mardi 2 septembre 2008

Légende de la Chèvre d'Or

Dans les Ardennes belges la Chèvre d'or a rencontré la fée de la Lienne.

Au Moyen-Âge de modestes seigneurs vivaient dans la vallée de la Lienne. Un matin, le baron Rambert, parti à la chasse, épargna une biche qui le fixait d'un regard innocent et plutôt que d'abattre du gibier, préféra s'endormir au pied d'un arbre. À son réveil une jeune fille aux cheveux blonds, vêtue de voiles légers, le regardait, accompagnée d'une petite chèvre aux poils dorés.
- Quel est ton nom, belle enfant ?
- Appelle-moi Lienne.
Subjugué par sa beauté, le baron lui demanda de l'épouser. La jeune fille lui répondit :
- Je n'aurais pas dû t'apparaître. Je te crois différent des autres hommes et n'ai pas pu résister à prendre forme humaine. Je suis la fée de cette rivière et je ne peux vivre avec toi que pendant cinq ans.
Le baron, persuadé d'avoir trouvé la femme de sa vie, accepta le marché. Les jeunes gens se marièrent, firent bâtir le château de Grimbièmont et vécurent heureux pendant cinq ans, sans aucun souci d'argent puisqu'il suffisait de tondre la chèvre, ses poils d'or permettant de payer toutes les dépenses et sa toison miraculeuse repoussant aussitôt.
À l'expiration du délai prévu Lienne perdit sa forme humaine et se transforma en une brume légère, laissant toutefois à son époux la Chèvre d'or en souvenir. Désespéré le baron Rambert partit en croisade et s'y couvrit de gloire. À son retour il quitta Grimbièmont et fit construire le château de Grimbièville où, après s'être remarié avec la fille d'un seigneur voisin, il vécut dans l'aisance jusqu'à sa mort, toujours grâce à la Chèvre d'or.
Le temps passa, puis sous Louis XIV la peste ravagea la contrée et le dernier descendant du baron Rambert ainsi que ses trois fils en moururent. Une nuit, un terrible orage détruisit le château et l'on vit la chèvre d'or s'élever dans le ciel puis disparaître.
Les habitants de ce lieu disent que si vous vous promenez au bord de la Lienne par un beau matin d'été, dans la brume gorgée de soleil vous aurez peut être la chance d'aperçevoir la fée qui, pendant quelques années, fit le bonheur du baron Rambert.

Chevaux, chèvres


Les loups, qu'ils obéissent à leurs conducteurs experts en sorcellerie ou qu'ils soient des hommes subissant une métamorphose temporaire, tiennent de beaucoup le premier rang parmi les bêtes légendaires des forêts ; mais on y connaît d'autres animaux, dont les boisiers racontent les gestes surnaturels ou simplement singuliers.

En Franche-Comté, la légende associe aux forêts des chevaux fantastiques : le cheval sans tête du bois de Commenailles venait tantôt poser sans bruit ses deux pieds sur les épaules des gens ; tantôt il fondait sur eux ventre à terre, les jetait sur son dos et les emportait par la campagne et par les bois.
Le cheval Trois Pieds, qui se montrait aux environs de Besançon, n'obéissait que quand on avait pu l'assujettir à un frein ; s'il s'en débarrassait, il filait comme un trait et retrouvait son allure naturelle au fond des bois.
Le cheval Gauvin suivait chaque soir le ruisseau de Vernoix pour se montrer sur la place et disparaître ensuite dans la forêt de Chaux.

On parlait, dans les Ardennes, de la Chèvre d'or, ainsi nommée parce qu'elle avait sur le front deux cornes en or. Elle vivait dans les bois d'Auchamps, et les loups, même affamés, la respectaient. Elle fut prise une nuit par un bricoleur, et depuis les moutons et les chèvres devinrent la proie des loups.
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Chèvre d'or du Château de la Chèvre d'Or à Eze

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