jeudi 12 juin 2008

Boites à fée


Cliquez sur les images pour les agrandir.
Imprimez-les, puis coupez et assemblez.
Voilà de quoi ranger vos petits secrets dans ces jolies boites...
ou tout simplement offrir un petit cadeau à vos lutins préférés....


Plantes préservant des maléfices

Maintenant encore plusieurs plantes sont réputées puissantes parce qu'elles ont été ramassées pendant cette nuit privilégiée de la saint Jean.

Tel est le millepertuis, appelé pour cette raison herbe de la Saint-Jean et qui, d'après une croyance générale, met à l'abri des maladies et des sorciers.
Les paysans landais cueillent alors, après une sorte de bain rituel, les immortelles qui croissent sur les dunes, et qui arrangées en croix et suspendues au-dessus des portes préservent des maléfices.
En Poitou, l'armoise récoltée avant le lever du soleil a la même vertu.
A Bayonne, la verveine garantit à la fois de la sorcellerie et des voleurs.

En Roussillon, la verveine et le millepertuis, cueillis humectés de rosée, sont des remèdes souverains contre les maladies de peau : un lépreux est sûr de guérir s'il va se rouler le matin, dans un champ où poussent les plantes miraculeuses.

Quelques croyances bordelaises sont en relation avec le milieu même du jour Saint-Jean : On se procure un porte-bonheur efficace en ramassant, à midi, une cosse de pois renfermant neuf ou dix grains, que l'on ouvre, et où l'on prend, pour les conserver précieusement, quatre grains.
Un pied de verveine sauvage, que l'on a cueilli soi-même, et planté dans un pot, constitue pour l'appartement porte-bonheur ; si on désire ardemment se réconcilier, avec une personne avec laquelle on est fâché, il faut s'agenouiller devant cette plante, lui adresser une fervente prière et ce voeu sera exaucé. Mais il est nécessaire que ce pied ait été cueilli à midi sonnant, qu'on ait récité cinq Pater et cinq Avé en le déracinant, qu'il ait été transplanté immédiatement.

En Wallonie, le trèfle à quatre feuilles, trouvé à la Saint-Jean par une jeune fille lui assure un époux dans l'année.

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Dessin de
Diane Ozdamar

La cueillette (2ème partie)

Au XVIIe siècle, l'herbe de saint Jean devait être ramassée à jeun et sans parler ; la racine de chicorée que des gens portaient contre les maléfices avait été touchée par eux, à genoux avec de l'argent, un peu avant le soleil levé, et ils l'avaient ensuite arrachée de terre avec un ferrement et beaucoup de cérémonies.

Les paysans des environs de Jumièges qui allaient prendre deux poignées de seigle, non dans leur champ, mais dans celui de quelque voisin, étaient pieds nus, et il fallait que personne ne les voie ; lorsqu'un animal venait à être malade, ils lui passaient autour du corps le lien formé par ces deux poignées et récitaient ensuite l'Evangile de saint Jean : à l'instant où ils prononçaient In principio, la bête devait bondir, et donner par là le signe de la guérison.

Au XIVe siècle, c'était aussi à ce moment qu'on se procurait les plantes bonnes pour le troupeau : le berger doit cueillir, la veille de la nativité sainct Jehan Baptiste, une herbe, laquelle est appelée tume, aultrement juscarime ou heuvebonne ; icelle herbe est de telle nature que elle est mise et reposée secrettement aux estables, affin qu'on ne la voye et en révérence et honneur de monseigneur saint Jehan Baptiste, et ne doit pas chacun veoir ne savoir le secret et les grans biens que sont en l'estat de bergerie.

Cent ans plus tard, les commères attribuaient à des plantes récoltées au solstice d'été diverses propriétés qui n'ont pas été relevées de nos jours : Se vous avez mari rebelle et qui ne vous vueille baillier argent à vostre besoing, prenez le premier neu d'un festu de fromment, cueilli auprès de terre la nuit de saint Jehan, tandis qu'on sonne nonne et icellui boulez ou trou du coffre au lieu de la clef, et sans faute, elle s'ouvrira... Pour estre de son mary fort amée, il faut lui faire mengier une poirée d'herbes cueillies la nuit sainct Jehan à nonne, et pour vray, il ne lui seroit possible, de la laissier pour une aultre plus jone... Pour estre quitte de quauquemare, on me fist prendre viij feslus cueillis le nuict de sainct Jehan et d'iceulx en faire iiij petites croix et les mettre aux quatre corons de mon lit.

