lundi 26 mai 2008

Alberich, le nain orfèvre

Il était une fois un peuple qui vivait sous la terre, un peuple d'hommes petits, robustes, velus et travailleurs acharnés au plus profond des entrailles de la terre, là où, chaque jour, retentissait le fracas des forges et des mines. Ce peuple de nains ne sortait que fort peu des cavernes obscures, car tant la compagnie des hommes que celle des dieux ne leur étaient guère plaisantes. Pourtant, il arrivait que les nains traient des affaires avec le mode du dessus, ou même qu'ils en profitent malhonnêtement.

C'est ainsi que leur roi, Alberich, déroba d'immenses quantités d'or aux filles du Rhin, ces nymphes qui vivent près du fleuve, s'installent sur les berges et y peignent leurs cheveux. Était-ce l'or de leurs longs cheveux ? Ou le somptueux reflet du soleil couchant sur le fleuve qu'elles avaient réussi à transformer en métal ? Nul ne le sait. Alberich, fourbe, voleur et astucieux, entraîna l'or dans ses grottes et put à loisir le fondre, le travailler set se repaître de sa vue. Les plus belles pièces qu'il avait forgées avec l'or volé aux filles du Rhin étaient un heaume permettant toutes les métamorphoses et, surtout un anneau ouvragé, magique, qu'il avait conçu lui-même et qui faisait sa fierté.


Or, il arriva que le dieu Loki tua une loutre qui n'était autre que le fils métamorphosé du fermier Hreidmar. Pour prix du sang, le dieu s'était engagé auprès du père et des frères de la victime à remplir d'or l'intérieur de la peau de la loutre devenue immense, puis, une fois celle-ci cousue, d'en recouvrir également l'extérieur. Mais où trouver une telle quantité d'or ? Loki pensa aussitôt au roi des nains et à son immense fortune. Il lui fallut descendre les précipices du cœur de la terre, puis trouver sa voie dans le labyrinthe des galeries noires comme le charbon, ruisselantes d'humidité, culs-de-sac, fausses pistes, méandres ou boucles sans fin.


Finalement, Loki arriva à une rivière souterraine. Il y jeta le filet magique qu'il avait emprunté à la déesse Ran, épouse du seigneur des mers, car il savait faire bonne pêche. Il prit un gros brochet en un tournemain. Mais le poisson, aussitôt sorti de l'eau, se secoua tout marmonnant et rouspétant et prit forme humaine, car c'était bien Alberich, qui grogna aussitôt d'un air maussade :

- Pourquoi viens-tu me déranger dans mon royaume ?

- J'ai besoin de ton or, fit Loki qui le tenait fermement au collet.

- Certainement pas. Cette fortune m'appartient, fit le nain de son ton irascible et grinçant, tout en gigotant sous la poigne de Loki.

- Elle t'appartient ? Ah, vraiment ? Il me semble qu'elle était plutôt aux filles du Rhin.

Pour ce qu'elles en faisaient… soupira Alberich. Moi, au contraire…

Lui, il avait travaillé cet or, il l'avait façonné, sculpté en volutes, en bijoux, en pièces.

- Cet or est à moi. À moi qui en ai fait ce qu'il est désormais : un monceau de joyaux.

- Pas pour longtemps, dit Loki, tirant son épée pour en menacer le nain et commençant à l'appuyer sur le torse de son adversaire.

- Tu es au bout de mon épée et je peux te tuer. Le prix de ton rachat, c'est l'or de ton royaume, l'or volé aux filles du Rhin. Tout l'or ! Je l'aurai que tu le veuilles ou non.

Aberich brailla, furieux :

- Arrête, tu m'as pris dans ton piège. Comme je n'ai guère le choix, j'accepte de payer la rançon.

Il conduisit Loki à la grotte la plus profonde de son domaine souterrain. Le tas d'or qui l'occupait en lançant des éclairs rutilants était le plus immense dont on puisse rêver. Aussi les yeux de Loki s'allumèrent de cupidité. Fort de ses pouvoirs magiques, il entreprit de déménager l'or vers l'extérieur.


Alberich, lui, n'avait qu'une idée en tête : s'enfuir en tentant de masquer sa main hors de vue de Loki.

- Qu'est-ce que tu caches encore là ? Menaça le dieu en le soulevant de nouveau par le col. J'avais dit : tout !

Il vit l'anneau qui brillait à la main du roi des nains.

- Tiens donc ! Quel bel anneau ! Je le veux aussi.

- Pas question, s'écria Alberich, tremblant de rage

- Mais si ! fit le dieu, en tentant de le lui arracher du doigt.

- Jamais je ne te le remettrai, car c'est l'objet qui m'est le plus cher au monde.

A dire vrai, l'anneau ne lui était cher que parce que la puissance magique dont il l'avait doté lui permettrait de reconstituer toutes ses richesses, même après le vol de Loki.

- Je le veux, hurla le dieu. Il fait partie de ta rançon.

- Je ferai en sorte que tu t'en repentisses !

