jeudi 24 juillet 2008

L'eau de rose


A défaut de lait, démaquillez-vous à l'eau de rose.
Fabriquez-la vous-même : au printemps et en été, ramassez des pétales de roses rouges.
Séchez-les à l'ombre et faites-en une infusion.
Jetez quatre poignées de pétales secs dans un litre d'eau bouillante (eau de pluie ou eau minérale) !
Retirez du feu, couvrez, laissez infuser une demi-heure.

Utilisez cette eau lorsqu'elle est chaude ou tiède.
Mettez le reste au réfrigérateur pour les deux ou trois jours suivants.
Le quatrième jour, s'il en reste, jetez.

Autre détail important et valable pour toutes les infusions de beauté que nous vous communiquerons ici : utilisez une casserole de Pyrex, ou de porcelaine, mais jamais de fer ni d'aluminium, à moins qu'il ne soit émaillé.
D'autre part, si vous laissez les plantes dans l'infusion, celle-ci n'en sera que plus concentrée.

Cela n'a guère d'importance ici : nous n'indiquerons presque pas de dosages, les plantes utilisées dans nos chapitres de beauté n'étant pas toxiques à haute dose.

La fée du fraisier

La fée du fraisier a un charme incroyable !
Mais quand on la connait mieux, on découvre que c'est une créature paresseuse qui adore lézarder à l'ombre des fraises, en dégustant du sucre et de la crème.
C'est une fée très spéciale : avant de pouvoir exprimer pleinement son éclat, elle doit être convenablement nourrie et choyée ; sa soif doit être épanchée avec de la pluie ; et sa peau a besoin de se gorger de beaucoup de soleil.

Sinon, elle s'oppose formellement à devenir la délicieuse créature sucrée que nous attendons tous impatiemment durant l'été. Par exemple, si elle ne peut pas poser ses pieds délicats sur un tapis de paille, elle va broyer du noir pendant des jours entiers, car elle ne supporte pas d'avoir les pieds froids.

Les fées du Fraises des Bois, quant à elles, ne demandent pas un tel traitement. Mais elles sont très difficiles à observer, car elles sont plus petites et volent au ras du sol.


Les fées du Fraisier ont pour mission principale de chasser les insectes rampants, volants et les oiseaux qui picorent les plantes. Mais elles n'ont pas grand chose d'autre à faire pendant l'été, à part lézarder au soleil et prendre de l'embonpoint au cours de la saison.

Les Fées du lac Bénit

Parmi les légendes qui expliquent l'origine du nom du lac Bénit (Mont-Saxonnex en Haute-Savoie), il en est une qui met en scène les fées qui demeuraient dans ses environs.
L'une d'elles criait sans cesse : "Sel y soit, sel y soit".

Un jour, lassé de l'entendre, un des charpentiers qui équarissaient des sapins dans le bois lui lança :
- Tu nous ennuies avec ton "Sel y soit".
Vexée, la fée remplaça le sel par de l'eau, jusqu'à ce que le lac imonde les envrions. Pour que cessent les crues, il fut décidé de faire bénir le lac ensorcelé. Toutefois, les fées continuèrent à hanter les lieux.

Cela faisait longtemps que les gens du coin tentaient de s'emparer de l'une d'elles. Mais elles étaient si malignes qu'ils échouaient chaque fois. Pourtant, un jour, quelques hommes eurent l'idée de tendre un piège.
Ils clouèrent un mignon soulier sur une planche et se cachèrent en attendant l'arrivée des fées. Fidèles à leurs habitudes, elles vinrent virevolter sur le lac. Soudain, elles aperçurent le charmant soulier, et, pour s'amuser, une insouciante le chaussa en riant , prenant soin de bien le lacer.
Avant qu'elle ait eu le temps de réagir, le shommes l'avaient déjà attachée, tout fiers de leur exploit. Avant de s'enfuir, ses compagnes lui recommandèrent de ne pas livrer aux hommes le secret de la mire et de la coëta, deux recettes à base de petit-lait.
Nous ignorons ce qu'il advint de cette fée et si elle parvint à tenir sa langue.