La cueillette (1ere partie)

La période pendant laquelle les herbes de la Saint-Jean peuvent être cueillies est exactement de vingt quatre heures ; elle commence à l'Angelus de midi du 23 juin, pour se terminer le lendemain à la même heure.

Au XVIIe siècle, la fougère ramassée la veille de ce jour faisait gagner à tous les jeux.

Dans les Vosges et dans les Ardennes, c'est aussi le seul moment où les sorciers peuvent découvrir et cueillir les herbes propres aux maléfices. Ce sont là des exceptions ; presque toujours la récolte est faite pendant les ténèbres et les plantes les plus puissantes doivent être ramassées à l'heure même de minuit.

Le berger d'une églogue de la renaissance où l'on trouve plusieurs traits populaires place au premier rang de ses richesses
En un sachet la graine de fougère
Qu'en plein minuict nous cueillismes entan
Denise et moi, la veille de saint Jean

En Basse-Normandie, la fougère fleurit à minuit sonnant, elle graine et se sème dans l'heure qui suit ; celui qui a recueilli sa semence avant qu'elle ait touché terre, peut se transporter d'un lieu à l'autre, aussi vite que le vent, se rendre invisible, connaître le présent et l'avenir.

En Touraine, c'est à cet instant précis que la fougère a de la graine et le trèfle cinq feuilles ; on va en chercher avec des serviettes et des cierges bénits ; mais il faut opérer quand l'heure sonne, sous peine d'être écrasé par les chênes ou galopé par les démons.

En Haute-Bretagne, c'est aussi à ce moment que l'on doit ramasser la graine de fougère qui, répandue le dimanche des Rameaux à l'endroit où l'on suppose qu'un trésor est caché, le fait découvrir.
Des observances accompagnent la récolte des herbes faite à d'autres moments de cette nuit.

Un écrivain du XVIe siècle parle, malheureusement sans les décrire par le menu, de celles qui étaient spéciales à la graine de fougère : La populace croit et affirme que cette semence ne se peut amasser que la nuict de la veille saint Jean d'esté, encores avec grandes ceremonies et paroles obmurmurées entre les dents, qui ayent vertu de chasser les diables qui ont la garde de ladite semence.

En Franche-Comté, la fougère mâle qui avait la propriété de prémunir de la sorcellerie, (elle était efficace aussi pour les maladies du bétail) était cueillie, avant le lever du soleil, par une personne à jeun et en état de grâce.

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Image :
P.D.White

Le solstice d'été – la Fête du Mid-summer (21 juin)

Le solstice d'été marque la journée la plus longue de l'année. Dès le lendemain, les jours commencent à raccourcir. C'est l'apothéose du cycle solaire, une fête de réjouissances ; c'est le moment de placer une couronne de feuilles de chêne sur la tête du consort de la déesse, représenté lors du rituel par le grand prêtre.
C'est aussi l'occasion pour les druides modernes de célébrer des rites millénaires sur le site de Stonehedge, en Angleterre, puisque ce festival était traditionnellement le plus important des rites célébrés par les druides, descendants des adorateurs du Soleil.

Rituel
Cette date est aussi la journée traditionnelle pour la récolte des herbes magiques qui seront utilisées pour les potions, les philtres et les charmes. Il est d'ailleurs reconnu, depuis des temps immémoriaux, que les propriétés des plantes sont à leur zénith à ce moment de l'année.
Ainsi, les sorcières d'antan, les sages-femmes, les herboristes, les druides et les magiciens cueillaient leurs herbes en cette journée et même, très souvent, selon un horaire très précis. Certaines plantes devaient être cueillies au lever du soleil, d'autres plus tard dans la matinée, certaines lorsque le soleil atteignait son point le plus haut dans le ciel, puis d'autres encore plus tard dans l'après-midi. Toutes les personnes qui pratiquaient les arts magiques, ésotériques ou mystiques se servaient d'une petite serpe de cuivre pour couper les plantes. Il ne s'agissait pas d'une cueillette rapide, car elles devaient d'abord méditer et prier devant chaque bosquet, puis couper une certaine portion de la plante, tout en prenant bien garde d'en laisser suffisamment pour assurer la survie et la propagation de l'espèce et, enfin, remercier la plante et les "élémentaux" qui en prenaient soin.
Comme les propriétés magiques des plantes coupées à cette date sont vraiment prodigieuses, il suffisait d'en cueillir l'équivalent de quelques pincées ; la culture à grande échelle n'existait pas à l'époque et ces herbes étaient réservées pour des charmes et des potions spéciales.