Loki avait presque réussi à l'arracher. Alberich, au comble de la fureur, eut le temps de prononcer une formule qu'il compléta par ces mots :

- Dès ce moment, je maudis cet anneau et tous ceux qui le porteront… Qui le portera devra renoncer à tout bonheur et connaîtra la mort ! Qui se l'appropriera verra sa lignée s'achever dans le malheur ! Qui l'aura en sa possession vivra dans l'angoisse perpétuelle, les tourments et la mort !


Loki qui, de toute façon, destinait le trésor à Hreidmar, se moqua bien d'une telle malédiction. Laissant Alberich à sa rage, il quitta les profondeurs du monde souterrain. La vengeance du nain se réalisa pourtant point par point : tous ceux qui eurent l'anneau du nain forgé avec l'or des filles du Rhin, tous ceux-là connurent de grands tourments et moururent de sinistre façon. Ainsi, même s'il avait perdu son or et sa puissance, Alberich tenait sa revanche sur ceux qui l'avaient volé.

Ne voyez-vous pas ?



Ah, ne voyez-vous pas cette route étroite
Envahie d'épais buissons d'épines et de bruyères ?
C'est le sentier de la Vertu
Bien que peu de gens le recherchent.


Et ne voyez-vous pas cette large,large route
Qui s'étend au travers de la clairière aux lis ?
C'est le chemin de l' Iniquité
Bien que certains l'appellent la Route du Ciel.

Et ne voyez-vous pas cette jolie route
Qui serpente parmi les fougères de cette colline ?
C'est la route du beau pays des Elfes,
Où toi et moi cette nuit nous égaierons.


J.R.R. TOLKIEN, Du Conte de fées, in Faërie

***
Image : Meredith Dillman


Légende féerique

Il était une fois une fée espiègle qui, voulant s'amuser aux dépens des hommes, s'ingénia à créer l'ivraie et l'introduisit dans les champs de blé. Ses aînées furieuses, lui enlevèrent ses pouvoirs à l'exception d'un seul dont elle devait se servir pour apporter à l'homme un bienfait.

La petite fée passa des jours à réfléchir. Un beau matin, assise au pied d'un arbre, elle observa un oiseau qui sautillait de branche en branche et s'émerveilla de son agilité. Puis, elle croisa une rose et fut fascinée par sa grande beauté. Et du coup, l'idée lui vint ! Cueillant la rose et la tenant d'une main, elle souhaita qu'une créature aussi agile que l'oiseau et aussi belle et gracieuse que la rose fut donnée à l'homme ... et un chat apparût !

N'est-ce pas que "tout" comme les roses, le chat ne griffe que ceux qui ne savent le prendre ??!!

Les différentes espèces d'Elfes

Bien que les Elfes soient susceptibles d'adopter l'aspect qu'ils désirent, ils se matérialisent sous des caractéristiques physiques liés aux lieux qu'ils fréquentent : bois, étendues d'eaux, collines, montagnes…

L'elfe des bois ou wundu-elf

Quand un humain parle d'un Elfe, il pense généralement à un Elfe des bois. Ceux-ci sont en effet les représentants les plus connus, vu qu'ils formaient naguère l'immense majorité de cette espèce. Légers, fluides, auréolés d'un halo vert, possédant des ailes diaphanes, la lumière les excite et l'obscurité les calme. Ils aiment les sons doux, les parfums, la couleur et jouent avec les reflets de la lumière. Ils vivent depuis l'origine des temps autour du feuillage des arbres, et ont une préférence marquée pour les tilleuls, les frênes, les aulnes et les chênes. Les Elfes des bois jouent un rôle fondamental dans la santé et la croissance des plantes. D'après Claude Livraga, ils sont très attachés aux hommes surtout aux enfants et aux personnes possédant l'innocence et la sensibilité artistique.


L'Elfe des eaux ou woeter-elf

On l'appelle aussi ondin ou ondine. Quoi qu'il en soit, il s'agit plutôt d'un être à l'apparence féminine. Il se présente en général sous la forme d'une belle jeune fille aux longs cheveux verts couronnés de plantes aquatiques, au corps long et souple, aux yeux de galets colorés et aux lèvres bleutées. Mais on le voit parfois aussi les nuits d'été rasant la surface de l'eau, sous la forme d'une petite fille aux cheveux d'or coiffée d'un chapeau rouge. Ou bien encore courant sur le rivage, de l'eau sortant de ses longs cheveux ; quelquefois assis sur des rochers.


Les Elfes des eaux habitent, dit-on, dans de merveilleux palais de cristal d'or et de corail édifiés sous les eaux. Comme l'écrit Paracelse, grand occultiste des siècles passés, "de même que nous nous étonnons qu'elles puissent vivre dans l'eau, elles s'étonnent que l'on puisse vivre dans l'air"


Les ondines sont dangereuses quand elles tombent amoureuses d'un humain car elles font chavirer le bateau pour emporter leur proie sous l'eau. Quand celui-ci en ressort (s'il en ressort), il est devenu un vieillard.



L'Elfe des montagnes ou munt-elf

L'Elfe des montagnes a élu domicile au sommet des cimes. D'aspect bleuté, légèrement luminescent, vêtu parfois d'un manteau de neige et de voiles de givre, il tapisse de pierres et de métaux précieux les fentes des montagnes où il habite.


