lundi 8 septembre 2008

Les fées danseuses

Les fées des montagnes et des collines comme celles de la plaine et des bois, prenaient plaisir à former des rondes.

On disait autrefois en Dauphiné que les linges blancs que l'on apercevait de loin sur le plateau de la Montagne Inaccessible étaient les robes enchantées d'une troupe de fées qui, la nuit, dansaient sur l'herbe.
Dans les Alpes vaudoises, et principalement sur le terrritoire des Ormonts, les pâtres voyaient les bonnes dames faire des rondes, et parfois ils les surprenaient endormies à l'ombre des sapins.
Des fées venaient dans les anciens temps danser au clair de lune pendant les belles nuits d'été, sur la vaste étendue de pâturages qui couronnent la haute montagne de Hohneck.
En Gascogne, les fées Blanquettes dansaient à minuit sur le sommet des collines.
Dans l'Aude, le plateau de Donnezan est appelé la Danse des Fées, ce qui suppose une légende.
On voyait souvent sur une colline, près de Ruffach, des dames blanches dansant autour d'un feu.

Une petite légende de la Loire-Inférieure montre qu'il était dangereux de troubler leurs divertissements. Sur le tertre de Rohouan qui domine le village d'Avessac, des fées bienfaisantes se réunissaient pour former des rondes, au clair de lune ; mais les chants qui réglaient leurs pas troublaient le sommeil des habitants, qui allèrent détruire leurs maisons de pierre ; ils en furent punis, car une famine survint aussitôt dans le pays, et elle dura de longues années.
A Guernesey, les fées du Creux des Fées sortaient de ce dolmen, l anuit de la pleine lune, pour danser sur le Mont-Saint jusqu'au moment où parassait le jour. Cette croyance n'est pas encore éteinte ; lorsqu'en 1896 une dame de l'île voulut bâtir une maison sur cette hauteur, les paysans des environs lui dirent que c'était un lieu dangereux, et qu'il était imprudent de chasser le peuple des fées des endroits où il s'assemblait pour danser.

Quelquefois ces danseuses contraignaient les passants à prendre part à leurs ébats ; mais presque toujours on les considérait alors comme des fées dégénérées ou des sorcières. Il y a cent ans environ, un homme qui passait près du Suc, vit trois demoiselles assises, jasant et caquetant. Il s'en retournait en grande hâte, invoquant son patron, lorsque les fées, l'ayant aperçu, le forcèrent à danser avec elles jusqu'au jour.
Le pic du Puy Chamaroux à Mongreleix est habité par des fades qui appellent les jeunes gens pendant la nuit et les font danser follement jusqu'à ce qu'ils meurent.

Dans cette même région du Cantal, des fées venaient former leur ronde sur la montagne auprès du lac des fées ; une légende romantique raconte qu'un garçon qui passait par là un samedi, fut aperçu par elles et dut entrer dans le tourbillon magique ; épuisé de fatigue, il tomba presque anéanti sur le sol, pendant que la ronde continuait. A minuit, la lune se voila davantage, et en cet instant, ces belles filles se métamorphosèrent et il ne vit plus que des squelettes hideux dont la tête creuse lançait des flammes par ses ouvertures. Le corps fétide d'un enfant mort sans baptême fut apporté, et la troupe allait se livrer à un festin épouvantable lorsque l'homme se signa en se recommandant au grand saint Geraud : aussitôt un désordre se manifesta parmi la bande infernale. Celle des fées qui lui avait paru la plus séduisante s'approcha, exhala sur sa tête un souffle enflammé, le feu calcina ses cheveux et une main brûlante imprima sur sa joue un stigmate aux reflets sanglants. L'homme avait perdu connaissance, il ne put voir la fin de cette vision satanique ; quand il se réveilla, la colline avait repris son aspect accoutumé, mais il conserva ses plaies.
A Châteaugay (Puy-de-Dôme), des dames habillées de noir, dont la vue était très redoutée, dansaient en rond la nuit sur un monticule.
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