C'est aussi lors de ce festival qu'il est approprié de couper les branches d'arbres qui serviront à façonner les baguettes magiques et les baguettes de sourcier.
Tôt le matin, juste après le lever du soleil, les personnes intéressées se promenaient dans les bois afin de trouver la branche d'arbre qui correspondait à leurs besoins. Il était de très bon augure de découvrir une branche fraîchement tombée provenant d'un arbre approprié, car cela voulait dire que la déesse regardait d'un bon œil ce praticien de magie et, dans le cas d'un sourcier, cela laissait même présager des découvertes intéressantes à court terme.
C'était aussi une journée de travail intense, car il était reconnu que tous les charmes, toutes les potions, tous les sortilèges préparés au cours de ce festival possédaient une force et des pouvoirs accrus.


Par ailleurs, beaucoup de superstitions entourent cette journée.
En voici quelques-unes.
- ce dont on rêve en cette nuit se réalisera dans l'année en cours.
- Il est malchanceux d'entendre un coucou dès le réveil.
- Cueillir des fleurs au lever du soleil apporte l'amour dans l'année.
- Voir un papillon blanc butiner sur des fleurs, à son réveil, annonce la prospérité pour l'année.

Les déités à célébrer ou à invoquer
Aphrodite : déesse de l'amour
Astarté : déesse de l'amour et du plaisir.
Freya : déesse corse de l'amour et des batailles
Vénus : déesse de l'amour et de la beauté
Toutes les déesses qui symbolisent l'amour et le plaisir

Comment décorer son autel
Tous les symboles de l'amour, les potions et les philtres, les herbes et les huiles pour les fabriquer décoreront votre autel. Les fleurs appropriées sont toutes les fleurs de saison.

Symboles et correspondances
Encens : rose, jasmin
Arbre : chêne
Fleurs : rose, digitale
Couleur : vert
Chandelles : vertes
Pierres : jade, aventurine, agate mousse
Planète : Mercure
Carte du tarot : Chariot, arcane majeur 7
Influence : communication, intuition

Aliments traditionnels
C'est une fête joyeuse qui souligne l'abondance de la nature ; c'est un festival du feu dédié au Soleil, qui est alors à son apogée.
Les fruits sont sacrés lors de ce festival, car on commence à récolter les premiers de la saison. Tous les produits de la terre sont accueillis avec joie et bonheur, car ils symbolisent la matérialisation des promesses du printemps.
Le vin et l'hydromel tiennent une place importante dans ce festival, puisqu'ils rendent hommage à Dionysos.

Les plats à servir
Barbecue et grillades, mets flambés, salade de légumes frais, salade de pommes de terre, salade de pâtes ou de riz, salade de fruits frais, tarte aux fraises ou aux framboises, pain aux raisins, gâteau à la crème et aux fruits, pain blanc.


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image : Midsummer Eve par Hughes Edward Robert

Solstice d'été - Coutumes

L’Eglise a tenté d’en obtenir le privilège exclusif et dans bon nombre de paroisses, le curé bénissait le feu avant qu’il ne soit allumé (Lussac les Chateaux), réunissait l’assistance dans l’église pour y réciter le chapelet (Cissé) ou le faisait réciter en en faisant le tour (Lussac).
Quand il n’y avait pas de curé, le plus âgé ou le plus jeune versait des gouttes d’eau bénites sur les flammes (Availles en Chatellerault) et c’était le plus ancien qui l’allumait.

Le Feu de la saint Jean porte plusieurs noms : c’est "la Jouannée" ou "Johannée" dans le pays chatelleraudais ou le loudunais. "La Jaunée" le long de la Vienne, de Mauprevoir à la Chapelle Moulière. Mais aussi "la Baudouelle", "la Chalibaude" tous les deux formés sur l’ancien adjectif "bald" (gai, joyeux). Faut-il y voir une allusion à Balder, dieu solaire, de la jeunesse et de la beauté, le dieu du Nord qui prendra la place d’Odin après le Ragnarok ?