L'Elfe des montagnes fuit toute présence humaine. Sa nourriture est composée exclusivement de champignons vénéneux et de "beurre des fées" dont l'ingrédient de base est le suc exsudé par les racines des vieux arbres

L'Elfe des haies

Voletant autour des haies, cette espèce d'Elfe très peu connue est pourvue d'ailes dont la forme et la texture évoluent, dit-on, suivant leur degré de noblesse. Les Elfes des haies copieraient la mode et les coutumes de la cour élisabéthaine


L'Elfe des sables

Appelé aussi Hyper Sprites, son corps semble saupoudré d'or et est plus léger que le vent. Il hante les bords de mer, occupé uniquement à voleter au-dessus des lagunes, des roseaux et des plages silencieuses.


L'Elfe des bois mutant

L'elfe des bois mutant présente une disgrâce physique liée à une déviation de son mental vers la malveillance. Les arbres qu'il fréquente ne sont pas les mêmes que ceux appréciés par l'Elfe des bois gracieux. Les animaux savent de manière instinctive qu'il vaut mieux ne pas trop s'approcher des buissons d'aubépines, des noisetiers et des pruniers épineux, si l'on veut éviter d'être agacé ou même griffée par certains petits doigtes crochus.

Hormis le fait que la présence des Elfes des bois mutants se décèle par une odeur de moisi, ces entités présentent les caractéristiques suivantes :

- mains et pieds disproportionnés par rapport au reste de leur corps

- Jambes maigres, grandes oreilles et nez pointu

- Grandes bouches édentées et dépourvues de langue

- Peau de la même couleur que l'écorce des arbres

- Aspect luisant


Ils ont surtout de fréquentes malformations physiques

- Pieds palmés ou retournés en arrière

- Queue de vache
- Sabots fourchus

- Strabisme oculaire

- Nez dépourvu de narines


L'Elfe gris

Il s'agit de la plus rare des variétés d'Elfes. L'Elfe gris est un Elfe malfaisant. Revêtu de vêtements uniformément gris, il se présente sous l'aspect d'un vieillard aux cheveux noirs et vit en solitaire dans les creux des rochers de certaines îles. Si un être quelconque le dérange – y compris un autre Elfe – il le tue.


L'elfe des marais
On sait peu de choses sur cette race d'Elfe, extrêmement peu représentée. Il s'agirait d'Elfes des bois qui auraient subi également une mutation, mais différente. Les Elfes des marais seraient asexués, avec des créatures masculines à l'aspect âgé et des femmes jeunes et belles, mais dont le "corps" serait vide derrière cette façade.


Grandes musiciennes, ces dernières s'attaqueraient principalement aux jeunes gens qu'elles attireraient par une musique qu'elles tireraient d'un instrument inconnu de la race humaine, ressemblant un peu à une harpe d'or. Les Elfes des marais se baignent dans les eaux dormantes et si un humain s'approche d'eux (même sans le savoir), ils projettent sur lui un souffle étourdissant qui le conduit à la noyade. Mais selon d'autres occultistes, il suffirait de se présenter à ces Elfes avec un agneau noir en leur promettant qu'ils seront sauvés, comme les humaines, le jour du Jugement dernier. Alors, au lieu de vous tuer, l'Elfe des marais vous insufflerait son talent de musicien.



L'elfe à métamorphose

Certains Elfes se métamorphosent plusieurs fois au cours de leur vie. A chaque modification, leur taille diminue jusqu'à ne pas dépasser celle d'une fourmi. Il est donc préférable de ne jamais écraser de fourmi, pour éviter de tuer un Elfe.


L'elfe du peuple de Huldre

Les femmes de ce peuple d'Elfes sont merveilleusement belles, mais seulement de face. Si on les voit de dos, de deux choses l'une : soit elles ont une queue de vache, soit elles n'ont aucune partie arrière, parce qu'en réalité leur corps se réduit à une façade, comme un décor de théâtre.


L'elfe- branche

Les Elfes-branche se distinguent par leur pâleur cadavérique. Revêtus de feuilles sèches, leurs longs bras décharnés ressemblent à des branches mortes. On les aperçoit ici et là dans les forêts des quatre coins du monde. Si leur main effleure un promeneur, celui-ci devient fou à jamais. Si elle touche sa poitrine, l'infortuné meurt sur-le-champ et la marque de cette main reste imprimée sur sa peau. Des humains ont cru avoir terrassé des Elfes-branche en jetant sur eux une poignée de sel, mais rien n'est moins sûr.