***


Cascade des Bains Saint-Gervais

Les fées qui vivaient dans ces rochers ressemblaient à des femmes sauvages,
aux cheveux épais.
Elles disparaissaient si l'on tentait de les approcher,
mais poursuivaient tous ceux qui s'enfuyaient en les voyant.

***
L'oeuvre originale "Cascade prés des Bains de Saint-Gervais"
a été réalisée par l'artiste Turpin de Crissé Lancelot-Théodore de : marquis (1782 - 1859)

La fée et les charretiers

En 1847, une laitière, bonne et simple femme dauphinoise de la province romaine-allobrogique où le sang italien est combiné avec le sang crétois, disait à une domestique de Lyon :
- Il paraît, Mademoiselle, que les pauvres gens vont avoir bien de la peine à vivre : le blé est cher ; les pommes de terre vont se gâter.
- Oh ! pourquoi se gâteraient-elles ? Rien ne l'annonce encore.
- Vous verrez comme l'année va être mauvaise. On ne parle que de cela chez nous. Voici ce qui vient d'arriver cette semaine : deux voituriers parcouraient la route de Lyon à Grenoble ; il n'y avait pas une heure qu'ils avaient quitté La Guillotière, lorsqu'une vieille femme, abordant le premier, lui demande une place sur son char à côté de lui.
- Il n'y en a pas, répond durement le charretier.
La vieille s'approche du second et lui adresse la même prière.

- Mon cheval est bien chargé, répond celui-ci, mais il ne sera pas dit que j'aurai ménagé ma bête de préférence à un chrétien : montez à ma place, moi j'irai à pied.
L'étrangère monte et s'assied commodément. L'entretien continue :
- Voyez les beaux épis ! Voyez les belles récoltes qui se préparent, disait l'obligeant voiturier ; l'année sera excellente, ou nous seront bien trompés.
- Ce blé, répond-elle en branlant de la tête, ce blé ne rendra pas ; l'année sera plus dure que celle que nous venons de traverser. Les pommes de terre ne vaudront rien, et les malheureux auront encore plus à souffrir.
Le conducteur se prend à rire.
- Vous ne me croyez pas, reprend l'inconnue, ce que je vous annonce est pourtant aussi vrai qu'il est vrai que votre camarade est mort à présent sur son char.
Frappé par ces paroles, le voiturier court au chariot qui le précède, et il voit, en effet, son infortuné compagnon étendu sans vie sur son chargement. Il se retourne épouvanté, et revient parler à la vieille ; mais plus de vieille, elle avait disparu sans qu'il fût possible de savoir comment.
La cuisinière de Lyon avait laissé parler sa laitière sans l'interrompre.
- Mais c'est un conte, ma pauvre Marion, lui dit-elle, c'est un conte de fées que vous nous faites-là !
- Oh ! un conte, que non, Mademoiselle : la chose est arrivée tout près de chez nous, la semaine dernière, et tous les villages s'en entretiennent en ce moment.


***
Source : Désiré Monnier et Vingtrunier
Contes et traditions populaires recueillis dans la Franche-Comté, le Lyonnais, la Bresse et le Bugey, 1871.

***
Image : Akahastur


Fée vole-t-elle ?


Qu'une Fée rentre au logis
sa journée achevée
c'est un curieux spectacle
quand elle se "démaquille"...

Car si la Fée excelle
en figures aériennes
-loopings et piqués-
Elle est femme, pas insecte !

(Voici comment elle parle :)

" Des peintres en Féerie
décrétèrent un beau siècle
que seuls les êtres ailés
pouvaient voler...

Depuis cette mode étrange
afin qu'on croie en moi
je dois me travestir
en vile libellule..."

(Et la fée de conclure
en décrochant ses ailes :)

" Vivre aux songes des Hommes
n'est pas chose facile...
comme disent la Souris verte
et le Serpent à plumes !"

***
Tiré du Petit Bêtisier Féerique
Texte : Renaud Marhic avec Joëlle Rose
Illustration : David Roussel

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