Dans certains villages, on ficelait un chat vivant tout à la cime du feu, mais comme la source date de 1573, soit en pleine période d’Inquisition, on peut se demander si l’on n’est pas en présence, là, d’une perversion des feux ; le chat étant considéré comme l’animal familier de la sorcière, qu’on lui assimile et qu’il fallait détruire comme elle… on pense aussi aux chats de Freyja, déesse nordique de la terre et de la fertilité …

Mais le plus souvent, ce sont quand même des bouquets de roses, de bleuets, de marguerites et de coquelicots, ou bien des herbes de la saint Jean qui sont accrochés. A Availles en Chatellerault, on fleurissait la cime d’un arbre coupé et nettoyé qui servirait de support au bûcher, d’un "bouquet de plantes efficaces contre les sortilèges" ramassées le matin même . Plus le mât est haut, mieux c’est, il faut qu’il puisse être vu de loin et qu’on puisse même l’identifier (celui de tel village, de telle ferme…)

Au début du siècle dernier ne subsistaient plus à Poitiers que les feux de la Madeleine et des faubourgs mais il y en avaient encore 35 à Availles et 7 à Yversay, soit un par quéreux (quartier) : simples petits feux de carrefours autour des quels se réunissaient les voisins, en hommage peut être inconscient à Hécate, ou aux déesses des carrefours gallo-romaines qui ont probablement succédé à leurs homologues gauloises. On fait le tour de ces feux, parfois 9 fois (Availles) et dans le sens solaire .. faut il y voir là encore une allusion aux 9 mondes nordiques correspondant aux différents aspects de notre conscience … mais aussi 9 = multiple de 3, chiffre sacré chez les Celtes et qui correspond aussi (entre autres) au nombre de mondes chamaniques … On en fait le tour en dansant la ronde et en chantant, à tel point qu’on en a la tête qui tourne (rapport avec la transe ?)

Diverses coutumes liées aux plantes.
Ici, c’est avec une fleur de lys à la main qu’on tourne autour du feu (Yversay) : les pétales ensuite mises à macérer dans l’alcool cicatriseront les plaies.
Dans le neuvillois ce sont des branches de noyer coupées le matin et portant au moins une noix verte qu’on passe dans le feu : on mord la noix 9 fois (chiffre décidément magique) en prévention contre les maux de dents, et les branches, déposées dans l’étable, préserveront le troupeau des épidémies.
A Saint Pardoux dans les Deux Sèvres, les mêmes branches de noyer grillées sous la cendre servent à asperger d’eau bénite les champs menacés par les orages. Ce sont des bouquets de bouillon blanc et de feuilles de noyer passés dans les flammes dont on frottera le dos des animaux et qu’on suspendra au dessus de la porte des écuries. C’est la veille (ou le matin) de la saint Jean que sont cueillies les feuilles qui serviront à faire le vin de noyer, tandis qu’on les colle en croix au dessus des portes des maisons dans le Niortrais (Mougon) pour se préserver des peines et des maladies. En général, c’est à cette période qu’on ramasse (à reculons) les herbes de la saint Jean et les gros bouquets roussis protègent la maison toute l’année comme les tisons noircis du feu placés sous les lits de la maison protégeaient cette dernière de la foudre.

Diverses coutumes liées aux pierres.
Les nouveaux mariés ne font pas que sauter au dessus des flammes, comme les couples stériles ils jetaient des pierres dans le feu pour avoir des enfants dans l’année. Ces pierres devaient être de la grosseur des raves que l’on voulait récolter (région des brandes) ou aussi grosses et lourdes que possible pour promettre une récolte de grosses citrouilles.
Et à Vouneuil sur Vienne, les participants marquaient leur place pour l’année suivante en disposant des pierres autour du feu (donc "en cercle" !!!) sur lesquelles venaient à minuit s’assoir les fées .
Suivant une coutume qu’on retrouve ailleurs en France, les moutons sont tondus la veille de la saint Jean et baignés au confluent de deux cours d’eau pour épaissir leur laine (Montmorillonnais et Chatelleraudais).
Les métiviers (moissonneurs) se chauffaient le dos au feu, les reins entourés d’une liane de chèvrefeuille, de ceintures de paille tressée, de chanvre ou d’herbes de la saint Jean.

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