Les Elfes-humains

Les Elfes humains forment une catégorie totalement à part, parce qu'ils vivent dans ce que l'on a coutume d'appeler les "royaumes imaginaires". Ces Elfes sont de chair et d'os semblables à des êtres humains, à ceci près qu'ils sont d'une beauté parfaite et… immortels. Personne ne sait comment se rendre dans ces territoires "imaginaires" que les Elfes partagent avec les Fées. On les situe dans les îles féeriques, nommées Îles Enchantées, Îles Bienheureuses, Îles Fortunées, qui demeurent invisibles aux humains. La plus connue, l'Île d'Avallon se trouverait au milieu de l'Atlantique. Le peuple elfique de Tuatha Dé Danaan est venu de cette île, qui serait peut-être Atlantide. On y trouve des pommes d'immortalité et d'éternelle jeunesse, dont se nourrissent les Fées, les Elfes, et leurs amants mortels. Le plus célèbre d'entre eux est le roi Arthur, que les Fées et les Elfes transportèrent là après le terrible combat de Cubelin. D'autres humains privilégiés s'y sont rendus, amis ils n'ont jamais pu se souvenir de la route. Il existe aussi des îles réelles qui sont les îles féeriques et elfiques. Telle l'île de Man, située en mer d'Irlande, où les Elfes répondent au nom de "Sangres". Le 11 novembre, jour de la saint Jacques, les Sangres déplacent leur demeure vers une autre colline et il vaut mieux ne pas mettre le nez dehors à cette occasion.

Sphinx


Mâle ou femelle ? Pour les Égyptiens, le sphinx qui représente le pharaon ne peut être que masculin. En Grèce, la créature gagne des ailes et change de sexe, devenant une féroce prédatrice.


Pour autant qu'on le sache, le sphinx est une création égyptienne. L'un de ses plus anciennes représentations est le sphinx de Gizeh, érigé non loin des pyramides, il y a environ 4500 ans. Cette sculpture colossale au regard impassible est longue de 74 mètres et haute de 20 mètres.


Être étrange, le sphinx a généralement un corps de lion et une tête humaine, parfois à l'effigie du pharaon. Quelques exemplaires ont des têtes de bélier. Des allées entières de sphinx font office de majestueuses entrées devant de nombreux temples proches du Nil.


Curieusement, alors que des légendes de toutes sortes se rattachent à de nombreux dieux égyptiens formés d'une partie animale et d'une partie humaine, rien de tel ne concerne le sphinx. Ce n'est pas un dieu, ni un héros, ce n'est pas un animal effrayant. C'est un sphinx, voilà tout. D'où peut-être sa réputation de mystère ou de gardien de secrets qu'on ne peut jamais percer.


Plus tard, le sphinx fut adopté par les Grecs, mais sous une forme différente. Celle d'une lionne au torse et à la tête de femme, créature féroce et sans merci rôdant près des remparts de la ville de Thèbes. Nul ne pouvait entrer s'il n'avait répondu à une énigme posée par le sphinx : Quel est l'animal qui marche à quatre pattes le matin, sur deux pattes à midi, et sur trois pattes le soir.

Ceux qui préféraient ne pas répondre pouvaient faire demi-tour, mais ceux qui faisaient erreur étaient aussitôt dévorés par cet être impitoyable. De fait, personne n'avait percé l'énigme. Œdipe, un voyageur qui se rendait à Thèbes (et ignorait qu'il était le fils du roi), sut enfin répondre : "Il s'agit de l'homme, qui marche à quatre pattes quand il est bébé, se dresse et marche debout ensuite. Devenu vieux, il s'aide d'une canne".


Le sphinx, furieux qu'on ait pu répondre à sa question, se jeta du haut des remparts et s'écrasa sur les rochers.


Note : Quelquefois, on désigne les sphinx féminins sous le nom de sphinges.

Soufflé aux Fleurs de Lamier Cristallisées



Dans la besace de la fée :
- 1 bouquet de fleurs de lamier tacheté,
- 50 cl de lait,
- 150 g de sucre,
- 15 g de beurre,
- 40 g de farine,
- 6 oeufs,
- 1 gousse de vanille,
- 50 g de sucre semoule,
- une pincée de sel.


Préparation :
La veille, détachez 40 fleurs de lamier du bouquet.
Cassez les oeufs en versant les jaunes dans un bol et 5 blancs dans un autre.
Trempez les fleurs de lamier dans un blanc légèrement blanchi dans une assiette, puis passez-les dans le sucre cristallisé.
Déposez-les sur une plaque, préchauffez le four à 100°C et glissez la plaque à mi-hauteur pendant 2 heures.
Portez à ébullition 25 cl de lait avec la vanille fendue, puis fouettez 3 jaunes d'oeufs et 50 g de sucre semoule jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
Incorporez la farine, puis le lait bouillant filtré en remuant.
Reversez dans la casserole, faites épaissir 2 min à feu doux en remuant vivement.
Versez dans une jatte, passez à la surface 15 g de beurre et laissez refroidir cette crème pâtissière.
Préparez ensuite une crème anglaise avec 3 jaunes d'oeufs, 50 g de sucre, et 25 cl de lait : faites-la épaissir sans bouillir jusqu'à ce qu'elle nappe la cuillère.
Ajoutez 2 cuillères de feuilles de lamier hachées, laissez refroidir, filtrez.
Beurrez 4 petits moules à soufflé, mettez-les au frais, renouvellez l'opération et poudrez-les de sucre.
Montez 5 blancs d'oeufs en neige avec une pincée de sel pas trop ferme, et incorporez-y le reste du sucre.
Puis mélangez délicatement les blancs et la crême pâtissière.
Versez dans les moules en plusieurs couches en y incorporant des fleurs de lamier.
Faites cuire 8 min à four 180°C en surveillant attentiivement.

