvement uniforme, rebondissant contre les pierres, entraînant au passage les cailloux. Puis sa vitesse s'accéléra et ce fut alors un véritable boulet qui dévala la pente, particulièrement raide. Hélas ! Une souche se trouvait par malheur sur son passage ! Elle la heurta de plein fouet et sous la violence du choc, elle se fendit en plusieurs morceaux qui s'éparpillèrent à cinq mètres à la ronde. Au même instant, un lièvre qui gîtait derrière la souche, s'enfuit en faisant des culbutes spectaculaires. Tous se précipitèrent.
Le Nickel criait :
- Houni ! Houni ! Du côté de Beuvange ! Rattrapez-le !... Vite, rattrapez-le !
Mais le lièvre était bien trop leste, et il eût fallu un solide épagneul pour le rejoindre. Seulement, aucun Angevillois n'avait songé à se faire accompagner de son chien !... Toute poursuite était donc inutile. Alors, navré, entouré des braves Angevillois compatissants, el Nickel s'en retourna confier sa déception et sa peine immense à sa fidèle Sidonie.
Il n'osa pourtant pas renouveler l'expérience et se résigna, bien malgré lui, à ne jamais posséder de cheval à l'écurie.

***
Conte lorrain


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...