samedi 5 juillet 2008

Les Gobelins

En Ecosse, le Gobelin est l'image rapetissée et très affaiblie d'un homme disparu depuis longtemps. Le Gobelin existait déjà du vivant de cet homme : c'était son ombre. Une fois l'homme mort, l'ombre prenait possession de la dépouille et l'animait tout en rétrécissant et en vivant de façon larvaire.

Pour Wentz, le Gobelin français est l'équivalent du Pixie de Cornouaille, du Robin Goodfellow anglais, du Brownie d'Ecosse, du Gobelin gallois. Pour Doptagne c'est une sorte de Boublin, d'esprit croquemitaine et malfaisant des grottes ; il se retrouve au même rang que les Drows, ou Brownies d'Ecosse, les Koboldes et Trolls allemands, les Servans suisses... et curieusement les Elfes (Esprits de l'Air) scandinaves, d'après Grün alors qu'il le maintient au sein des Génies de la terre. Dom Lucae le cloue, comme Incube, sur les portes de l'enfer. Christina Giogina Rossetti le fait "monter du feu et des marais, des mines et des lacs". Le doux Scheffel le porte aux nues aux côtés des fées et des séraphins.

Même s'ils sont une race à part entière, les Gobelins (Gembelin, Goubelin, Gobin, Goblinus, Gobliniot, Gobino, Hobgobelin), semblablement aux Lutins, Farfadets, Follets, Nissen, doivent leur origine mixte à "l'Ancestrale Union" des Alfs noirs et des Alfs blancs. Profondément marqués par l'influence des chromosomes lumineux ou ténébreux de leurs géniteurs, ces embryons métissés de "nanisme" ou "d'elfisme" entamèrent, dès le deuxième quart de l'ère migratrice, une généalogie singulièrement complexe qui ne cessa de s'alvéoler au cousr des âges, des batailles, des voyages, des rencontres et - déplorons-le - des dégénérescences.

Les Gobelins sont assurément une vigoureuse nichée de la quatrième génération après l'Age d'or, rassemblant une moindre partie elfique imprégnée de plusieurs gènes d'esprits bienveillants terrestres et sylvestres, dominée, hélas, par le Bogon négatif et nocturne des Autres, qui ne cessa de proliférer avec le temps... jusqu'à ce que les deux contraires se séparent pour ne plus jamais se rejoindre. Il en résulta deux souches de Gobelins plus ou moins distinctes.

"Il y eut deux vassaleries de Gobelins, comme existaient déjà sur terre et dans le ciel celle des Seelie, reposante et de clarté légère, et celle honteuse des Unseelie, grosse de larves et de lémures... Mais le commun ne pouvait distinguer celle des bons de celle des mauvais que ces derniers confondaient par malice". Cette ruse finit, malgré tout, par s'éventer au bout de cent ans du calendrier alfique, les tares des Gobelins noirs devenus par trop évidentes. Trois ou quatre espèces hybrides, à cheval sur les deux caractères, profitant de l'ambiguïté, demeurèrent - et restent de nos jours - difficilement discernables.

Quelques Gobelins malveillants

Grascos : "Gobelin sombre", castillan qui hantait les cachots humides, les cimetières, les couvents de moines maudits et nonnes sanglantes au temps où Walpole, Ann Radcliffe, Monk Lewis s'enfonçaient dans le gothique sulfureux et les cryptes espagnoles. Vêtu d'un ample capuchon rouge, il laissait sur les enluminures des livres d'heures les traces majuscules de ses griffes.

Agnan : Gobelin colérique brésilien. Réclamait sans cesse des bonbons et des douceurs et faisait bouillir le sang du farceur qui, par blague, lui avait offert à la place des piments.

Les Trois Dents : "Gobelin-blaireau des campagnes, au corps trapu et allongé dont la peau nue vilaine se trouve couverte de pustules. Il détruit les jardins et saigne le bétail de ses incisives démesurées.

Bigle : Gobelin des tors et landes.

Le Fâcheux : Gobelin cyclope des mares.

Femming : Croisement de Gobelin et de Troll. Il effraya la mauvaise mère Raklidz dans Morbacka de Selma Lagerlöf.

Trazgos : Gobelin-vampire espagnol.