Astuce :
Servez avec la crème anglaise et saupoudrez le tout de fleurs de lamier !


Ce que les humains doivent aux Elfes

Les Elfes modifient la vie des hommes, sans que ceux-ci s'en rendent compte, dans la mesure où ils interviennent sur les phénomènes climatiques, la flore et la faune et même les sentiments et les pensées, à un niveau individuel ou collectif.

Les hommes doivent nombre de leurs découvertes aux Elfes. Le terme "inspiration" que nous employons pour évoquer une idée qui nous vient d'on ne sait où, pourrait bien avoir un sens propre.
Quelles est cette "inspiration" qu'inspire-t-on, si ce n'est ce souffle chargé de visions qu'exhalent certains êtres invisibles ?
Ce sont en effet les Elémentaux de l'air qui ont soufflé aux êtres humains les emplacements des veines de métaux, des sources d'eau minérale et thermales

Eux qui le sont instruits sur le pouvoir curatif des plantes.

Eux qui ont fait connaître les pierres utilisables pour bâtir leurs demeures.

Eux qui leur ont appris à prédire l'avenir à l'aide de différents moyens divinatoires.

Eux qui leur ont suggéré de brûler l'encens pour attirer les bons esprits.

Eux qui leur ont transmis la science de la navigation, du jardinage et celle des semailles.

Ce sont même eux qui, aux premiers temps de l'humanité leur ont enseigné l'art d'avoir des enfants et de les mettre au monde.


Tous ces précieux apports des Elfes aux êtres humains ont eu lieu à une époque où les hommes leur faisaient des offrandes dans des temples édifiés en leur honneur ; c'est-à-dire avant que le christianisme ne mette tout en œuvre pour éradiquer ces "esprits de la nature" qui lui faisaient concurrence. Car en retour, les activités humaines ne sont pas sans effet sur les Elfes. Avec leurs activités polluantes, leurs angoisses et leurs craintes, les hommes affectent profondément l'existence de ces entités.


De nos jours, les Elfes ont beaucoup perdu de leur influence y compris dans le domaine de la nature. Ils ont toujours un pouvoir sur la photosynthèse ainsi que sur la pluie et l'ensoleillement puisqu'ils animent l'air, mais leur action est grandement contrecarrée non seulement par la pollution mais aussi par l'enlaidissement des paysages. De même, le fracas des machines les terrorise. Les Elfes ont autant besoin de paix et de beauté pour vivre que les humains sont dans la nécessité de boire et de manger.


En langage surnaturel, le soleil est appelé "éclat des elfes"



***
Image :
Anna Ignatieva

Bouteille de protection



Matériel nécessaire
- 3 gousses d'ail
- 3 feuilles de laurier
- 3 pincées de basilic
- 3 pincées de fenouil séché
- 3 pincées de sauge
- 3 pincées d'anis
- 3 pincées de poivre noir ou blanc
- 45 ml de sel (3 cuillères à soupe)

Déroulement
A chaque ingrédient que vous placerez dans la bouteille, prononcez les paroles suivantes :
"Sel qui protège, garde ma maison et tout ce qui s'y trouve".
Une fois terminé, brassez vigoureusement le contenu de la bouteille et dites :
"
Par le pouvoir de ces substances,je conjure les énergies protectricesde tout ce qui est bon afin de garder ma maison en toute sécurité. Ainsi soit fait ! "
Cachez soigneusement la bouteille afin qu'elle ne soit pas dérangée.


Bouton d'or

Dans les ruines d’un ancien château, vivait depuis peu un très vieux dragon.
Il avait été autrefois un combattant téméraire et respecté. L’âge venant, ses exploits se raréfiaient et il se sentait devenir une charge pour ses congénères encore jeunes.
C’est lui-même qui décida un jour de se séparer de sa communauté et d’attendre la mort dans un lieu retiré. Cependant, la mort en question ne paraissait pas pressée de venir le chercher, aussi commença t-il à s’ennuyer fortement. D’un seul coup il se sentit du vague à l’âme et regretta amèrement d’avoir voulu jouer à l’ermite.
Les jours n’en finissaient pas de s’ajouter les uns aux autres et notre dragon commença à trouver qu’il n’était pas facile de vivre sans la compagnie des autres.
Il chercha bien à entamer la conversation avec quelques marmottes ou lièvres de passage mais ceux-ci étaient toujours pressés. Pour ne pas trop s’ankyloser, il effectuait des vols courts autour des ruines du château.

Un matin, alors qu’il émergeait de ses brumes nocturnes, son œil se posa sur une minuscule personne assise sur une pierre non loin de lui. Elle se tenait la tête dans les mains en proie semblait-il à une grande tristesse. L’énorme dragon tout attendri se pencha sur la frêle jeune fille et s’adressa à elle avec une infinie douceur. Sa corpulence n’aurait jamais pu laisser soupçonner tant de douceur et de délicatesse.

