mercredi 2 juillet 2008

Légende secrète du tournesol

On dit qu’il y a des milliers d’années, le monde était partagé entre le Soleil (le jour) et les Étoiles et la Lune (la nuit). Ainsi donc, la Terre connaissait une partie dominée par les ténèbres et une autre maîtrisée par le Soleil (la Lumière). Mais le fort désir de la Lune était que l’obscurité puisse vaincre, de cette manière elle allait devenir la maîtresse de la Terre, tandis que le Soleil serait asservi. Par conséquent, entre la Lune et le Soleil, éclata la guerre.

Le Soleil avait une fille qui s’appelait Hélianthe. Mais elle ne ressemblait pas aux autres de son âge, pas seulement grâce à sa beauté sans pareille mais surtout à sa vaillance.


Elle proposa donc à son père de lutter l’un près de l’autre contre la Lune.

- Nous devons vaincre, dit-elle, sinon nous serons enveloppés par les ténèbres.

-J’en suis d’accord, répondit le Soleil inquiet. Mais n’oublie pas que je suis vieux et qu’il me manque la force de lutter. De plus, elle a aussi de son côté les Étoiles et leur victoire est presque assurée.

- Mais c’est moi qui vais lutter près de toi, l’encouragea Hélianthe.

- Non ma fille. C’est trop dangereux et de toute façon nous n’aurons aucune chance de réussite, ajouta son père.


N’écoutant pas son conseil, Hélianthe participa au combat comme un homme. A la suite d’une bataille acharnée, le Soleil fut déclaré victorieux. C’est alors que sa fille révéla son beau visage. La Lune vit ainsi que son vainqueur avait de longs cheveux blonds comme les épis d’or, flottant sur ses épaules et de très beaux yeux noirs.

Furieuse, elle lui lança un sortilège.

- Que tu sois à tout jamais une plante, que "le Tournesol" devienne ton nom et quand il fera soleil que tu regardes toujours vers ton père !


A cause du maléfice de la Lune, la fille se métamorphosa en une fleur de toute beauté. Ses cheveux blonds se transformèrent en grands pétales jaunes et ses yeux noirs en semences.

Et jusqu'à nos jours, le sortilège n’a pas été rompu. Hélianthe, métamorphosée en fleur, regarde encore et toujours vers son vieux père - le Soleil.

***

Image : Gaëlle Boissenard



Les Martes

Les Martes du Berry, qui sont des esprits mâles et femelles , semblent vivre en famille et constituent un groupe distinct de celui des fées ou des sorcières, apparaissent au bord des cascades où elles se montrent sous les deux formes, et sont également redoutables à quelque sexe qu'elles appartiennent.

On les voyait parmi les roches où se précipite le torrent de la Porte-Feuille, près de Saint-Benoît-du-Sault, et une cascade très pittoresque au milieu de rochers d'une forme bizarre, qui s'appelle l'Aire-aux-Martes. Quand les eaux sont basses, on aperçoit les ustensiles de pierre qui servent à leur cuisine. Leurs hommes mettent la table, c'est-à-dire la pierre du dolmen voisin, sur ses assises. Quant à elles, elles essaient follement, vains et fantasques esprits qu'elels sont, d'allumer du feu dans la cascade de Montgarnaud et d'y faire bouillir leur marmite de granit. Furieuses d'échouer sans cesse, elles font retentir les échos de cris et d'imprécations.

Parfois, les femmes qui se montraient au bord de l'eau, et qui primitivement étaient peut-être des fées, étaient devenues comme dans une tradition ardennaise, de véritables sorcières : Des fées qui y avaient creusé un ruisseau souterrain, se réunissaient autrefois, chaque nuit, sur ses bords et criaient d'une voix retentissante :
- Taheu ! Taheu !
Souvent aussi ceux qui osaient s'approcher entendaient des airs de danse, mais les musiciens restaient invisibles. Les curieux disparus, les voix reprenaient :
- Ceux d'Harzy, sont-ils ici ?
- Oui, répondait-on dans les airs
- Ceux de Sugny sont-ils arrivés ?
- Oui
- Eh ! bien alors, en danse !
Les voyageurs imprudents, qui se laissaient saisir par ces fées, étaient aussitôt tués, rôtis devant un feu allumé sur la roche et dévorés par les sorciers.

Un garçon qui passait au Plan-de-la-Garde, en Provence, près d'un ruissseau d'arrosage, vit une jeune fille qui lui parut très jolie, occupée à peigner ses cheveux. Lorsqu'il s'approcha d'elle, elle se mit à fuir, pas trop vite cependant, et le fit tomber dans une mare ; alors la jeune fille qui était une masque, c'est-à-dire une espèce de sorcière, poussa un long ricanement et s'enfuit.

Des personnages, presque toujours féminins, viennent assez souvent s'ébattre dans les fontaines ou dans les étangs ; mais aucune légende locale ne parle des bains de fées dans les eaux courantes ; il n'en est question que dans les contes de la Haute-Bretagne, où figure un épisode altéré du mythe des femmes cygnes : trois princesses, avant de se baigner dans la rivière, déposent leurs vêtements sur le bord ; le héros s'empare de la chemise de celle qui lui plaît le mieux, et, tant qu'il ne la lui a pas rendue, il a tout pouvoir sur elle.


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