Tause : Croisement du Gobelin et de l'Alp du cauchemar en Allemagne. Il se nomme aussi Gastos, Marowit chez les Vendes, Aitwaros en Lithuanie.

Zwergla'Cher : Daymon-Gobelin dans le Hartz. Il se déplace avec le vent et agresse les passants qui doivent d'un coup de canne faire voler son chapeau pour s'en débarrasser.

Jimmy Pieds-Carrés : On sait peu de chose de ce Gobelin bestial d'aspect répugnant, plus idiot que dangereux.

Les Bestrucs, Markropet et Coltk Slaves étaient en revanche excessivement alertes et cruels.
Les "Caraquins sombres" vivent à l'intérieur des murs, sous les parquets, dans les cheminées condamnées, parfois dans les caves.

Les Crapoussins, les Nobiots se sont confondus avec les Latusés.

Les Snunks, bien que contemporains, ont gardé toutes les caractéristiques primaires et monstrueuses de leurs ancêtres.
Ils hantent les métros, les parcs, les ruelles sombres. Ils ont élu domicile dans les bouches d'aération, les boîtes aux lettres publiques, les bennes à ordures.

Le faux Gobelin d'Evreux (Gobelin-démon = Collin de Placy), chassé de la ville au IVe siècle par saint Taurin, s'est réfugié à Caen.


Les Gobelins malveillants

Noirauds, contrefaits, velus, ils mesurent entre 50 et 60 centimètres.
"Durs et nerveux, constitués de la carne recuite et fumée des dyables", ils sont bossus, pointus et griffus de partout ridés, plissés, grêlés.

Ils s'enveloppent à plaisir de loques sales et puantes et habitent généralement les égouts, les décharges publiques, les cloaques et endroits nauséeux, mais aussi les maisons hantées, les caves, les immeubles désaffectés, les quartiers lépreux où rodent le vice et le crime.

Ils se nourissent de viande avariée et de sucreries.

Autrefois, les Gobelins tracassaient, effrayaient les humains de mille façons, de persécutions bien puériles, qui ne dépassaient guère le stade des "méchancetés de contes de fée", en comparaison des pouvoirs dévastateurs des Gobelins contemporains.
Contrairement à la plupart des ethnies alfiques que les temps modernes ont déchues et refoulées au placard des superstitions, les Gobelins n'ont jamais craint d'utiliser l'électricité, ni toutes les nouvelles et multiples inventions des hommes.
Leur fusion avec les Kobboldes auprès de qui ils ont acquis l'art d'utiliser les ressources du sous-sol et des sciences amgiques, de même qu'avec les Gremlins, Esprits attachés aux machines et Génie de la technologie, a permis aux Gobelins de prétendre concourir dans la course au pouvoir... et d'aspirer à conquérir le monde !


Les Gobelins bienveillants

Les Gobelins, à quelques exceptions près, ne sont pas très beaux et mesurent entre 40 et 50 centimètres. Ils ont un corps fluet, des membres maigres, des mains et des pieds longs et osseux, une grosse tête ovoïde, un front bombé, une face aux pommettes très saillantes, une grande bouche en tirelire, des dents de lapin, un nez minuscule et camus, des yeux luisants en boutons de bottine, des oreilles longues et pointues.

Chausses vertes, justaucorps brun et rouille, bonnet large gris-bleu, ils se vêtent aux fêtes saisonnières d'habits traditionnels gobelins, dont nous n'avons guère de précision si ce n'est qu'ils sont de couleur jaune.

Leur nourriture ? Ce que l'on mange, à l'exception de la viande.

Les Gobelins bienveillants sont apparus sur terre pour la première fois en Normandie où tout, eau, verdure, nuées, était réuni pour faciliter leur développement.
Des Gobelins, charmés par les falaises blanches de la verdoyante Albion, embarquèrent sur les barques normandes et les drakkars vikings pour traverser la Manche. Le Gobelin, fasciné par la vie en mer, s'attacha aux navires ainsi que le Patakoï phénicien comme "divinité naine de la cale et de l'entrepont". Favorablement accueillis par les druides, les Gobelins, d'un petit glissement de comptine (Robert-Robin-Rob-Hob), devinrent Robin Gobelin... puis Hobgoblins !

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