La toute petite personne le regarda sans la moindre crainte et finit par lui sourire. Ce sourire fut pour le vieux dragon esseulé, un merveilleux rayon de soleil. Chacun se présenta et Claudius, le dragon, apprit de la bouche de la jeune fille qu’elle était une fée sortant tout juste de l’école des fées. Sa taille minuscule et objet de sa détresse, était due à la jalousie tenace d’une consoeur qui se croyant la plus belle et la puissante de toutes les élèves, avait réduit la taille de la jolie Bouton d’or afin de lui ôter toute chance de la surpasser.
Hélas, il ne fut pas possible à Bouton d’or de se mêler aux autres fées car la plupart du temps on ne la voyait même pas. Sa hauteur ne dépassait pas les dix centimètres. Une si petite taille ne fait pas très sérieux lorsqu’on veut se faire respecter. Claudius, le dragon sentit monter en lui un sentiment paternel et il se promit de tout faire pour rendre à sa fée le respect et l’amour d’elle-même. Bouton d’or, après avoir pris connaissance de l’histoire de Claudius, se promit elle aussi de lui redonner le goût de vivre.

Pendant plusieurs jours ils bavardèrent à bâtons rompus, jusqu’à n’avoir plus de secrets l’un pour l’autre. Bouton d’or ayant appris qu’il existait loin d’ici une école de dragons, suggéra à Claudius d’en devenir un des professeurs. Sa grande expérience et ses nombreuses victoires seraient riches d’enseignement pour toute cette jeunesse. Claudius trouva l’idée intéressante mais avança qu’il n’était pas certain d’être en mesure de parcourir un aussi long chemin.
- As-tu des choses très importantes à faire, lui demanda Bouton d’or.
- Non, rien du tout, répondit étonné le dragon.
- Alors, tu as tout ton temps, rien ne presse, et si tu mets longtemps à faire ce chemin ça n’aura aucune importance.
- mais c’est vrai, tu as raison.
- Alors, nous partons demain à la première heure avant la grosse chaleur !

Bouton d’or se cala bien confortablement sur le vaste dos de son ami, et tous deux partirent pour un long voyage. Quel plaisir pour la jeune fée de découvrir tant et tant de paysages merveilleux. De temps à autre, ils étaient accompagnés par des canards ou des oies sauvages, bien contents de faire un bout de route en compagnie de personnages aussi prestigieux.
Enfin, un jour, ils arrivèrent en vue de l’école de dragons. Leur arrivée fut passablement remarquée. L’accueil chaleureux leur apporta un grand réconfort après un aussi long périple. Les professeurs et le directeur se dirent très honorés de recevoir dans leurs murs un aussi prestigieux personnage que Claudius, ses exploits étaient connus de tous. Le vieux dragon n’eut même pas à proposer ses services car on le pria avec beaucoup d’insistance de bien vouloir faire partager sa longue expérience à tous les jeunots de l’école. Il fit quand même semblant d’hésiter et demanda à réfléchir. Son acceptation déclencha un tonnerre de hourras.

Bouton d’or était aux anges. On la pria aussi de demeurer dans les murs de l’école, les professeurs se réjouissant d’avoir parmi eux une véritable fée.

Après avoir commencé ses cours, Claudius eut une longue conversation avec son amie. Il lui expliqua que la méchante fée qui lui avait jeté ce sort méritait au moins une leçon. En bavardant avec ses élèves, il avait appris que dans la forêt avoisinante ils avaient rencontré un groupe de fées pour le moins inamicales. La description qu’ils lui avaient faite de l’une d’entre elles correspondait point par point à ce que lui avait dit Bouton d’or. On était certainement en présence de Mangalfyonne, l’ennemie numéro un de la petite fée.

Les dragons étaient dotés de pouvoir plus puissants que ceux des fées, aussi était-il facile pour eux de se faire respecter d’elles.
- Il est temps pour toi Bouton d’or de démontrer à Mangalfyonne que toi aussi tu sais jeter des sorts.
- Oui mais je ne veux pas me venger.
- Je ne parle pas de te venger, mais de lui donner une leçon qu’elle n’oubliera pas. Tu sais, elle t’a fait du mal et elle en fait également à des gens qui ne peuvent pas se défendre. Tu dois donc user de tes pouvoirs pour venir en aide à ceux qui ne peuvent rien contre cette méchante fée.
Cette idée tourna dans la tête de la jeune fée et elle mit au point un sort qui donnerait à réfléchir à cette vilaine personne.

Un matin, alors qu’il faisait encore sombre dans la forêt, Bouton d’or bien dissimulée derrière un buisson, appela la méchante fée. Celle ci sortit de son logis et chercha autour d’elle qui pouvait l’appeler ainsi par son nom.
- Bouton d’or, ça te dit quelque chose ? cria la petite fée.
- Bouton d’or, la mini fée ? railla Mangalfyonne.
- Mini fée, peut-être, mais maxi pouvoirs, répondit celle-ci en riant.
- Tu te prends la tête ma pauvre, tu ne t’imagines tout de même pas que tu vas impressionner la plus puissante et la plus belle des fées.
- La plus puissante, la plus belle et aussi la plus GRANDE, hurla Bouton d’or en dirigeant sa baguette magique vers Mangalfyonne.

Alors, la méchante fée se mit à grandir, grandir, grandir, jusqu’à ce que sa tête se perde dans le feuillage des arbres les plus élevés de la forêt. Coincée entre les troncs qui s’étaient rapprochés et dans les branches enchevêtrées, Mangalfyonne eut beau se démener, elle resta prisonnière.
- Ma chère, j’ai l’intention de te laisser dans cette confortable position pendant environ un petit siècle, ça te donnera à réfléchir. Quand le sort sera levé, tu retrouveras ta taille normale, mais comme je te confisque ta baguette magique, tu redeviendras une personne normale sans aucun pouvoir.

Bouton d’or resta petite mais ne le regretta pas, car cela lui permettait de venir en aide aux êtres les plus minuscules de cette terre et de toute façon, elle demeurait l’amie appréciée des valeureux dragons chez qui elle vivrait jusqu’à la fin de ses jours pour la plus grande joie de Claudius.

Extrait du recueil "Les contes d’une rêveuse" de Elisabeth C.

Le temps elfique

Le temps elfique

L'écoulement du temps chez les Elfes est très différent du nôtre, car il dépend de chaque individu. Une minute de temps elfique dure un an ou cent ans, à discrétion. Le temps peut également aller à rebours, ou bien sauter sans cesse entre passé et futur, au gré de l'humeur des Elfes. En fait, toute estimation du temps est un peu vaine, car comme disait Pythagore, "l'homme est la mesure de toute chose". En d'autres termes, une fois sorti du monde humain, les règles physiques que l'on connait deviennent caduques…


Vie et mort des Elfes

Les Elfes naissent, vivent et meurent comme toute forme de vie dans l'Univers. Mais la variété de ces êtres est si grande que certains se manifestent pendant quelques fragments de seconde, tandis que d'autres vivent des dizaines de milliers d'années encore que ces limites ne soient que de simples évaluations à l'échelle humaine.

Néanmoins, il arrive un moment où l'énergie de l'Elfe faiblit et l'entité s'étiole alors rapidement.

Il existe une controverse à ce sujet : certains occultistes prétendent que les funérailles d'Elfes auxquelles ils ont assisté, se réduisaient à des parodies de funérailles humaines, avec un cercueil vide.

Il est vrai qu'une grande partie des activités des Elfes consiste à copier celles des humains. Imitation qui, selon certains auteurs, relèverait de la fascination pour l"espèce humaine, pour d'autres de l'esprit caustique caractéristique des Elfes. Pour d'autres encore, les Elfes s'adonneraient à ces parodies dans l'intention de faire savoir aux humains ce qui va leur arriver dans un avenir proche.


Les Elfes ne craignent pas la mort :

N'ayant pas un mental fortement individualisé, les Elfes ne craignent pas la mort



Ils ne craignent pas non plus la souffrance et la maladie :

Le "corps" des Elfes étant constitué d'un air très subtil et très pur, ces êtres peuvent agir, mais ils échappent à la souffrance. D'ailleurs, ils ne sont pas sujets à des maladies graves et grâce à leur connaisance des plantes, ils se guérissent bien plus facilement que l'espèce humaine


Témoignage :
Le poète anglais William Blake affirme avoir vu des Elfes traverser en procession son jardin en portant le corps sans vie de l'un des leurs sur un pétale de rose

L’air merveilleux

O’Connor était le roi des ménétriers d’Irlande. Dans la province de Munster, il n’avait pas son pareil. Son répertoire comptait bien des airs, mais il en connaissait un qui était vraiment extraordinaire. Il était capable de faire danser les vivants…et les morts. A la première note, les souliers vous tremblaient aux pieds comme si vous eussiez eu la fièvre ; vieux ou jeunes, tous y passaient ; on se mettait à danser, à danser comme des fous, tournant de tous côtés comme feuilles au vent, et cela tant que durait la musique.
Aussi O’Connor était-il de toutes les noces, lui et sa cornemuse. Il s’y rendait, fidèlement accompagné partout de sa mère qui lui servait de guide, car le pauvre garçon était aveugle. Un beau jour, au village d’Iveragh, O’Connor avait déjà tant et tant fait danser la jeunesse que son gosier était aride comme un vieux parchemin.
- Voulez-vous un verre ? lui proposa-t-on.
- Inutile, passez-moi la bouteille !
Et, empoignant la bouteille de whisky, il ne la rendit…que vide ! Et tout à coup, sans aucun avertissement, voilà que le ménétrier entame son air merveilleux. On eût dit qu’un grand vent de folie soufflait sur la place du village. O’Connor lui-même ne pouvait rester tranquille : il se balançait d’une jambe sur l’autre comme une barque par grosse mer. Et même sa vieille mère faisait aller ses os en cadence comme toutes les femmes de l’assemblée.
Mais cela n’était rien en comparaison à ce qui se passait sur le rivage. La grève était couverte de poissons de toutes sortes qui sautillaient, voletaient, sautaient, replongeant en ressortant, se démenant de plus en plus vite, suivant le rythme endiablé de la musique. D’énormes crabes tournaient en rond sur une seule patte en vrais acrobates. Des phoques gigantesques, dressés sur leurs pattes malhabiles, s’avançaient vers le rivage à la tête de troupes de poissons, homards, langoustes, tous décidés à danser. C’était un extraordinaire spectacle de les voir ainsi suivre la mesure : morues, turbots, carrelets cabriolaient joyeusement ; dorades, maquereaux, harengs sautaient d’un air folâtre ; les bancs argentés des sardines arrivaient jusqu’au rivage. Les moules et les huîtres agitaient leurs coquilles en guise de castagnettes.
Jamais on n’avait vu pareil spectacle…Inlassable, O’Connor jouait toujours…Mais voilà que, au milieu des poissons, apparut une jeune femme belle comme le jour. Elle avait une longue chevelure verte ; ses dents luisaient comme des perles, ses lèvres semblaient de corail et sa robe était blanche comme l’écume de la mer. Elle s’approcha de O’Connor et lui chanta d’une voix mélodieuse :
- Je suis la dame de la mer et je demeure au fond des eaux. Viens avec moi et sois mon époux. Tu auras de la vaisselle d’or et d’argent, et tu règneras sur tous les animaux qui peuplent les mers.
O’Connor se trourna vers elle :
- Merci madame, mais boire de l’eau salée ne me va pas !
Alors, tout en dansant, la Dame de la Mer se prit à persuader le ménétrier. Autour d’eux, les gens dansaient et les poissons, tous les poissons de la mer, menaient aussi leur ronde.
Enfin, la sirène finit par convaincre O’Connor de l’accompagner au royaume marin. Sa mère lui cria bien revenir quand elle le vit atteindre le bord de la mer en compagnie de la belle étrangère. Mais il ne l’écouta pas. Il continua d’avancer toujours. Et voilà qu’une vague haute comme une maison arriva sur lui, prête, aurait-on dit, à l’engloutir ; il n’y fit aucune attention. Sa mère se prit à pleurer, mais, malgré ses cris et ses pleurs, elle ne pouvait s’arrêter de danser. Enfin, son fils se tourna vers elle et lui dit :
- Je suis bien heureux ma mère ! Je vais devenir le Roi de la Mer, et je te promets de t’envoyer tous les ans un…
Mais il n’eut pas le temps d’achever…La dame aux cheveux verts, voyant une vague encore plus haute s’avancer, s’enveloppa avec le musicien dans un manteau à grand capuchon. La vague, dressés à une hauteur giguantesque au-dessus d’eux, retomba sur le rivage avec un fracas épouvantable.
On ne revit plus jamais, jamais, le musicien, mais souvent, sur la côte de Kerry, par les nuits tranquilles, les mariniers entendent le bruit de la musique venant du fond de l’eau, et certains prétendent même reconnaître le son de la cornemuse O’Connor.

Le Gawr à Saint-Herbot


Un chaos considérable de rochers occupe le lit de la rivière Fao, "nom breton du hêtre" qui sort de l’étang de Huelgoat, surnommé la Rivière d’Argent en raison de l’exploitation de mines argentifères de la région.
Les eaux bouillonnent autour de cet amoncellement de gros cailloux aux formes bizarres enrobés de mousse. L’imagination populaire a doté certains passages, plus remarquables que d’autres, de noms variés. Les blocs de granit forment un tel chaos, que dans leur entassement ils forment des grottes, des allées couvertes, d’étroits couloirs….
Cet entassement prodigieux n’a cessé d’étonner. Les scientifiques l’expliquent très simplement par le phénomène d’érosion du granit. L’érosion, s’attaquant d’abord aux portions les moins denses de cette roche hétérogène, les réduit en sable et isole des boules ou le grain de la pierre est plus serré. Celles-ci s’effondrent ensuite les unes sur les autres.
Il existe plusieurs ensembles analogues en Bretagne, à Toul Goulic par exemple, près de Lanrivain ; au Coronq à Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou, et proche de Saint Brieuc les "Chaos du Gouët". Mais Huelgoat n’a pas attendu les développements contemporains de la géologie pour élucider le phénomène.

Légendes
( 1 ) En vérité, tout cela résulte, dit-on, d’une ancienne querelle entre les gens de Plouyé et ceux de Berrien, bourgs voisins de Huelgoat, situés, le premier à 6 km au sud, le second à 6 km au nord. Les habitants, conduits par leurs recteurs respectifs, décidèrent d’écraser le village adverse. Mais la force leur manqua et les projectiles retombèrent à mi-chemin…

( 2 ) A cette légende, sans doute assez récente, s’en ajoute une autre, beaucoup plus archaïque car elle fait surgir devant nous l’un des grands dieux de la mythologie celtique, le Gawr, le "Géant". On l’appelle ici Hok bras, bien qu’à Saint- Herbot, à moins de deux lieues d’ici, il soit connu simplement comme le Gawr. C’est à lui, selon la tradition, que nous devons de contempler le chaos de la Rivière d’Argent, témoignage de sa puissance.
Selon la légende, un géant ( on parle également de Gargantua ) traversait la forêt de Huelgoat lorsqu’il eut très faim. Les habitants, très pauvres, ne purent lui offrir qu’une bouillie d’avoine. Toujours affamé et en colère, Il poursuivit sa route et, au-delà de la montagne, on lui servit un copieux repas. Parti digérer en bord de mer, il trouva de gros rochers ronds qu’il jeta en direction d’Huelgoat, formant ainsi le fantastique chaos.

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